Qui est le héros ?

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Feuilles du 28ème dimanche du temps ordinaire
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A force de lire des livres, de regarder des peintures, de regarder des films, d’admirer des sculptures, de jouer à des jeux vidéos, de voir des pièces de théâtre, de lire des bandes-dessinées, d’écouter des opéras, j’ai développé un grand amour pour les histoires, fictionnelles ou réelles, quel qu’en soit le support. Il y a de très nombreux éléments qui permettent de décrire ou de caractériser une histoire : structure, personnages, genre, style, scénario, perspectives, ton, etc.

Tout cela m’a amené à me poser une question qui me semblait simple de prime abord : qui est le héros de la Bible ? Pour de nombreuses histoires, il est aisé de trouver le héros : d’Artagnan dans le roman Les trois mousquetaires de l’écrivain Alexandre Dumas, Antigone dans la pièce éponyme du dramaturge Sophocle, Ellen Ripley dans le film Alien, le huitième passager réalisé par Ridley Scott, Wander dans le jeu Shadow of the Colossus conçu par Fumito Ueda, Cio-Cio-San dans l’opéra Madame Butterfly composé par Giacomo Puccini, etc.

Il est d’ordinaire aisé d’identifier le héros ou l’héroïne : c’est le personnage principal. Dans la Bible, nous sommes tentés de dire que Dieu remplit ce rôle pour deux raisons : il est présent tout le temps et sans lui, rien de ce qui est raconté n’existerait. La question semble close. Cependant, d’une part, Dieu n’est pas présent tout le temps. En effet, le livre du Cantique des cantiques ne cite jamais Dieu et son action n’est visible nulle part de ce livre, de plus, il y a de nombreux épisodes bibliques narratifs dans lesquels Dieu n’est clairement pas le héros, mais un personnage secondaire qui participe à l’histoire. Si nous lisons le livre de l’Exode, c’est bien plus Moïse qui est le héros que Dieu.

Il semblerait que Dieu ne cadre pas vraiment avec la notion de héros de l’histoire. Qui d’autre pourrait prétendre à ce titre ? Il n’y a aucun autre personnage qui pourrait prétendre à ce titre de héros de la bible. En tout cas, pas pour l’ensemble des récits. Peut-être y a-t-il une dilution de la fonction sujet parmi plusieurs personnages ? Nous pourrions considérer que la fonction de héros est portée par plusieurs personnages de la Bible : les patriarches tels Abraham, Isaac et Jacob, plusieurs prophètes, Jésus, et d’autres peuvent porter cette fonction ensemble. C’est une hypothèse intéressante, car nous pouvons alors voir comment chacun porte la fonction de héros du récit. Et dans ce cadre, Dieu lui-même est le héros de plusieurs passages.

Cette hypothèse est tentante, mais habituellement, lorsque la fonction de héros est portée par plusieurs personnages, les liens qu’ils entretiennent expriment énormément de choses sur l’histoire. Or, s’il y a bien des liens entres divers personnages, tous ne sont pas reliés explicitement ou même implicitement. Par exemple, les liens qui unissent le roi David et l’apôtre Paul sont plus que ténus.

Finalement, je ne suis pas sûr qu’il soit intéressant de se fixer sur une réponse stricte à notre question de départ. Mais je suis convaincu qu’elle soulève de très nombreuses autres questions sur la Bible, sur ce que nous en comprenons et sur notre conception de Dieu. La question est probablement plus intéressante que la réponse. Parce que si nous voulons continuer à raconter des histoires de foi, avec des chrétiens et des chrétiennes, cette question reviendra toujours : qui est le héros et pourquoi est-ce ce personnage-là ?

Thomas Sabbadini

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Mois de la mission… impossible ?

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Feuillets du 27ème dimanche du temps ordinaire

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L’échec est une expérience que chaque personne expérimente dans sa vie. Cela peut être plus ou moins frustrant selon le nombre et l’ampleur de nos échecs. Si le nombre et la durée de ces échecs croissent indéfiniment, le découragement prend place, la résignation devient la seule solution.

Depuis combien de temps l’Église échoue-t-elle à être à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain ?1 Baisse de la pratique dominicale, scandales sexuels et financiers, luttes intestines, divisions entre chrétiens, etc. L’Église est loin d’être un exemple accompli de paix, d’amour et de foi. Ne devrait-on pas se résigner ? Dieu nous a-t-il donné une mission impossible ? Cela fait 2 millénaires que nous n’avons pas accompli la mission confiée par Dieu. N’est-il pas temps d’arrêter les frais ? L’Église ne sera jamais parfaite…

Il est vrai que l’Église ne sera jamais parfaite et cela peut devenir particulièrement frustrant. Nonobstant, Jésus lui-même le dit au début de son ministère : Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs2. L’Église est avant tout une assemblée de pécheurs et de pécheresses. Cette conscience du péché est concomitante à l’annonce du salut par Jésus. Dieu nous aime et nous sauve, c’est le fondement de notre Bonne Nouvelle.

