Et si le problème n’était pas que les jeunes ne croient plus ?

Infos de la semaine

Feuillets du 10 et 11 octobre 2026
Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Saint-Hubert

Sainte-Julienne

« Les jeunes ne croient plus. » Combien de fois avons-nous entendu cette phrase ? Elle revient régulièrement dans les conversations, dans les médias, parfois même dans nos propres communautés. Les églises se vident, les jeunes générations semblent moins présentes aux célébrations, et l’on finit par croire que la foi est devenue une affaire d’un autre temps.

Et pourtant… Il suffit parfois d’une image pour faire vaciller nos certitudes.

Lors de la venue du pape en France, une image a particulièrement marqué les esprits : des milliers de jeunes catholiques réunis au Stade de France pour prier, chanter et veiller ensemble, avec une ferveur qui peut surprendre. Le pape Léon XIV leur a dit, le 25 septembre 2026 : « Vous êtes les saints de France ! » Une parole forte. Il ne leur parle pas comme d’une génération qui devra devenir l’Église de demain : il leur reconnaît déjà une place aujourd’hui. Alors prenons soin de nos saints.

Alors, sommes-nous certains de poser le bon diagnostic ? Et si les jeunes ne s’étaient pas tant éloignés de Dieu que nous le pensons ? Et s’ils cherchaient simplement à vivre leur foi autrement ?

Peut-être que la question n’est pas seulement : « Pourquoi les jeunes ne viennent-ils plus à l’église ? » Peut-être faudrait-il aussi leur demander : « Qu’est-ce que vous cherchez ? Qu’est-ce qui vous fait vivre ? Qu’est-ce qui vous donne envie de croire ? »

Car croire aujourd’hui ne ressemble pas nécessairement à croire hier. Les jeunes grandissent dans une société où ils sont constamment sollicités, connectés, informés et parfois épuisés. Ils cherchent du sens, de l’authenticité, des relations vraies. Ils veulent pouvoir poser des questions sans avoir immédiatement toutes les réponses. Ils veulent être écoutés avant d’être convaincus.

Et peut-être est-ce là que se trouve notre défi. Nous avons parfois tendance à parler des jeunes sans suffisamment parler avec eux. Nous cherchons des solutions pour les faire revenir, alors qu’ils attendent peut-être d’abord qu’on leur fasse une place. Une vraie place. Pas seulement dans les bancs de nos églises, mais dans nos communautés, dans nos projets, dans nos responsabilités et dans notre manière de penser l’Église de demain.

Une paroisse qui veut rejoindre les jeunes ne peut pas seulement leur demander de venir. Elle doit aussi être capable d’aller à leur rencontre.

Cela demande de l’audace. D’accepter que certaines habitudes changent. De créer des espaces où l’on peut parler, chercher, douter, prier, chanter, servir et simplement être ensemble. De reconnaître aussi que la foi peut prendre des chemins que nous n’avions pas imaginés.

Alors, peut-être que la bonne question n’est finalement pas : « Pourquoi les jeunes ne croient-ils plus ? » Mais plutôt : « Et si nous prenions enfin le temps de regarder où, comment et pourquoi ils croient ? »

Car derrière une jeunesse que l’on croit parfois éloignée de l’Église, il y a peut-être une génération qui cherche simplement à rencontrer Dieu autrement.

Et si cette jeunesse n’était pas le problème à résoudre, mais une partie de la réponse à construire ?

Carla Cerami

Nous croyons en un seul Dieu… Créateur du ciel et de la terre.

Infos de la semaine

Feuillets du 3 et 4 octobre 2026
Immaculée Conception
Saint-Nicolas
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Quand nous contemplons la nature, un coucher de soleil, un oiseau qui chante, une fleur qui s’épanouit, il ne nous faut pas faire trop d’efforts pour nous émerveiller. Nous pouvons dire que cela vient naturellement. 

En consacrant un week-end à la création dans notre Unité pastorale, nous sommes invités à aller au-delà de l’émerveillement : jusqu’à reconnaître et à louer la beauté et la bonté de Dieu dans sa création.

Chaque dimanche, nous professons notre foi en Dieu, « Créateur du ciel et de la terre ». Ce week-end, nous désirons placer cette affirmation au centre de notre attention. Réfléchissons un moment à notre manière de vivre au sein de cette création. Nous qui sommes appelés à manifester l’image de Dieu, comment en prenons-nous soin ?

Dès les premières pages de la Bible, l’être humain reçoit la mission de travailler et de garder le jardin (cf. Gn 2,15). Travailler, c’est cultiver, développer, faire porter du fruit. Garder, c’est veiller, protéger, préserver. Ces deux responsabilités vont ensemble et sont des commandements de Dieu. Ainsi, l’être humain, doté d’intelligence et de conscience, est mandaté par Dieu pour être un intendant responsable de la création, et non son maître absolu. 

La création est présente au cœur de notre vie sacramentelle : l’eau du baptême, l’huile de l’onction, le pain et le vin de l’Eucharistie. Dieu nous rejoint à travers les réalités de ce monde. Notre liturgie nous apprend ainsi à recevoir avec reconnaissance et à traiter avec respect ce que Dieu nous a donné.

