Feuillets du 14 et 15 mars 2026
Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Hubert
Sainte-Julienne
TEMOIGNONS DE NOTRE SOLIDAIRITE
AU PEUPLE HAÏTIEN !
Chers Paroissiens, chers lecteurs,
Nous voici déjà en mi-carême c’est-à-dire en mi-chemin de notre marche vers Pâques puisque nous sommes au Dimanche qu’on appelle traditionnellement « le dimanche du Laetare » « Réjouis-toi » ! Nous sommes donc invités toutes et tous à la joie !
Mais quand on regarde bien tout ce qui se passe et se vit dans notre monde aujourd’hui, aurions-nous vraiment des raisons de nous adonner aux réjouissances ?
Regardez bien, hier comme aujourd’hui, les hommes se débattent dans leurs sociétés et dans un monde plein de contradictions. Dans beaucoup de pays les gens aspirent à la vérité et se heurtent au mensonge. D’autres aspirent à la paix et sont en proie à la guerre, à la violence ; d’autres encore aspirent au bonheur et se heurtent contre l’échec, d’où la frustration, l’angoisse, la dépression, la pauvreté…
Nous vous en avons parlé depuis le début du Carême, Haïti est un des pays où la situation est terrible, une situation qui reflète l’injustice du monde, les inégalités entre pays riches et pauvres, souvent avec la complicité de certains dirigeants corrompus.
Comme l’aveugle de naissance de l’évangile de ce 4ème dimanche du carême, nous sommes l’aveugle sur le chemin du monde d’aujourd’hui, pour dire que dans beaucoup de pays, y compris le Haïti, beaucoup de femmes, d’hommes et de jeunes ne voient pas ou ne voient plus parce que la situation qu’ils vivent est difficile. Mais le comble – et personnellement je trouve cela malheureux et déplorable – c’est que souvent, à l’origine de cette situation inhumaine, il y en a qui ne veulent pas voir pour ne pas devoir se remettre en question sans oublier ceux qui ne veulent pas voir parce qu’ils croient savoir ! Autrement dit, ils s’y complaisent et regardent comme si de rien n’était !
Mais fort heureusement, les pauvres paysans haïtiens, femmes et hommes refusent de baisser les bras. Ils refusent de se faire taire parce qu’ils ont compris l’importance de crier, dire haut pour dénoncer la réalité d’un monde qui ne veut pas voir justement.
Telle est la réalité, mais qui n’est pas une fatalité ! On peut reconnaitre que ce sont les ténèbres de notre monde d’aujourd’hui, mais la lumière luit aussi ! Donc, il y a possibilité d’éviter d’en être prisonniers. Il suffit juste d’éviter de fermer les yeux sur cette réalité. Notre chemin de foi nous invite à ouvrir les yeux de notre cœur, à voir en vérité et ne pas juger ; en d’autres mots à voir comme Dieu.
Tout comme Jésus a rejeté les croyances de son époque où beaucoup pensaient qu’il y avait un lien étroit entre le péché et l’infirmité physique (« qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? »), la pauvreté ou la misère des uns n’est pas la conséquence de quelque chose de mal qu’ils auraient fait. Par contre, par la guérison offerte à l’aveugle né, Jésus lui a donné le signe qui lui a permis d’accéder à la véritable lumière qu’il est, lui, Jésus, pour le monde. Mais la difficulté pour certains c’est d’avoir l’humilité de reconnaitre notre cécité pour accueillir cette lumière.
Pour cela, nous devons tous reconnaitre que nous avons besoin d’une conversion et nous laisser toucher par Dieu ! Donc, au lieu de continuer à se voiler la face, cette conversion demandée à chacun est de reconnaitre son aveuglement pour recevoir la guérison. En effet, ceux qui se fondent avec suffisance sur ce qu’ils ont déjà ne peuvent pas donner leur foi à Jésus qui seul peut leur donner la lumière.
Jésus ne guérit pas seulement un aveugle physique, il éduque sa foi. De « cet homme » à « un prophète », puis à « Fils de l’homme », l’aveugle reconnaît progressivement le Christ, contrairement aux Pharisiens qui restent aveuglés par leurs certitudes.
En d’autres mots, ceux qui prétendent tout savoir rejettent le Dieu qui sauve parce qu’il prend les chemins de traverse ; tandis que ceux qui reconnaissent ne pas savoir grandissent dans la foi et l’amour de Dieu. Ils peuvent annoncer ce Dieu qui sauve car ils ont laissé Dieu les toucher et dès lors, tout change dans leur vie et leur comportement.
Continuons donc de profiter de ce temps béni du Carême qui est un temps pour reconnaître nos propres « cécités » : orgueil, indifférence, manque de foi. « Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera ». Comme vous le voyez, en ce dimanche de Laetare (la joie), nous sommes invités tout simplement à nous réjouir de la lumière qui illumine nos vies et à soutenir ceux qui se préparent au baptême, les appelant à faire de Jésus leur unique Seigneur et Sauveur.
Pour conclure, en ce week-end, laissons-nous aussi tous interpelés par les associations partenaires d’Entraide et Fraternité en Haïti et dans d’autres pays. La collecte de ce week-end est dédiée à cet effet. Notre geste de solidarité, posé en Eglise, est un geste d’espérance en actes, de fraternité avec ces hommes et ces femmes qui luttent ensemble et sans relâche pour la vie de leurs semblables et la dignité de leur peuple.
Très belle montée vers Pâques à toutes et tous.
Oscar MUREKEZI, votre curé
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