Quelle démarche oecuménique pour aujourd'hui ?

Infos de la semaine

Feuillets du 2ème dimanche du temps ordinaire
Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Lorsque nous réfléchissons à une problématique, nous démarrons toujours de notre propre point de vue. C’est logique que je rentre dans l’équation de ma propre pensée. Aussi, nous ne pouvons pas ignorer notre appartenance à l’Église catholique romaine lorsque nous parlons d’unité de chrétiens. En effet, une manière usuelle de comprendre la problématique est de regarder l’histoire de l’Église comme étant une triste suite de schismes durant lesquels des portions, plus ou moins importantes, de chrétiens ont quitté la grande Église pour prendre leur indépendance. Et dans cette vision, nous sommes les héritiers de la grande Église et le but de l’œcuménisme est de ramener tout le monde dans son giron, quitte à faire des concession sur le fonctionnement interne.

Nous sommes d’ailleurs encouragés dans cette vision par les statistiques, puisque sur les quelques 2,5 milliards de chrétiens, la moitié, environ 1,25 milliard appartiennent à l’Église catholique romaine. Nous avons l’avantage du nombre. Cependant, être plus nombreux ne donne pas nécessairement raison.

Ce point de vue possède 2 grandes faiblesses. En premier, si nous nous mettons à la place d’un chrétien d’une autre Église (par exemple orthodoxe grec, copte ou syriaque) il nous verra de la même manière. Ils se sentent tout autant héritiers de l’Église universelle que nous, et les catholiques romains ont quitté le navire en faisant sécession. Cela induit nécessairement des rivalités et des incompatibilités, puisque chacun est convaincu d’être la vraie Église que les autres ont quittée et amochée au passage.

La deuxième faiblesse vient de la conception de l’Église elle-même. Nous parlons souvent de l’Église comme d’une institution centralisée qui aurait des succursales à de nombreux endroits du globe. C’est une inversion du fonctionnement de l’Église, notamment due à une centralisation de la gestion de l’Église catholique romaine. Lorsque les apôtres reçoivent l’Esprit-Saint à la Pentecôte, on parle d’Église non pas comme une institution, mais bien selon le sens originel du mot grec ἐκκλησία (ekklesia) : assemblée. L’Église est l’assemblée des chrétiens. Il y a alors autant d’Églises que d’assemblées de chrétiens. Et ce sont ces diverses assemblées, appelées Église locales ou diocésaines, avec leurs différences (fonctionnement, rites, langues, lieux, etc.) et leurs points communs (foi en Jésus, évêques successeurs des apôtres, etc.) qui forment l’Église universelle, l’Église du Christ. Il n’y a donc pas une Église locale qui a plus de légitimité qu’une autre. Certaines ont plus de prestige que d’autres à cause de facteurs divers (Antioche, Alexandrie, Rome, Éphèse, etc.), mais il n’y en a pas une qui dirige les autres.

Avec ces nouveaux éléments, comment envisager la problématique œcuménique ? Au lieu de parler de l’histoire de l’Église comme d’une suite de schismes où nous perdons des membres qui font sécession, nous pourrions la percevoir comme une histoire des Églises qui n’ont pas toujours réussi à maintenir l’unité visible de l’Église universelle. Cela signifie que l’œcuménisme devient un lieu de dialogue et de réconciliation. Nous ne cherchons pas à ramener les autres à nous, mais à nous réconcilier avec nos frères et sœurs dans la foi. Chercher l’unité des chrétiens, de tous les chrétiens, proches ou lointains, ce n’est pas chercher qui a raison ou qui a tort, c’est vouloir la réconciliation. C’est un but à grande échelle, mais aussi dans nos paroisses et nos communautés : la réconciliation est l’œuvre que Dieu nous invite à accomplir, la division et la haine ne sont pas sensées avoir leur places dans l’Église de Dieu.

