Et Jésus se mit à pleurer…

Infos de la semaine

Feuillets du 21 et 22 mars 2026
Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Sain-Hubert
Sainte-Julienne

Ce verset est le plus court de toute la Bible — et peut-être l’un des plus touchants qui soient.

Qui l’aurait imaginé ?

Le Tout-Puissant… qui pleure. 

Le Créateur pleure la mort de sa créature.

Ce seul verset suffit à renverser une image tenace : celle d’un Dieu lointain, indifférent à notre réalité douloureuse. 

En quelques mots, l’Évangile révèle l’essentiel : en Jésus-Christ, Dieu entre pleinement dans l’expérience humaine ; il rejoint notre peine et la porte avec nous.

Cette vision d’un Dieu proche de l’homme n’est pas nouvelle, mais elle a été oubliée. Il y a près de trois millénaires déjà, le Psalmiste écrivait :

« À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,

la lune et les étoiles que tu fixas,

qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui,

le fils d’un homme, que tu en prennes souci ? » (Ps 8, 4-5)

Et pourtant, aujourd’hui, cette vérité — celle d’un Dieu qui pleure par amour — semble ne plus secouer tout le monde. 

Non pas parce qu’elle manque de force, mais parce que notre attention est souvent ailleurs.

L’homme d’aujourd’hui est saturé à tous les niveaux : submergé par les informations, les projets et les problèmes. Dieu parle dans le silence de son cœur, mais lui, écoute le vacarme extérieur.

Peut-être que la véritable difficulté n’est plus de croire que Dieu s’intéresse à nous, mais de réapprendre à nous intéresser à lui.

Alors que nous entrons dans l’avant-dernière semaine du Carême, nous sommes rappelés à ce qui en est le cœur : revenir à une relation vivante avec Dieu, et lui redonner une place réelle dans notre vie.

Méditons, « ruminons » ce verset cette semaine. Répétons-le doucement en nous-mêmes. Peut-être arriverons-nous à ressentir combien nous sommes aimés, combien nous sommes cherchés par Dieu. Peut-être comprendrons-nous aussi combien notre mort intérieure touche le cœur du Christ, jusqu’à ses larmes.

Ce jeudi 26 mars à 19h, à l’église de l’Immaculée Conception de Mangombroux, aura lieu une célébration pénitentielle de Carême.

Une belle occasion de répondre à l’amour de Dieu et de revenir à lui en recevant ce sacrement — non par devoir ou par crainte du jugement, mais par amour pour Celui qui nous a aimés le premier.

P. Jad-Élia Nassif

Témoignons de notre solidarité au peuple Haïtien!

Infos de la semaine

Feuillets du 14 et 15 mars 2026
Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

TEMOIGNONS DE NOTRE SOLIDAIRITE

AU PEUPLE HAÏTIEN !

Chers Paroissiens, chers lecteurs,

Nous voici déjà en mi-carême c’est-à-dire en mi-chemin de notre marche vers Pâques puisque nous sommes au Dimanche qu’on appelle traditionnellement « le dimanche du Laetare » « Réjouis-toi » ! Nous sommes donc invités toutes et tous à la joie !

Mais quand on regarde bien tout ce qui se passe et se vit dans notre monde aujourd’hui, aurions-nous vraiment des raisons de nous adonner aux réjouissances ?

Regardez bien, hier comme aujourd’hui, les hommes se débattent dans leurs sociétés et dans un monde plein de contradictions. Dans beaucoup de pays les gens aspirent à la vérité et se heurtent au mensonge. D’autres aspirent à la paix et sont en proie à la guerre, à la violence ; d’autres encore aspirent au bonheur et se heurtent contre l’échec, d’où la frustration, l’angoisse, la dépression, la pauvreté…

Nous vous en avons parlé depuis le début du Carême, Haïti est un des pays où la situation est terrible, une situation qui reflète l’injustice du monde, les inégalités entre pays riches et pauvres, souvent avec la complicité de certains dirigeants corrompus.

