Sommes-nous des petits chiens?

Infos de la semaine

Feuillets du 15 et 16 août 2026
Immaculée Conception
Saint-Nicolas

Auto-dévalorisation, dépréciation de soi, soumission excessive, se laisser écraser : toutes ces attitudes peuvent facilement se vivre sous prétexte d’humilité. Pourtant, lorsqu’elles sont volontairement cultivées, elles peuvent devenir une forme d’orgueil déguisé.

Si l’humilité m’amène à nier ma dignité, elle n’est plus chrétienne. Car si l’orgueil me fait croire que je suis plus que ce que je suis en réalité, il peut aussi se déguiser en fausse humilité et me faire croire que je suis moins que ce que je suis.

L’humilité consiste d’abord à vivre vrai et à être authentique. Elle consiste donc à connaître qui je suis vraiment et ce que j’ai de bon et de moins bon en moi. Chacun a ses qualités et ses défauts. Agir ou vivre comme si les unes ou les autres n’existaient pas, c’est me faire grandir ou diminuer artificiellement.

Mais apprendre à me connaître n’est pas évident. Mon regard sur moi-même peut facilement me tromper, tout comme celui des autres. Car personne ne peut être la mesure ultime de la vérité. Je ne peux donc me fier totalement ni à mon jugement ni à celui d’autrui pour me définir.


Il me faut donc me regarder à la lumière de celui qui est la Vérité, celui qui ne me trompe pas et qui ne se trompe pas sur moi : Jésus-Christ. Ce que je suis devant Dieu et qui je suis pour Lui, c’est ce que je suis en vérité. Ni davantage. Ni moins.

L’authentique humilité consiste alors à apprendre à se tenir en présence de Dieu. Devant Lui, je découvre simultanément ma petitesse, ma pauvreté, mais aussi la grandeur d’être une personne aimée de Dieu. Je découvre que ce que j’ai de bon, je l’ai reçu de Lui ; et que, dans ce qui me manque, j’ai encore besoin de Lui.

Lorsque le Christ dit à la femme cananéenne : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens », elle ne proteste pas. « Oui, Seigneur », répond-elle. Elle reconnaît sa situation de païenne. Mais elle ne s’écrase pas non plus.

Elle poursuit audacieusement : « Mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres », reconnaissant ainsi la bonté débordante de Celui qui se tient devant elle. C’est comme si elle disait : « Oui, Seigneur, je suis une païenne. Mais c’est précisément pourquoi je viens à toi, c’est justement pourquoi je ne quitte pas ta table. »

Voilà l’humilité chrétienne.

C’est recevoir de Dieu tout ce que je suis, tout ce que je demande et tout ce que j’espère comme un don et une grâce, plutôt que comme quelque chose que je mérite.

Père Jad-Élia Nassif

Laissez-les pousser ensemble…!

Infos de la semaine

Feuillets du 18 et 19 juillet 2026.
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas

Il n’y a pas d’autre dieu que toi, qui prenne soin de toute chose… »

Chers paroissiens, chers lecteurs,

Dans cette affirmation de foi, l’auteur du livre de la Sagesse que nous écoutons ce dimanche nous partage le cœur de sa contemplation du mystère de Dieu. Derrière ces mots qui peuvent nous sembler banals, nous pouvons remarquer le visage de Dieu qui ne profite pas de sa grandeur et de sa force pour écraser l’homme. Au contraire ! À l’instar du semeur dans la parabole du bon grain et de l’ivraie, Dieu est patient : il ne désespère jamais de voir l’homme pousser et grandir peu à peu, à son rythme. Faut-il retirer l’ivraie ? Le propriétaire du champ invite ses serviteurs à la patience, c’est au moment de la moisson que la sélection s’effectuera. Donc, ne pas retirer la mauvaise herbe au risque d’abîmer la plante qui a été semée au départ.

Le temps des vacances est plutôt un temps de détente, pendant lequel la plupart d’entre nous essaient de décompresser, de se reposer. Mais on essaie en même temps de reprendre un peu de « hauteur » par rapport aux activités habituelles de l’année. Et comme personne ne peut tout maîtriser, c’est plutôt le temps du laisser-faire… de se laisser faire. L’évangile de ce dimanche nous y invite tellement !

C’est comme si nous avions cette invitation suivante : « Laisse grandir tout ce que tu as semé durant l’année en gestes, en paroles d’amitié, de solidarité, ou, plutôt, laisse grandir ce que Dieu a semé en toi et laisse-le grandir en confiance. » La semence fait son travail, avec un peu de soleil et d’humidité. Soyons donc soleil à notre tour. Aidons-nous les uns les autres à laisser germer le meilleur !