Thomas Sabbadini

La vie cachée de Jésus

Infos de la semaine

Feuillets Baptême du Seigneur
Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Le calendrier liturgique est rempli de surprises et nous fait parfois faire des bonds temporels improbables. Nous pouvons par exemple remarquer que lors du dimanche de la Sainte Famille, qui se situe le weekend immédiatement après Noël, nous lisons l’évangile de la fuite en Égypte qui commence par ces mots : « Après le départ des mages ». Or, le dimanche qui vient après la Sainte Famille est celui de l’Épiphanie : les mages arrivent enfin auprès de Jésus. C’est une léger paradoxe temporel liturgique, mais rien de bien grave, puisque nous restons dans la même période.

Cependant, nous accomplissons ce dimanche un bond temporel autrement plus conséquent, puisqu’en l’espace d’une semaine, nous quittons les quelques semaines de la naissance de Jésus pour arriver directement au début de sa vie publique, une trentaine d’années plus tard. Nous n’avons pas de sources fiables sur les activités de Jésus pendant ces trois décennies. Les chercheurs et historiens sérieux s’accordent sur le fait qu’il est sans fondement historique de situer Jésus hors du judaïsme palestinien du 1 er siècle. Et nous pouvons légitimement nous poser la question : pourquoi aucun évangéliste, aucune source de l’époque ne raconte-t-elle pas l’un ou l’autre élément de la vie cachée de Jésus ? Sans doute pour la simple et bonne raison que cela n’en valait pas la peine, que cela n’était pas assez intéressant.

Nous avons souvent tendance à l’oublier, puisque nous sommes habitués à rencontrer Jésus dans sa vie publique, mais il a passé la grande majorité de sa vie à n’être personne de remarquable, connu uniquement de ses amis, de sa famille, de son village. Le Fils de Dieu a passé la majeure partie de sa vie dans l’incognito le plus total. À côté de cela, même la naissance dans une crèche passe pour une arrivée tape-à-l’œil. Le Tout-Puissant est probablement d’accord avec cette réplique des Tontons flingueurs : « Les tâches ménagères ne sont pas sans noblesse. » Quand nos vies semblent mornes, répétitives, si platement quotidiennes, n’oublions pas que Jésus est également passé par là. Ne regardons pas avec mépris la banalité du quotidien, puisque Dieu ne l’a pas fait. C’est une manière de comprendre les dernières paroles de Jésus dans l’évangile selon Saint Matthieu : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Thomas Sabbadini

SEMAINE POUR L’UNITÉ DES CHRÉTIENS

Échanges de chaires entre Catholiques et Protestants

sam. 18 janv. :

à 17h00 à Lambermont : homélie par Pasteure Heike SONEN
à17h 15 à St Joseph : homélie par Pasteur Christian, Armée du Salut
à 17h00 à Petit Rechain : homélie par Pasteure Françoise NIMAL

dim. 19 janv. à 10h30: homélies aux cultes protestants par les Catholiques.

au temple protestant, rue Laoureux 33-35: diacre Michel Welkenheuzen
au temple protestant, rue Montagne de l’Invasion 8 : diacre Jean-Marie Gaspar
au temple de l’Armée du Salut,  Rue Thil Lorrain 11 : diacre Jean-Luc Alexandre

Les paroissiens sont bien entendu inviter à participer aux cultes protestants !

Célébration œcuménique : dimanche 19 janvier à 18h00
à l’église de Marie Médiatrice Heusy, rue Jehanster

Soirée conférence mardi 21 janvier à 20h00
à l’église St Joseph, rue Paul Janson 31, 4800 Verviers

Thème : « Les chrétiens et l’urgence climatique » 
Orateur : Pasteur Stéphane LAVIGNOTTE

« Veillée pour la Vie »

Infos de la semaine

Feuillets du dimanche de l’Epiphanie
Immaculée Conception
Saint-Nicolas
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Des centaines de veillées ont lieu partout dans le monde.
Les papes Jean-Paul II, Benoit XVI et François ont successivement émis le souhait que les paroisses du monde entier s’unissent par la prière à cette intention.
Que, de toutes les communautés chrétiennes, de tous les groupes ou mouvements, de toutes les familles, du cœur de tous les croyants, par des initiatives extraordinaires et dans la prière habituelle, une supplication ardente s’élève vers Dieu, Créateur qui aime la vie

Le pape François bénit et encourage :
Cette défense de la vie à naître est intimement liée à la défense de tous les droits humains. Elle suppose la conviction qu’un être humain est toujours sacré et inviolable, dans n’importe quelle situation et en toute phase de son développement.