Comme l’aveugle de naissance de l’évangile de ce 4ème dimanche du carême, nous sommes l’aveugle sur le chemin du monde d’aujourd’hui, pour dire que dans beaucoup de pays, y compris le Haïti, beaucoup de femmes, d’hommes et de jeunes ne voient pas ou ne voient plus parce que la situation qu’ils vivent est difficile. Mais le comble – et personnellement je trouve cela malheureux et déplorable – c’est que souvent, à l’origine de cette situation inhumaine, il y en a qui ne veulent pas voir pour ne pas devoir se remettre en question sans oublier ceux qui ne veulent pas voir parce qu’ils croient savoir ! Autrement dit, ils s’y complaisent et regardent comme si de rien n’était !

Mais fort heureusement, les pauvres paysans haïtiens, femmes et hommes refusent de baisser les bras. Ils refusent de se faire taire parce qu’ils ont compris l’importance de crier, dire haut pour dénoncer la réalité d’un monde qui ne veut pas voir justement.

Telle est la réalité, mais qui n’est pas une fatalité ! On peut reconnaitre que ce sont les ténèbres de notre monde d’aujourd’hui, mais la lumière luit aussi ! Donc, il y a possibilité d’éviter d’en être prisonniers. Il suffit juste d’éviter de fermer les yeux sur cette réalité. Notre chemin de foi nous invite à ouvrir les yeux de notre cœur, à voir en vérité et ne pas juger ; en d’autres mots à voir comme Dieu.

Tout comme Jésus a rejeté les croyances de son époque où beaucoup pensaient qu’il y avait un lien étroit entre le péché et l’infirmité physique (« qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? »), la pauvreté ou la misère des uns n’est pas la conséquence de quelque chose de mal qu’ils auraient fait. Par contre, par la guérison offerte à l’aveugle né, Jésus lui a donné le signe qui lui a permis d’accéder à la véritable lumière qu’il est, lui, Jésus, pour le monde. Mais la difficulté pour certains c’est d’avoir l’humilité de reconnaitre notre cécité pour accueillir cette lumière.

Pour cela, nous devons tous reconnaitre que nous avons besoin d’une conversion et nous laisser toucher par Dieu ! Donc, au lieu de continuer à se voiler la face, cette conversion demandée à chacun est de reconnaitre son aveuglement pour recevoir la guérison. En effet, ceux qui se fondent avec suffisance sur ce qu’ils ont déjà ne peuvent pas donner leur foi à Jésus qui seul peut leur donner la lumière.

Jésus ne guérit pas seulement un aveugle physique, il éduque sa foi. De « cet homme » à « un prophète », puis à « Fils de l’homme », l’aveugle reconnaît progressivement le Christ, contrairement aux Pharisiens qui restent aveuglés par leurs certitudes.

En d’autres mots, ceux qui prétendent tout savoir rejettent le Dieu qui sauve parce qu’il prend les chemins de traverse ; tandis que ceux qui reconnaissent ne pas savoir grandissent dans la foi et l’amour de Dieu. Ils peuvent annoncer ce Dieu qui sauve car ils ont laissé Dieu les toucher et dès lors, tout change dans leur vie et leur comportement.

Continuons donc de profiter de ce temps béni du Carême qui est un temps pour reconnaître nos propres « cécités » : orgueil, indifférence, manque de foi. « Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera ». Comme vous le voyez, en ce dimanche de Laetare (la joie), nous sommes invités tout simplement à nous réjouir de la lumière qui illumine nos vies et à soutenir ceux qui se préparent au baptême, les appelant à faire de Jésus leur unique Seigneur et Sauveur.

Pour conclure, en ce week-end, laissons-nous aussi tous interpelés par les associations partenaires d’Entraide et Fraternité en Haïti et dans d’autres pays. La collecte de ce week-end est dédiée à cet effet. Notre geste de solidarité, posé en Eglise, est un geste d’espérance en actes, de fraternité avec ces hommes et ces femmes qui luttent ensemble et sans relâche pour la vie de leurs semblables et la dignité de leur peuple.

Très belle montée vers Pâques à toutes et tous.

Oscar MUREKEZI, votre curé

Quand le doute s’installe…et que Dieu fait jaillir la source.

Infos de la semaine.

Feuilles du 7 et 8 mars 2026
Immaculée Conception
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Un jour, quelqu’un m’a confié :

« J’ai tout ce qu’il faut pour vivre, et pourtant j’ai l’impression de manquer de quelque chose d’essentiel. »

Peut-être que cette phrase pourrait être la nôtre.