Mais Jésus suggère que nous gardions un œil ouvert : sois vigilant à l’ivraie qui peut s’insinuer aussi et fais le tri ! Le temps des vacances devient alors le temps du discernement, ou d’une certaine évaluation. Je regarde paisiblement ce qui m’aide à aimer davantage, à servir davantage, et j’essaie d’abandonner ce qui m’en empêche. Et je peux même mettre des provisions dans mon grenier, pour faire le plein d’énergie.

Chacun à notre façon, nous avons besoin de tout notre cœur et de tout notre esprit pour aimer davantage. Si notre quotidien est rempli de toutes sortes de freins et d’embûches, un temps de prière ou une retraite peut approvisionner notre grenier intérieur. Donc, laissons grandir la moisson qui se prépare en nous et gardons l’œil ouvert.

Mais apprenons aussi de cette attitude de Dieu par rapport à ce qui se passe autour de nous, dans notre société et dans le monde, laissons devenir nôtre cette patience de Dieu. Pourquoi ? Parce que nous exprimons parfois notre lassitude devant le spectacle de ce monde qui ne tourne pas rond : pourquoi tant de souffrances ? pourquoi Dieu tolère-t-il l’injustice ? Pourquoi ne met-il pas un terme à la violence ? L’évangile de ce dimanche suggère une piste de réflexion : pour préserver la récolte, pour que tout ce qui est bon puisse arriver à maturité, pour que le cœur de tout homme puisse s’ouvrir au Bien.

Peut-être est-il plus facile d’entrer dans ce mystère si nous considérons que notre propre cœur est cette terre ensemencée par Dieu et soumise aux attaques de l’ennemi. II nous faut du temps, beaucoup de temps, pour que nos cœurs blessés par l’ivraie du péché se mettent à l’écoute de l’Esprit, qui veut ce que Dieu veut. Implorons donc la patience de Dieu à notre égard et surtout sachons témoigner d’une patience identique à l’égard de nos sœurs et frères en humanité.

Pour vous,

Oscar MUREKEZI, votre curé

Une parole semée pour porter du fruit!

Infos de la semaine

Feuillets du 11 et 12 juillet 2026
Immaculée Conception
Saint-Hubert

Chers Paroissiens, chers lecteurs,

Dans un langage simple et particulièrement suggestif, l’évangile de ce dimanche nous présente Jésus racontant l’histoire d’un semeur et ce qui est bien c’est qu’à ses disciples qui ont besoin d’explication, comme tout très bon pédagogue, il prend le temps de donner le sens de la parabole. Etant donné que « la Parole de Dieu est un trésor », il y a bien entendu plusieurs choses, plusieurs enseignements qu’on peut relever dans cette parabole, mais limitons-nous en à deux choses essentielles.

Dans un premier temps, nous constatons qu’entre cette parabole du semeur et son interprétation est insérée une déclaration selon laquelle les mystères du Royaume des cieux ne sont révélés qu’aux disciples. Et il est clair que Jésus parle en parabole pour ceux qui voient sans voir et entendent sans entendre. Autrement dit, la parabole prend un détour pour enseigner la vérité à la foule aveugle et sourde. C’est que la parole intime, si on la livre directement, risque d’être entendue du dehors et faussée. Il y a nécessité de confidence pour ce qui est intime.

C’est pourquoi Jésus parle en parabole de cette mystérieuse semence donnée en abondance : l’intime vérité de Dieu se communique, en restant un secret qui ne se dévoile que dans l’intimité et la confiance. Elle est audible pour ceux qui se confient en celui qui parle au nom du Père, mais reste insaisissable pour ceux qui veulent comprendre en dehors de la foi.

L’accent est mis sur la mystérieuse collaboration entre la semence, c’est-à-dire l’annonce de la bonne nouvelle, et le sol, c’est-à-dire la réaction de l’auditeur. Bref, l’attention est mise sur le rendement du grain selon le terrain, et plus particulièrement encore sur la bonne terre et le fruit qu’elle porte.

L’interprétation de la parabole avertit clairement des obstacles à la compréhension de la Parole. Les auditeurs sont invités à résister aux artifices de l’Adversaire, à persévérer au milieu des difficultés et des persécutions, à veiller à ce que les richesses et les plaisirs ne les empêchent pas d’obéir à la Parole. Ils doivent écouter et consentir, libres de toute entrave. C’est l’invitation à une démarche personnelle. Mais la bonne nouvelle, c’est que la Parole est en réalité toujours féconde ; il s’agit simplement de ne pas y mettre d’obstacle !