Des Veillées pour la vie se multiplient aussi en Belgique et spécialement dans notre diocèse de Liège.
Elles consistent par exemple en une adoration eucharistique rythmée par des chants, lectures bibliques, méditations et intentions de prière pour la cause de la Vie. Elles donnent la parole à des acteurs de terrain ou à des témoins particulièrement sensibilisés au combat pour le respect de la vie depuis ses débuts jusqu’à ses derniers instants. Elles invitent à prier pour la protection de la vie naissante, pour la vie parfois fragilisée des personnes âgées, également pour les couples en désir d’enfant ou pour les familles qui accueillent un enfant portant un handicap.
Elles proposent de confier au Père toutes nos fragilités humaines qui sont autant d’occasions de faire grandir en nous l’amour et la compassion.
À l’heure où la vie est menacée de toutes parts, il est URGENT et INDISPENSABLE de prier.
Serez-vous au nombre des chrétiens qui chaque année se rassemblent afin de prier pour la cause de la Vie ?

Notre Unité pastorale, unie au doyenné de Verviers, vous invite le lundi 6 janvier à 20h à l’église Notre Dame des Récollets à Verviers.
Le lieu choisi n’est pas un hasard. Nous prierons ensemble aux côtés de la Vierge Marie, Mère qui porte la Vie par excellence.
Vous êtes donc les bienvenus pour ce grand et beau moment de communion et de prière. 

Merci à chacun de vous associer à ce large mouvement de prière pour la Vie, que ce soit par ce temps de prière communautaire, ou personnel selon vos possibilités.

Meilleurs voeux

Infos de la semaine 1
Infos de la semaine 2

Feuillets du dimanche de la Sainte Famille
Immaculée Conception
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Chers Paroissiens, chers Lecteurs,

Nous voici encore dans ce temps de Noël et au début d’une nouvelle année civile où les gens échangent les vœux avec les mots tels que la Paix, la Joie, le bonheur…

Comme chaque année, nous nous réjouissons avec tous ceux et celles pour qui la vie a été bonne et belle tout au long de l’année qui vient de s’achever, cela par des réussites, des succès et satisfactions trouvés et vécus dans leurs diverses occupations et responsabilités, mais nous ne pouvons pas oublier tous ceux et celles pour qui l’année écoulée a été une sorte d’enfer à cause des épreuves variées auxquelles ils ont été confrontés : la maladie, la perte d’un être cher, le licenciement abusif et le chômage, le divorce ou la séparation… nous leur souhaitons aussi de trouver la paix, la joie et la sérénité dans cette nouvelle année

Mais la question qui revient aussi chaque fois que nous parlons de la joie et de la paix de Noël et du nouvel an, c’est le comment cette joie peut être réaliste quand on souffre, quand on est écrasé de soucis et d’épreuves ? Est-elle possible pour tous les peuples qui ont faim ? Pour les populations de Syrie, d’Irak ou de l’Est de la République Démocratique du Congo… écrasées par la guerre ? Est-elle possible pour les victimes du chômage et pour tous ceux qui craignent de perdre leur emploi ?

En d’autres mots, avec tous les conflits qui endeuillent tous les jours notre planète, avec les problèmes économiques et écologiques qui condamnent beaucoup de nos contemporains à une vie misérable, comment pouvons-nous être dans la joie, comment pouvons-nous être en paix et surtout être des bâtisseurs de paix ?