Une Église de pécheurs pardonnés, c’est une Église qui échoue, c’est une Église qui est relevée par Dieu, c’est une Église qui se convertit en permanence, c’est une Église qui apprend à aimer comme Dieu, c’est une Église qui n’exclut pas, c’est une Église qui s’appuie sur l’Esprit-Saint, c’est une Église d’espérance.

Il est vrai que nous ne sommes pas parfaits et que notre mission nous est impossible. Cependant, cela n’a pas arrêté Dieu. Ne nous laissons pas décourager par nos faiblesses, accueillons la grâce et le pardon de Dieu et redisons avec Saint Paul : C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure3.

Thomas Sabbadini

1 Introduction de la constitution dogmatique sur l’Église « Lumen Gentium » promulguée lors du concile Vatican II en 1964.
2 Évangile selon Saint Marc, chapitre 2, verset 17b.
3 2e lettre de Saint Paul aux Corinthiens, chapitre 12, verset 9b.

TOUS AVEC MARIE NOTRE-DAME DES DOULEURS. NOS DOULEURS SONT LA, MAIS RIEN N’EST PERDU !

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Feuillets du 25ème dimanche du temps ordinaire
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Chers Paroissiens, chers Lecteurs,

Il y a une fête que j’aime beaucoup mais qui est presque passé inaperçue cette année pour la simple raison qu’elle est tombée le dimanche sur le calendrier liturgique, et vous savez bien que le dimanche prime sur toutes ces fêtes dévotionnelles : le dimanche est jour de fête, la fête des fêtes parce que nous célébrons la mort-résurrection du Christ, nous célébrons la vie, fruit de l’amour plus fort que la mort.

Cette fête dont je parle est celle de Notre Dame des Sept douleurs que l’Eglise célèbre le 15 Septembre ! En ce jour l’Eglise honore les incomparables douleurs que Marie a ressenties spécialement au pied de la croix, c’est-à-dire le déchirement de son âme au moment de la Passion de son fils, jour où ses souffrances atteignirent leur maximum d’intensité. Bien évidemment la dévotion mariale des fidèles s’est étendue à d’autres douleurs que la divine Mère et notre mère du ciel éprouva à différentes occasions de sa très sainte vie sur terre. Juste pour rappel, ces sept douleurs sont les suivantes :  la prophétie du vieillard Siméon, la fuite en Egypte, la disparition de Jésus au Temple pendant trois jours, la rencontre de Jésus portant sa croix et montant au Calvaire, Marie debout au pied de la croix, la descente de Jésus de la croix et la remise à sa Mère, l’ensevelissement de Jésus dans le sépulcre.

Même si c’était un dimanche, j’y ai pensé et ce fut pour moi une occasion de penser aussi à beaucoup de choses liées à la souffrance humaine dans notre monde actuellement. J’ai particulièrement pensé à toutes ces souffrances que nous vivons très mal au sein de nos familles, de nos communautés et de l’humanité. Des souffrances dues parfois au manque d’amour et d’attention, souffrances causées par la perte des êtres chers ou encore par une maladie grave, la trahison d’un ami, vivre dans la solitude et l’isolement presque oublié de tous, des femmes et des hommes frappés par le chômage, l’incertitude d’un lendemain meilleur …

Et puis suite au scandale de la pédophilie qui a fait des vagues dans le milieu ecclésiastique ces derniers temps, y compris chez nous en Belgique, avec des accablantes et douloureuses révélations sur certains hommes et femmes d’Eglise, j’ai pensé bien entendu à la souffrance de toutes ces victimes et le calvaire qu’elles ont enduré dans la peur, réduites au silence total pendant de longues années. Ces personnes ont été fort humiliées et blessées au plus profond de leur être, dans leur dignité et la plupart ne s’en remettront peut-être jamais. Je crois qu’il était grand temps que quelqu’un reconnaisse le mal qui a été fait et ait le courage d’exprimer ce mot « pardon » au nom de l’Eglise !