Je vous fais ensuite remarquer que pour ses auditeurs d’hier comme pour ceux d’aujourd’hui que nous sommes, ce qui était une simple mise en scène devient une mise en question. On est bien en face d’un semeur surprenant : il ne choisit pas son terrain. Il répand en abondance. Il sème partout. Il sème dans les terres dévastées, calcinées par les guerres, la haine ou la misère ; il sème dans les terres labourées par l’épreuve, la souffrance et la prière ; il sème aussi dans les terres disponibles des enfants et des cœurs purs. Il nous dit par-là que Dieu ne fait pas de différence entre les hommes. Partout où il y a l’homme, Dieu peut semer sa Parole. À l’homme de s’interroger sur le type de terrain qu’il offre.

Finalement on peut dire que l’attitude du semeur est celle de la gratuité, de la charité et de l’espérance. Il nous rappelle que l’espérance ne déçoit pas et nous invite à être des semeurs d’espérance. En même temps, il appelle à se libérer des soucis du monde pour que la semence puisse germer.

Bref, le semeur est un homme d’action, un être prévoyant, généreux, ouvert et soucieux de l’avenir. C’est un homme qui œuvre pour que le lendemain soit un jour meilleur. Nous aussi, nous devons semer l’Évangile dans notre monde malgré ce qu’il semble contenir de mauvais. Nous devons semer dans la terre de chaque génération, de chaque culture et laisser à Dieu le soin de contrôler la germination et l’accroissement. Avec cette parabole, la question de l’accueil du Royaume est posée à ceux qui suivent Jésus, comme à nous aujourd’hui.

Pour vous,

Oscar MUREKEZI, votre curé

En Dieu, mon repos!

Infos de la semaine

Saint-Nicolas

Chers paroissiens, chers lecteurs,

L’évangile de ce dimanche nous invite aussi à regarder dans deux directions opposées : vers le haut et vers le bas, vers les grands et vers les tout-petits ! Au travers des mots de Jésus parlant à son père, je perçois comme l’agacement d’un homme se heurtant à l’incompréhension des grands devant les choses belles et simples de sa prédication.

Sur les routes de Galilée, Jésus est suivi, écouté, et attendu par la foule des petits et des pauvres pour qui le message de la Bonne Nouvelle ouvre des chemins d’avenir. Des chemins que les grands, les sages et les puissants décrivent comme des chemins de perversion : pour eux Jésus n’est qu’un agitateur de foules, quelqu’un de dangereux pour le peuple. Mais Jésus poursuit sa mission, guérissant les malades, relevant les boiteux, ouvrant les yeux de l’aveugle. Bénissant son Père, Jésus ne cesse de rendre grâce pour ces tout-petits qui l’accueillent, s’ouvrent à sa parole, et à travers lui apprennent à mieux connaître le Père qui l’a envoyé.

Des petits, des tout-petits, nous en connaissons tous, et nous en croisons. En les écoutant et en partageant avec eux, je suis toujours étonné de la fraîcheur, de la simplicité et de la vérité des mots et des paroles. Petits et tout-petits, ceux-là même que Jean- Paul II appelait, avec une étonnante tendresse, les « oubliés de la vie » ont cette étrange capacité de nous révéler le visage de Dieu. Sans doute ont-ils, bien avant nous, perçu combien Jésus quand il invite à porter son joug, désire la paix et la joie pour celles et ceux qui lui emboîtent le pas. Sa loi est une loi d’amour qui ouvre le chemin du Royaume. « Je n’ai de repos qu’en Dieu seul !» dit le psalmiste.

A propos de fardeau, certains, autour de nous (ou parfois nous-mêmes), connaissent une vie « à faire pleurer les cailloux », tant elle est difficile à vivre, tant se multiplient les accidents, les maladies. Au point qu’il nous arrive de parler du « fardeau » de la vie.

Peut-être nous plaignons-nous un peu rapidement, lorsque nous arrive un événement pénible, que nous subissons et jugeons immérité. Peut-être certains, à tout âge et surtout à l’âge mûr, considèrent-ils l’existence elle-même comme pesante, accablante. Elle n’aurait pas de sens, pas d’horizon. L’homme serait « condamné » à vivre !

A tous ceux-là, à chacun de nous, le Christ ose dire que, si fardeau il y a, ce « fardeau est léger ». Pourtant, la rumeur parle de tous ces interdits qui alourdiraient la conscience des chrétiens. Jésus lui-même a protesté contre ceux qui « mettent des charges pesantes sur les épaules des hommes, alors qu’eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt » (Mt 23, 4).