C’est pourquoi prendre soin de la création, au-delà de la seule utilité que nous pouvons en tirer, est une manière d’honorer Dieu et de servir notre prochain. L’eau que nous utilisons, la terre qui nous nourrit, l’air que nous respirons sont des biens dont dépend la vie de toute notre  « famille universelle ». Les préserver engage notre responsabilité envers tout être vivant et envers les générations qui nous suivront.

Prenons donc le temps ce week-end de remercier le Créateur, de regarder nos habitudes et de choisir un geste concret : moins gaspiller, réparer, partager, prendre soin d’un lieu qui nous est commun. 

Faisons de notre gratitude une manière de vivre, afin que notre engagement s’inscrive dans une espérance plus grande : celle d’une création elle aussi libérée du mal et de la dégradation. Comme l’écrit saint Paul : « La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu » (Rm 8, 19).

Père Jad-Élia Nassif. 

UN CHEMIN QUI NOUS REJOINT

Infos de la semaine

Feuillets du 26 et 27 septembre 2026
Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Ce week-end, les yeux de nombreux catholiques seront tournés vers la France. Du 25 au 28 septembre, le pape Léon XIV y effectuera son premier voyage apostolique, qui le conduira de Paris à Lourdes, puis à Metz.

Un événement qui dépasse les frontières françaises. Car l’Église que le pape rencontrera au fil de ces quatre jours est aussi la nôtre. Une même foi nous unit, au-delà des frontières, des langues et des réalités locales.

Et les chiffres donnent à réfléchir. Près de 600 000 personnes sont attendues à Paris pour la messe présidée par le pape, tandis que 80 000 jeunes se rassembleront au Stade de France pour une veillée de prière. À Lourdes, ce sont quelque 150 000 personnes qui sont attendues pour prier avec lui. De telles foules sont, pour nous aussi, un véritable signe d’espérance. Elles nous rappellent que la foi est encore capable de rassembler, de faire vibrer les cœurs et de mettre des milliers de personnes en chemin.

À Lourdes, le pape viendra comme un pèlerin parmi les pèlerins. Il priera à la grotte, célébrera l’Eucharistie et rencontrera des malades, des hospitaliers et tous ceux qui viennent chercher auprès de Marie un peu de réconfort, d’espérance ou de lumière.

Et puis, le 28 septembre, il sera à Metz. À quelques heures seulement de chez nous, il parlera de paix et d’unité. Cette proximité nous rappelle que les grands défis de notre monde ne sont jamais très loin de nos communautés. Ils nous rejoignent jusque dans nos villes, dans nos familles et dans nos rencontres quotidiennes.

À Verviers aussi, nous sommes appelés à être des artisans de cette paix et de cette unité. Non pas à travers de grands discours, mais dans la simplicité de nos relations : en accueillant celui qui arrive, en prenant le temps d’écouter, en portant attention à celui qui reste seul, en osant aller à la rencontre de celui qui est différent.

Le voyage du pape est un événement important pour l’Église universelle. Mais peut-être peut-il aussi être pour nous une invitation à nous demander, en ce début d’année pastorale : quelle Église voulons-nous être ici, dans nos communautés verviétoises ?

Une Église qui accueille.
Une Église qui prie.
Une Église qui prend soin.
Une Église qui cherche à construire des ponts plutôt qu’à dresser des murs.

Pendant que le pape parcourra les routes de France, nous pourrons nous aussi l’accompagner par notre prière. Et peut-être laisser cette question résonner en nous : quel petit pas puis-je faire, moi aussi, pour que la paix, l’espérance et la fraternité prennent davantage de place autour de moi ?

C’est peut-être là que commence notre propre pèlerinage.

Carla Cerami

L’Eglise au rythme de ses fêtes.

Infos de la semaine.

Feuillets du 19 et 20 septembre 2026
Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Dans l’Eglise nous connaissons et nous fêtons les fêtes liturgiques : Toussaint, Noël, Pâques…Il y a aussi la fête des saints comme par exemple St Lambert patron de notre diocèse. Puis il y a des fêtes moins connues. Le 14 septembre, 40 jours après la fête de la Transfiguration, l’Église célèbre la fête de la Croix Glorieuse. Par la fête de la Croix Glorieuse, l’Église fête l’amour du Christ qui s’est exprimé sur la Croix. Ce n’est donc pas l’objet du supplice qui est célébré, mais l’instrument par lequel tous les Hommes sont sauvés. Ainsi se termine le parcours spirituel ouvert avec la fête de la Transfiguration, sorte de « carême d’été », pour entrer davantage dans le mystère chrétien.

L’origine de la fête

Cette fête liturgique a été fixée au lendemain de l’anniversaire du 13 septembre 330, date de la découverte de la croix du Christ à Jérusalem et du 13 septembre 335, jour de la dédicace de l’église constantinienne du Saint-Sépulcre. En 1960, cette fête prend le nom de fête de la Croix Glorieuse.

La Croix Glorieuse : quel langage ? quel symbole ?