Dans la poursuite de ma réflexion sur cette fête de Notre-Dame des douleurs en question, je voudrais d’abord rappeler que Marie a vraiment senti passivement tout le poids d’une souffrance morale quand elle était au pied de la croix, regardant son fils mourir, victime du mal et de l’injustice qui continuent malheureusement d’affecter notre monde aujourd’hui. La Vierge Marie a vécu cette mauvaise expériencemais l’énorme différence entre elle et nous , entre sa souffrance et la nôtre est que , voyant tout par les yeux de la foi, elle a pu supporter sa souffrance sans le moindre signe de ressentiment ou de colère. Elle a su que, malgré la souffrance, Dieu reste fidèle à sa promesse d’amour pour tous les hommes ; tandis que nous, nous le vivons très mal, avec parfois beaucoup de révolte et de rage au cœur en nous demandant pourquoi cela nous est arrivé, et surtout pourquoi à nous !

Suite à cette situation qui est la nôtre aujourd’hui, comme le mois d’octobre dans lequel nous entrons bientôt est celui du rosaire et donc celui de Marie, je voudrais vous encourager à prier sans cesse, prier avec Marie, la Mère du Sauveur et notre Mère en lui demandant de nous tendre sa main maternelle et de nous rejoindre au pied de nos croix personnelles, au pied de la croix de tous les enfants, jeunes, hommes et femmes qui portent une souffrance dans notre société et partout dans le monde. Présentons-lui toutes nos histoires et épreuves douloureuses pour qu’elle les colore de sa prière : cela peut nous apporter un petit réconfort et nous aider à réaliser que malgré nos souffrances et nos incompréhensions, Dieu est amour !

Que la Vierge des pauvres et Notre-Dame des douleurs
intercède pour nous.

Oscar MUREKEZI, votre Curé.

Etre « visiteur »

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Feuillets du 24ème dimanche du temps ordinaire

         Etre visiteur de malades ou de personnes âgées ne s’improvise pas. Comme le disait le cardinal Godfried DANNEELS : « La bonne volonté ne suffit pas. »

         On peut rendre visite à un malade, à une personne âgée, à son domicile, à l’hôpital ou, pour les personnes âgées, dans la maison de repos où elles résident, de la même manière que l’on viendrait à leur aide, en faisant leurs courses.

« Allez au nom de la communauté, … ». Il s’agit d’une mission d’Église qui dépasse la démarche personnelle, l’initiative personnelle. En devenant « visiteur », on se met au service de l’Église qui a le souci des malades, des aînés. C’est la raison pour laquelle existe, dans notre unité pastorale, une équipe qui se réunit tous les deux mois pour partager sur ses pratiques, pour se former.

La première tâche à réaliser, c’est de se mettre à l’écoute. A l’écoute du Seigneur qui nous inspirera les paroles à dire, les gestes à poser, les silences à observer. A l’écoute de celles et de ceux que nous visitons.

Il convient d’éviter le piège dans lequel était tombée cette personne qui, après avoir longuement parlé d’elle-même, de son expérience, de ses maux, s’était entendu dire par le malade hospitalisé qu’elle visitait, au moment de se quitter : « Je prierai bien pour vous ! »

Ecouter est un art. Il existe des formations à l’écoute.

On ne se contentera pas de parler de la pluie et du beau temps. On vient au nom du Seigneur – qui est là avant nous, d’ailleurs – et au nom de la communauté chrétienne. Cela doit se savoir et se sentir.

Si cela est possible, on priera avec la personne visitée, (avec sa famille peut-être présente au moment de la visite), à partir de ses prières à elle ou des prières, pas trop longues, qu’on lui proposera. Prières pour elle-même, pour ses proches, pour l’Église, pour le Pape François, pour le monde, pour l’actualité, … Des livrets sont proposés par la Pastorale de la Santé de notre Unité pastorale. Ils sont gratuits.

Eventuellement, si la personne en exprime le désir, au nom de la communauté, on lui proposera de recevoir le Corps du Christ, la communion qui, comme le mot l’indique, est une relation avec le Christ, avec l’Église. Cet acte sera posé avec un certain décorum, avec respect et dignité.

On n’oubliera pas non plus de semer délicatement l’idée de l’Onction des malades qui, comme le rappelle judicieusement notre Curé, M. l’abbé Oscar MUREKEZI, dans de précédents bulletins paroissiaux, n’est pas l’Extrême Onction, mais qui, au contraire, est un sacrement pour les vivants.

Voilà, en quelques mots, le rôle des visiteurs de malades et des personnes âgées.

Michel WELKENHUZEN

Diacre permanent

Accompagnateur spirituel de l’équipe des Visiteurs de malades

Responsable provisoire de la Pastorale de la Santé de l’Unité pastorale