Feuillets du quatrième dimanche de l’Avent
Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Hubert
Feuillets de la fête de Noël
Sainte-Julienne
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Saint-Hubert
Immaculée Conception
Chers paroissiens, chers lecteurs,
Depuis quelques jours, il y a deux petits mots qu’on entend sur toutes les lèvres et qui vont être prononcés des milliers et des milliers de fois un peu partout dans le monde ces temps-ci. Selon les règles de la grammaire, ce n’est même pas une phrase ! Ces mots sont : « Joyeux Noël ! » C’est un souhait qui se transmet actuellement entre des millions de gens dans le monde entier. Certains diraient : c’est normal, c’est Noël !
Effectivement, et Noël, c’est une joie immense car il s’agit d’exprimer notre joie pour la venue de Dieu en notre chair. La naissance de l’Enfant Jésus à Bethleem vient accomplir une promesse tenue en réserve pendant les siècles. C’est un heureux avènement qui touche tout le monde, qui touche l’humanité entière parce qu’il annonce un bonheur pour tous, plus particulièrement pour les plus petits.
Depuis plus de deux mille ans tout le monde en parle, tout le monde se veut au rendez-vous de la fête et se prépare à la vivre ! Dès début décembre déjà, tout le monde y pense, on voit que quelque chose est en train de changer, tout le monde s’agite, on s’y prépare, nos cités et quartiers sont en ébullition !
Mais il faut avouer aussi que plusieurs se laissent entraîner dans cet engouement sans trop savoir pourquoi et peut-être même sans le vouloir vraiment ! Tout ce qui est réunions familiales ou entre amis autour d’un bon repas de fête, tout ce qui est cadeaux à offrir ou à échanger…c’est bon, mais nous devons éviter que les vraies raisons de notre réjouissance nous échappent et que la joie de Noël soit ainsi dénaturée !
Mais la question qui revient chaque fois que nous parlons de la joie et de la paix de Noël, c’est comment cette joie peut être réaliste quand on souffre, quand on est écrasé de soucis ? Est-elle possible pour tous les peuples de la faim ou pour les populations de l’Ukraine, d’Arménie, de la Palestine surtout dans la bande de Gaza, de l’Est de la République Démocratique du Congo…écrasées par la guerre ? Est-elle possible pour les victimes du chômage et pour tous ceux qui craignent de perdre leur emploi ?
Dès lors cette autre question nous traverse l’esprit : Pourrions-nous être joyeux quand tant d’autres ne le sont pas ou ne peuvent pas l’être ? Que vaut notre joie si elle ne rejoint pas tout le monde, si elle ne s’applique pas pour tous ? Avec tous les conflits qui endeuillent tous les jours notre planète, avec les crises économiques et écologiques qui condamnent beaucoup nos contemporains à une vie misérable, comment pouvons-nous être dans la joie, comment pouvons-nous être en paix et surtout être des bâtisseurs de paix ?
Je crois qu’il est vraiment important de bien réfléchir à la source de notre joie, à la vérité de notre joie pour qu’elle ne soit pas naïve, ni éphémère, ni légère ou tout simplement fausse joie.
Pour comprendre la source de la joie chrétienne, disons qu’elle reste réelle et possible malgré les contrariétés de la vie, possible parce qu’elle est d’un autre ordre. Elle est plus qu’une émotion passagère parce qu’elle vient d’une source beaucoup plus profonde. Elle est don précieux de l’Esprit-Saint qui peut habiter l’homme indépendamment des circonstances extérieures. Elle est autre chose que la gaité passagère parce qu’elle repose sur la certitude d’être aimé par Dieu le Père et la naissance de son Fils en notre humanité nous dit cet amour.
Autrement dit, la vraie joie chrétienne résiste en nous à toute épreuve. Elle vient de l’espérance folle qui nous habite, de notre foi indéfectible en celui qui jamais ne saurait nous décevoir, de l’amour immense dont nous savons que nous sommes aimés par Dieu, un amour dans lequel nous pouvons nous aimer les uns les autres.
En réalité, accueillir Jésus « Dieu sauve » dans notre vie personnelle, c’est accueillir la source d’amour, la source intarissable de joie, la source de lumière et c’est bien cela le salut. Joie et Jésus cela va ensemble et c’est cela sur quoi repose notre Joie, une joie qui ne masque pas nos difficultés, une joie qui n’est pas un remède miracle pour nous épargner des contrariétés de la vie, mais qui est bien une force particulière qui nous permet de voir autrement ces difficultés et les porter avec courage puisqu’on a l’ultime conviction que Jésus est venu les porter avec nous !
Cette joie est contagieuse parce que loin de diminuer quand on la partage, elle augmente, elle se répand ! Une joie qui se vit dans l’espérance et la foi mais celles-ci sont vaines si elles ne se traduisent pas en actes dans la charité et l’amour du prochain. C’est pour cela qu’elle nous oblige à regarder à notre porte vers celui qui a faim ou soif, qui est nu, malade ou en prison, pour lui venir en aide, même dans nos peu de moyens car la joie ne vaut que si elle est partagée !
Pour conclure, disons que le temps de Noël est alors ce temps de joie partagée où nous nous ouvrons à la présence de Dieu en nous et à nos frères et sœurs dans la foi et l’espérance d’un Dieu qui nous aime et vient nous sauver en nous donnant de sa lumière pour dissiper toutes formes de ténèbres qui assombrissent nos vies. « Joyeux Noël ! » à toutes et tous !
Et comme je pars en congé à la fin du mois, j’en profite pour vous souhaiter aussi une Bonne et Heureuse Nouvelle année 2024 à vous et à tous ceux qui vous sont chers.
Oscar MUREKEZI, votre curé
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