Pas facile de parler de la Croix. Objet du supplice, objet du salut ? Est-il réellement possible de fêter cette croix qui a vu mourir le Fils de Dieu ? À l’époque de Jésus, être condamné à mort par le supplice de la croix était de loin la mise à mort la plus humiliante qui soit. Et Dieu n’a pas épargné à son Fils cette mort infâmante. Pourtant, la croix injurieuse est devenue une croix glorieuse parce qu’instrument du salut de l’humanité. Le Christ en croix, défiguré par la souffrance, est le Christ qui irradiait de la lumière de Dieu sur le mont Thabor. Le Christ transfiguré est bien le Christ en croix. La Croix rappelle le supplice du Christ mais elle est en même temps le symbole du Salut. Sur la Croix, le Christ a donné sa vie et a vaincu la mort. La Croix devient alors le passage de la vie, elle marque la victoire sur le péché et ouvre à la résurrection et à la gloire du Christ. L’arbre qui donnait la mort a donné la vie. La souffrance et la mort du Christ sur la croix ne sont pas des signes de défaite, mais l’expression ultime d’un amour infini qui donne sa vie pour l’humanité.

Un signe d’espérance :

Elle invite les chrétiens à porter leurs propres épreuves et souffrances quotidiennes à la suite du Christ, avec l’assurance d’une délivrance et d’une élévation spirituelle.

                                                                                         Christian Ledy.

Savoir pardonner

Infos de la semaine

Feuillets du 12 et 13 septembre 2026
Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : Quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ?

Quand mon frère commettra des fautes contre moi ! Seigneur, les hommes que tu as appelés à ta suite ne sont pas des saints. L’appel qu’ils ont reçu ne les a pas transformés. Ils restent avec leur fragilité humaine, leurs limites. Peu à peu cependant, à ton contact, ils prennent conscience de l’idéal vers lequel tu veux les conduire. Pierre a compris l’insistance que tu mets sur l’amour qui doit nous unir. Mais n’y a-t-il pas des limites à garder ?

Combien de fois dois-je lui pardonner ? L’Apôtre Pierre est d’accord de faire un effort, de gros efforts même, et d’aller jusqu’à sept fois. Mais au-delà, est-ce encore de l’amour fraternel ? Ne serait-ce pas au contraire de la faiblesse, une démission face au devoir ?

Jusqu’à soixante-dix fois sept fois ! La réponse du Seigneur est claire ! II ne faut pas compter, mais pardonner… toujours ! L’évangéliste ne dit pas quelle a été la réaction de Pierre. Peut-être a-t-il pensé, comme nous, que cette fois le Seigneur tu exagérait, il demandait l’impossible ! Oui, si nous restons sur le plan humain, c’est impossible ; aussi le Seigneur nous invite à lever les yeux plus haut, à regarder notre Père. Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui remet des dettes insolvables à celui qui l’implore…à condition qu’il fasse de même. Il nous invite à regarder la détresse de l’autre et non notre petit intérêt, à l’exemple de notre Père des cieux qui est saisi de pitié devant notre incapacité de lui rembourser nos dettes.

Par l’Eucharistie, nous pouvons tous demander au Seigneur de venir mettre en nous ses sentiments pour dire comme Lui, à propos de ceux qui nous ont fait du tort : Père, pardonne-leur ; ils ne savent pas ce qu’ils font ! Demandons-lui humblement de nous débarrasser surtout de l’orgueil qui nous aveugle : nous détournons nos yeux des 10 millions que nous lui devons…pour les fixer sur les pauvres 15 euros que notre frère nous doit ! Quelle mesquinerie de notre part ! Bref, demandons-lui de nous apprendre à pardonner comme Lui, 70 fois 7 fois.

Je ne sais pas si vous le saviez mais cette affaire des 7 fois et des 70×7 fois est une bien vieille histoire qui remonte à l’époque de Caïn et Abel. Certains d’entre vous la connaissent bien certainement.  

Après le meurtre d’Abel, selon le récit de la Genèse, Dieu chassa Caïn du Paradis. Ce dernier dit alors à Dieu : « Si tu me chasses aujourd’hui de l’étendue de ce sol, je serai caché à ta face, je serai errant et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera. » Et le Seigneur répondit : « Eh bien ! Si l’on tue Caïn, il sera vengé sept fois. » Et, quelques générations plus tard, Lamek, le petit-fils de Caïn, prit deux femmes, Ada et Cilla, et leur dit, avec assez de bravade : « Ada et Cilla, écoutez ma voix ! Femmes de Lamek, tendez l’oreille à mon dire ! Oui, j’ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure. Oui, Caïn sera vengé sept fois, mais Lamek soixante-dix-sept fois. »

On constate immédiatement tout le chemin parcouru depuis ces premiers jours de l’humanité jusqu’au temps de Jésus et toute la différence entre l’enseignement de l’Ancien Testament et celui de Jésus. Au lieu de se venger sept fois ou soixante-dix-sept fois, il s’agit maintenant de pardonner non seulement sept fois, mais soixante-dix-sept fois.

Pour vous,

Oscar MUREKEZI, votre curé