On travaille, on s’occupe des enfants ou des parents âgés, on court entre les rendez-vous, les courses, les engagements. Les journées sont pleines… et pourtant, le soir, une fatigue particulière demeure. Une fatigue du cœur. Comme une soif que rien ne semble vraiment apaiser.

Les lectures de ce troisième dimanche de Carême parlent de cette soif… mais aussi du doute qu’elle peut engendrer.

Dans la première lecture, le peuple d’Israël manque d’eau dans le désert. Il souffre de la soif et récrimine contre Moïse :

« Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir de soif ? »

Ce n’est pas une simple demande. C’est une plainte, presque une accusation. Derrière la soif physique, il y a une question plus profonde :

« Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? »

Cette question, nous la connaissons bien.

Quand la maladie s’installe.

Quand une prière reste sans réponse.

Quand un projet s’effondre.

Quand une relation se fragilise.

Le désert n’est pas seulement un lieu biblique : il peut traverser nos maisons, nos familles, nos engagements, notre vie paroissiale. Et parfois, sans le dire aussi directement, nous nous demandons nous aussi : « Seigneur, es-tu vraiment là ? »

Le psaume nous adresse alors un appel décisif :

« Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur. »

Fermer son cœur peut prendre mille formes :

continuer par habitude, sans espérance ;

venir à la messe sans plus rien attendre ;

se protéger intérieurement pour ne plus être déçu.

Écouter, au contraire, c’est accepter de rester ouvert, même dans l’incompréhension.

C’est oser dire à Dieu ce qui nous habite vraiment.

C’est reconnaître notre soif, notre colère parfois, sans fuir sa présence.

Dans l’Évangile, Jésus rencontre une femme au bord d’un puits. Elle aussi porte une histoire compliquée, des blessures, des incompréhensions. Là encore, tout commence par une soif. Mais au lieu d’une querelle ou d’une mise à l’épreuve, un dialogue s’installe.

Jésus ne supprime pas d’un coup les difficultés.

Il ouvre un espace de vérité.

Il promet une source intérieure : « une eau jaillissant pour la vie éternelle ».

Saint Paul nous en donne la clé :

« L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint. »

Même quand nous doutons, même quand nous questionnons, Dieu ne se retire pas. Au désert, il ne se fâche pas : il fait jaillir l’eau du rocher. Il transforme le lieu de l’épreuve – Massa et Mériba – en lieu de grâce.

En ce jour où nous faisons mémoire de saint Jean de Dieu, homme de compassion, nous sommes invités à devenir, à notre tour, porteurs de cette source.

Un appel à une personne seule.

Une visite à un malade.

Un service discret rendu sans bruit.

Dans nos déserts personnels et communautaires, Dieu continue d’agir. Il ne se lasse pas de répondre à nos doutes par sa fidélité.

En ce temps de Carême, osons lui présenter nos questions, nos lassitudes, nos soifs profondes.

Et laissons-le faire jaillir, là où nous ne l’attendions plus, une eau qui redonne vie.

Carla Cerami

La transfiguration.

Infos de la semaine

Feuillets du 28 février et du 1er mars 2026
Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Marcher dans l’espérance

Résister avec le Christ pour garder l’espérance.

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;

il est fidèle en tout ce qu’il fait.

Il aime le bon droit et la justice ;

la terre est remplie de son amour. (Ps 32 4-5)

Le carême, un voyage à travers la résistance haïtienne à la découverte des signes du Royaume.      

Dieu nous appelle à rester fidèles à son Alliance.

Il nous invite à la confiance : sa promesse de justice s’accomplira.