Mais voilà, dans l’évangile de la nuit de Noël, le message de l’ange aux bergers de Bethléem, le message adressé à tous les amis de Dieu de tous les temps est bien clair: « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur ! » (Lc 2, 10) et cette troupe céleste qui loue Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ! » (Lc 2, 14).

Difficile de le comprendre et de l’accepter peut-être, surtout vis-à-vis de tous les assoiffés de paix et de joie ; mais ce qui est souvent surprenant, c’est qu’il y a quand même des gens qui, malgré les difficultés ou les épreuves de la vie, sont habités par la paix et la joie intérieures ! Comment parviennent-ils à redresser la tête et à faire face à la vie avec joie ? A mon sens, c’est parce qu’ils ont compris que la joie chrétienne est d’un autre ordre. Elle est plus qu’une émotion passagère et pour eux la joie profonde, la paix intérieure et les épreuves peuvent cohabiter. Autrement dit, la joie chrétienne vient d’une source beaucoup plus profonde. Elle est don précieux de l’Esprit-Saint qui peut habiter l’homme indépendamment des circonstances extérieures.

Cela revient à dire que la joie profonde et la sérénité ne signifient pas absence magique de difficultés, et bien sûr tout dépend de la manière dont on s’y prend. En tout cas, quoi qu’il puisse nous arriver, Saint Paul donne un bon conseil : « Ne soyez inquiets de rien, mais en toute circonstance, dans l’action de grâce, priez et suppliez… »

Bien évidemment, il ne s’agit pas de résignation. Tout comme il y en a qui peuvent dire que c’est un peu facile : se réfugier dans la prière au lieu de chercher des solutions un peu plus pragmatiques…On peut dire tout ce qu’on veut, mais je voudrais rappeler que lorsque nous prions, à la différence de ceux qui ne comptent que sur leurs propres forces, nous affirmons que le Seigneur peut nous combler parce qu’il veut notre bonheur. Nous proclamons notre confiance en lui au point de lui rendre grâce avant même de lui présenter nos demandes. D’ailleurs, Dieu connait nos besoins avant même notre prière. Mais par la prière, nous lui ouvrons la porte pour être en mesure d’accueillir ses dons, ou plutôt le don par excellence, le don de L’Esprit Saint. C’est lui qui peut garder notre cœur et notre intelligence dans le Christ Jésus pour que nous puissions agir à sa manière.

C’est pour cela qu’il est important de rappeler sans cesse que, ce que nous célébrons pendant ces fêtes de Noël, ce n’est pas seulement l’événement de la naissance de cet enfant, Jésus de Nazareth, il y a un peu plus de 2000 ans. Nous célébrons la présence de Dieu au sein de toute la réalité humaine. Nous célébrons le fait que nous sommes toutes et tous enfants de Dieu et que notre vocation la plus fondamentale est d’utiliser notre liberté pour rétablir l’équilibre entre toutes les forces qui s’affrontent en nous comme au cœur de l’univers.

C’est ainsi que nous vivrons en paix, c’est ainsi que nous aurons la vraie joie qui ne vient pas nécessairement du fait de posséder la plus grande quantité de biens possible, mais de la communion qui s’incarne dans le partage et dans le respect de la justice, qui est le respect de chaque personne perçue comme enfant de Dieu.

C’est ainsi que nous pouvons aussi affirmer le principe qu’une communion avec Dieu est impossible sans la communion avec notre prochain, et cette dernière ne peut se ramener à de vagues sentiments de sympathie ou de gentillesse car elle implique le respect total de la justice et même le partage des biens matériels lorsque ce partage est nécessaire pour faire disparaître les déséquilibres.

Tout au long de cette nouvelle année qui s’ouvre devant nous, demandons à Dieu le Père de faire briller sur nous son visage pour que nous puissions accueillir tous les visages de nos frères et sœurs, qui qu’ils soient, avec amour et bonté.

Je formule à chacune et chacun ainsi qu’à toutes vos familles, mes vœux de paix, de joie et de bonne santé pour le nouvel an 2020.

Que Dieu vous bénisse !

Oscar MUREKEZI, votre curé