Le secret du Christ semble clair : ce n’est pas la loi, le droit, qui orientent seuls nos comportements, c’est l’amour. Saint Augustin traduit justement : « quand on aime, point l’on peine. Et si on peine, on aime sa peine. » Vivre selon le Christ, c’est apprendre à aimer. Et l’amour est joie !

Pour vous,

Oscar MUREKEZI, votre curé

UNE AUTRE MISSION

Infos de la semaine

Feuillets du 28 juin 2026
Saint-Hubert

Une autre mission

Bonjour à toutes et à tous,

L’équipe pastorale m’a proposé d’écrire un dernier édito afin de pouvoir parler de mes 7 années vécues dans l’Unité Pastorale et de ma nouvelle mission.

Il est bien difficile d’effectuer un relevé des évènements vécus pendant 7 ans.

Je parlerai donc de ma mission principale : l’organisation de la catéchèse.

A la reprise de la catéchèse après le covid, nous avions plusieurs défis à réaliser.

Tout d’abord, organiser les célébrations pour plus ou moins 140 enfants en première communion. Toute une logistique à mettre en place qui n’aurait pas pu être possible sans les bénévoles et les parents.

Ensuite, avec l’équipe pastorale, nous avons mis en route la catéchèse renouvelée comme vous la connaissez maintenant : en deux ans pour la première communion, un an pour la profession de foi et la création des messes des familles le premier samedi du mois.

Dans l’élaboration de cette catéchèse, j’ai eu la chance de pouvoir compter sur des habitués de la catéchèse et des bénévoles qui se sont sentis appelés dans leur mission de baptisés.

Une équipe de base en première communion est ainsi créée avec quelques membres de l’équipe pastorale et les parents qui peuvent nous aider pour une ou plusieurs rencontres.

Une équipe d’animateurs intergénérationnelle pour la profession de foi s’est créée.

Elle s’occupe également d’organiser de temps en temps des activités pour les enfants qui ont fait leur première communion et qui sont en chemin vers la profession de foi.

Tout au long de ma mission, c’est grâce aux nombreux bénévoles et aux parents que j’ai pu vivre de merveilleux moments. Il est vrai que ma mission principale était la catéchèse, mais tout est catéchèse. J’ai donc pu rencontrer et collaborer régulièrement avec de nombreux groupes de bénévoles (constitué ou non) que je souhaite remercier chaleureusement pour tout ce que nous avons partagé.

Depuis début février, mes nouvelles fonctions m’occupent dans deux services du diocèse de Liège. Un mi-temps dans le service de la catéchèse et un autre mi-temps dans le service des couples et familles.

Dans le service de la catéchèse, ma mission principale est de me tenir informée des nouvelles façons de transmettre la catéchèse et d’aider à l’organisation de la catéchèse renouvelée dans les paroisses du diocèse. En y travaillant, j’ai donc la possibilité de mettre en pratique l’expérience vécue dans l’Unité Pastorale et de voir comment aider les paroisses qui en manifestent le besoin. Cela pourrait être aussi de créer des outils ou des formations pour les personnes investies dans la catéchèse.

Nous pouvons aussi aider une paroisse à organiser une activité autour d’un thème précis (avec peut-être l’aide d’un autre service).

Dans le service des couples et familles, j’ai découvert la joie de rencontrer des fiancés qui se préparent au mariage chrétien. Ce sont des rencontres au cours desquelles nous parlons évidemment de ce que cela implique, mais aussi sur des « petits trucs et astuces » sur la communication ou le pardon dans le couple par exemple.

J’ai aussi la chance de pouvoir rencontrer plusieurs fois par an mes collègues des diocèses francophones des services des familles. Nous pouvons alors échanger sur ce que nous entendons dans nos paroisses, mais aussi sur des possibilités d’actions communes.

Nous avons un texte de référence que certains d’entre vous connaissent peut-être qui est l’exhortation apostolique post-synodale du pape François « Amoris Laetitia » dont c’est le 10ème anniversaire de la publication cette année. Ce texte permet de travailler sur l’accueil de toutes les diversités de nos communautés et de veiller à bien les accompagner.

Je voudrais terminer cet édito en remerciant particulièrement ma famille, mon papa, mon mari et mes enfants. Ils acceptent mon engagement « vocation » même si ce n’est pas toujours facile et que cela peut parfois avoir une répercussion sur la vie familiale.

Je remercie tous les paroissiens rencontrés dans/de l’Unité Pastorale, du doyenné ou d’ailleurs pour l’accueil toujours chaleureux.

Je remercie toute l’équipe pastorale pour le soutien que j’ai toujours reçu dans ma mission.

A bientôt

Isabelle