N’hésitons pas à suivre ce chemin. Comme Abraham, osons nous mettre en route en « espérant contre toute espérance. » Croyons comme lui à la promesse de Dieu. Nous chrétiens nous sommes descendants d’Abraham et au jour de notre baptême il ne nous est demandé qu’un acte de foi et au-delà de toute considération humaine d’aller toujours droit comme il plaît à Dieu. La foi est-elle un pari réservé aux optimistes ? Non, car elle ne s’appuie pas sur un calcul de probabilité, mais sur une logique d’une histoire au cours de laquelle Dieu a montré sa fidélité. Certes, rien n’explique l’amour de Dieu, et en cela la foi s’en remet aveuglément à une personne, avec sa liberté et son imprévisibilité, mais en même temps tout s’explique par l’amour de Dieu, et en cela la foi est éminemment raisonnable, cohérente. Parce que l’avenir n’est point encore à nous, notre seul projet doit être de suivre Celui qui nous donne part goutte à goutte à son éternité, dans la certitude qu’il nous donne à chaque instant ce dont nous avons exactement besoin pour cela, ni plus, ni moins.

Cette année lors de notre carême de partage nous soutenons Haïti, les associations partenaires d’Entraide et Fraternité qui entrent en résistance contre l’injustice dans leur pays prennent le risque de sortir, d’aller à la rencontre de leurs compatriotes pour semer plus de justice, sûrs que tout ce qui apporte plus de justice est conforme au projet de Dieu. Tout acte de justice est béni de Dieu et remplit la terre de son amour. Lorsque nous construisons la justice et la paix, nous posons un acte de foi et nous révélons le Royaume au cœur d’un monde défiguré. Si nous répondons à cet appel, nous serons confrontés à la souffrance, nous serons invités à vivre « l’espérance contre toute espérance. » La transfiguration ouvre le chemin de la résurrection. La croix défigure. Le christ nous rejoint défiguré mais il ouvre un chemin de transfiguration. Un chemin qui prend du temps. Un chemin qui demande de traverser la croix, de prendre la vie et la réalité à bras-le-corps.

                                                                                                          Christian Ledy.

Le Carême, le chocolat… et Dieu

Infos de la semaine

Feuillets du 21 et 22 février 2026
Saint-Hubert

Chaque année, au début du Carême, une question revient dans de nombreux foyers catholiques :

— Alors… tu arrêtes quoi cette année ?

— Le chocolat.

Et l’année suivante ?

— Toujours le chocolat…

Comme si le chocolat constituait le principal obstacle à la sainteté.
Soyons honnêtes : si tel était le cas, la Belgique serait le lieu spirituel le plus dangereux de la planète.

Dans l’Évangile des tentations, Jésus ne renonce pas au pain parce qu’il l’appréciait particulièrement ni pour démontrer sa force de volonté.
Il refuse simplement d’en faire le centre de sa vie.
La nuance est essentielle : il révèle ce dont l’homme a réellement faim — Dieu lui-même.

Le problème n’est donc ni le chocolat, ni le café, ni la viande, ni la bière.
Le problème commence lorsqu’un bien créé — nourriture, écrans, réseaux sociaux, jeux vidéo, confort, sexualité, distractions — devient ce qui nous rassure, nous console et structure notre existence… à la place de Dieu.

Le Christ n’est pas venu supprimer les appétits humains, mais les remettre à leur juste place.
Et parce que l’homme ne change pas seulement par des idées mais par des actes concrets, l’Église propose le jeûne : un langage du corps qui rappelle à l’âme qu’elle n’est pas obligée d’obéir à tout ce qui la traverse.

Le Carême ne consiste donc pas d’abord à éliminer un plaisir, mais à le remettre à sa juste place pour retrouver la liberté intérieure.
Sinon, le combat reste en surface : on peut très bien renoncer aux pralines pendant quarante jours… et rester impatient, médisant, dur, inquiet ou fermé.

Pourquoi ne pas essayer cette année un déplacement simple : remplacer quelque chose par un temps pour Dieu ?

Dix minutes de prière à la place d’un écran ;
une bénédiction plutôt qu’une critique ;
l’aumône au lieu d’un achat superflu ;
un signe de croix plutôt que de râler quand sonne le réveil.

Ainsi, ce n’est plus le frigo que nous convertissons, mais le cœur.
Oui, nous pouvons nous abstenir du chocolat ou d’autre chose — à condition que cela devienne un rappel quotidien que Dieu seul suffit.
L’essentiel est de ne pas faire du Carême un régime, mais une ouverture : laisser Dieu commencer quelque chose de nouveau en nous.

P. Jad-Élia Nassif