Feuillets du 11 et 12 juillet 2026
Immaculée Conception
Saint-Hubert
Chers Paroissiens, chers lecteurs,
Dans un langage simple et particulièrement suggestif, l’évangile de ce dimanche nous présente Jésus racontant l’histoire d’un semeur et ce qui est bien c’est qu’à ses disciples qui ont besoin d’explication, comme tout très bon pédagogue, il prend le temps de donner le sens de la parabole. Etant donné que « la Parole de Dieu est un trésor », il y a bien entendu plusieurs choses, plusieurs enseignements qu’on peut relever dans cette parabole, mais limitons-nous en à deux choses essentielles.
Dans un premier temps, nous constatons qu’entre cette parabole du semeur et son interprétation est insérée une déclaration selon laquelle les mystères du Royaume des cieux ne sont révélés qu’aux disciples. Et il est clair que Jésus parle en parabole pour ceux qui voient sans voir et entendent sans entendre. Autrement dit, la parabole prend un détour pour enseigner la vérité à la foule aveugle et sourde. C’est que la parole intime, si on la livre directement, risque d’être entendue du dehors et faussée. Il y a nécessité de confidence pour ce qui est intime.
C’est pourquoi Jésus parle en parabole de cette mystérieuse semence donnée en abondance : l’intime vérité de Dieu se communique, en restant un secret qui ne se dévoile que dans l’intimité et la confiance. Elle est audible pour ceux qui se confient en celui qui parle au nom du Père, mais reste insaisissable pour ceux qui veulent comprendre en dehors de la foi.
L’accent est mis sur la mystérieuse collaboration entre la semence, c’est-à-dire l’annonce de la bonne nouvelle, et le sol, c’est-à-dire la réaction de l’auditeur. Bref, l’attention est mise sur le rendement du grain selon le terrain, et plus particulièrement encore sur la bonne terre et le fruit qu’elle porte.
L’interprétation de la parabole avertit clairement des obstacles à la compréhension de la Parole. Les auditeurs sont invités à résister aux artifices de l’Adversaire, à persévérer au milieu des difficultés et des persécutions, à veiller à ce que les richesses et les plaisirs ne les empêchent pas d’obéir à la Parole. Ils doivent écouter et consentir, libres de toute entrave. C’est l’invitation à une démarche personnelle. Mais la bonne nouvelle, c’est que la Parole est en réalité toujours féconde ; il s’agit simplement de ne pas y mettre d’obstacle !
Je vous fais ensuite remarquer que pour ses auditeurs d’hier comme pour ceux d’aujourd’hui que nous sommes, ce qui était une simple mise en scène devient une mise en question. On est bien en face d’un semeur surprenant : il ne choisit pas son terrain. Il répand en abondance. Il sème partout. Il sème dans les terres dévastées, calcinées par les guerres, la haine ou la misère ; il sème dans les terres labourées par l’épreuve, la souffrance et la prière ; il sème aussi dans les terres disponibles des enfants et des cœurs purs. Il nous dit par-là que Dieu ne fait pas de différence entre les hommes. Partout où il y a l’homme, Dieu peut semer sa Parole. À l’homme de s’interroger sur le type de terrain qu’il offre.
Finalement on peut dire que l’attitude du semeur est celle de la gratuité, de la charité et de l’espérance. Il nous rappelle que l’espérance ne déçoit pas et nous invite à être des semeurs d’espérance. En même temps, il appelle à se libérer des soucis du monde pour que la semence puisse germer.
Bref, le semeur est un homme d’action, un être prévoyant, généreux, ouvert et soucieux de l’avenir. C’est un homme qui œuvre pour que le lendemain soit un jour meilleur. Nous aussi, nous devons semer l’Évangile dans notre monde malgré ce qu’il semble contenir de mauvais. Nous devons semer dans la terre de chaque génération, de chaque culture et laisser à Dieu le soin de contrôler la germination et l’accroissement. Avec cette parabole, la question de l’accueil du Royaume est posée à ceux qui suivent Jésus, comme à nous aujourd’hui.
Pour vous,
Oscar MUREKEZI, votre curé
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