Infos de la semaine

Feuillet 3e dimanche de Pâques

Immaculée Conception
Saint-Nicolas
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Chers frères, sœurs, et amis, dans le Christ,

Dimanche dernier, 2ème dimanche de Pâques que nous avons célébré dans l’Eglise universelle aussi comme le dimanche de la Miséricorde divine, nous avons réalisé, une fois encore de plus, combien, Jésus le Ressuscité, le Vivant éternellement, nous attire dans la Vie éternelle et bienheureuse, et vient vers nous comme Jésus le Miséricordieux en Qui la Miséricorde divine atteint son sommet et touche nos existences et nos vies réelles avec et dans le Visage humain et miséricordieux de Jésus.

Dans cette grâce infinie qu’est la Miséricorde divine, demandons encore à Dieu la grâce de l’Esprit de Pâques : Esprit de la vie, de la paix, et de la joie de Pâques, cette joie spirituelle, joie de notre salut en Jésus Christ, joie que nous sommes appelés à vivre, à partager avec les autres, et de laquelle nous sommes appelés à rayonner au milieu du monde de notre temps.

Dans la vie de l’Eglise, le fait que l’Octave de Pâques culmine dans le dimanche de Miséricorde divine nous rappelle qu’en Jésus de Nazareth, Dieu nous a tout donné de son Amour. Comme nous le partage Méliton de Sardes (v. 150-190 PCN), Evêque de Sardes en Lydie dans l’Asie Mineure, la Pâques de Jésus Christ réalise pleinement le salut de Dieu dans nos vies et nous fait vraiment participer à la vie divine, éternelle, et bienheureuse :

« Bien des choses ont été annoncées par de nombreux prophètes en vue du mystère de Pâques qui est le Christ : à Lui la Gloire pour les siècles des siècles. Amen.

C’est Lui qui est venu des cieux sur la terre en faveur de l’homme qui souffre ; Il a revêtu cette nature dans le sein de la Vierge et, quand Il en est sorti, Il était devenu homme ; Il a pris sur Lui les souffrances de l’homme qui souffre, avec un corps capable de souffrir, et Il a détruit les souffrances de la chair ; par l’esprit incapable de mourir, Il a tué la mort homicide. Conduit comme un agneau et immolé comme une brebis, Il nous a délivrés de l’idolâtrie du monde comme de la terre d’Egypte ; Il nous a libérés de l’esclavage du démon comme de la puissance de Pharaon ; Il a marqué nos âmes de son propre Esprit, et de son Sang les membres de notre corps.

C’est Lui qui a plongé la mort dans la honte et qui a mis le démon dans le deuil, comme Moïse a vaincu Pharaon. C’est Lui qui a frappé le péché et a condamné l’injustice à la stérilité, comme Moïse a condamné l’Egypte. C’est Lui qui nous a fait passer de l’esclavage à la liberté, des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie, de la tyrannie à la royauté éternelle, Lui qui a fait de nous un sacerdoce nouveau, un peuple choisi, pour toujours. C’est Lui qui est la Pâque de notre salut. C’est Lui qui endura bien des épreuves en un grand nombre de personnages qui Le préfiguraient : en Abel Il a été tué ; en Isaac Il a été lié sur le bois ; en Jacob Il a été exilé ; en Joseph Il a été vendu ; en Moïse Il a été exposé à la mort ; dans l’agneau Il a été égorgé ; en David Il a été en butte aux persécutions ; dans les prophètes Il a été méprisé.

C’est Lui qui s’est incarné dans une vierge, a été suspendu au bois, enseveli dans la terre, ressuscité d’entre les morts, élevé dans les hauteurs des cieux. C’est Lui, l’agneau muet ; c’est Lui, l’agneau égorgé ; c’est Lui qui est né de Marie, la brebis sans tache ; c’est Lui qui a été pris du troupeau, traîné à la boucherie, immolé sur le soir, mis au tombeau vers la nuit. Sur le bois, ses Os n’ont pas été brisés ; dans la terre, Il n’a pas connu la corruption ; Il est ressuscité d’entre les morts et Il a ressuscité l’humanité gisant au fond du tombeau. Ainsi soit-il. »

[Extrait de l’Homélie sur la Pâques (la Passion, la Mort, et la Résurrection) de Notre Seigneur Jésus-Christ « L’Agneau sans défaut et sans tâche » de Méliton de Sardes (v. 150-190 PCN), Evêque de Sardes en Lydie dans l’Asie Mineure.]

Chers frères, sœurs, et amis, dans le Christ, Dieu, créateur et tout-puissant, qui a ressuscité son Fils Jésus d’entre les morts une fois pour toutes et ce, pour fonder notre propre future résurrection, nous ressuscitera avec Jésus à condition que nous croyions en Jésus et en la grâce de Dieu en Jésus le Vivant, grâce dans laquelle Dieu nous sauve, nous guérit, nous purifie, nous justifie, nous vivifie, et nous sanctifie. Nous sommes toujours dans les Temps de Pâques. Christ est ressuscité ! Soyons vraiment des chrétiens et des chrétiennes pleins d’espérance et de joie de notre résurrection future et de la vie éternelle à laquelle Dieu nous appelle en Jésus le Vivant. Rendons grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! Oui, que tout Peuple de Dieu le dise : Éternel est son amour ! Amen. Alléluia !

Abbé Déogratias Bahizi, vicaire.

Tous en chemin

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Feuillet du dimanche de la miséricorde


Saint-Nicolas
Sainte-Julienne et Immaculée Conception
Saint-Hubert

TOUS EN CHEMIN

Nous venons de passer une semaine avec de nombreuses célébrations qui marquent l’intensité de la Semaine Sainte pour notre foi.

Afin de permettre aux familles de vivre des célébrations adaptées aux plus petits comme aux plus grands, deux célébrations ont été préparées spécialement pour elles.

Jeudi Saint, une célébration adaptée pour les familles et les enfants a permis à chacun de prendre pleinement conscience de sa signification. Les familles ont participé à la dynamique de la célébration grâce aux dialogues qui intervenaient régulièrement. Cela nous a permis de rappeler les points importants de la célébration avec leur signification.

La Vigile Pascale adaptée aux familles a commencé en extérieur, la pluie n’était pas de la partie. Le vent nous a cependant poussé à l’intérieur de Sainte Julienne pour raviver la flamme de notre foi à la lueur de nos chandelles allumées au tout nouveau cierge pascal.

Dans les différentes écoles catholiques de notre Unité Pastorale, Pâques est aussi l’occasion d’organiser des célébrations qui passent parfois par nos églises.

L’école Notre Dame organisait une balade après le partage d’un bol de riz. Une halte de réflexion était organisée soit à l’église de l’Immaculée Conception, soit à Marie-Médiatrice.

L’école SFX2 a réuni les 740 élèves de secondaire vendredi après-midi à l’église de Sainte Julienne. Les différentes classes de secondaire ont participé à la construction de la célébration.

L’école Saint Nicolas passera par l’église de Stembert ce jeudi matin pour vivre eux aussi un moment autour de Pâques.

L’école Sainte Marie, a organisé une marche vers Banneux à laquelle toute l’école a participé, des maternelles aux primaires.

Ce deuxième dimanche de Pâques nous fera relire l’Evangile de Saint Jean qui nous présente la situation des disciples après la mort et la résurrection de Jésus. L’apôtre en personnage principal est Thomas. Il ne fait pas partie de ceux qui sont le plus souvent cité dans les Evangiles. Pourtant, c’est grâce à lui que nous retenons ce passage des Ecritures.

Dans ce passage, Thomas n’est pas présent avec les apôtres lors de la première apparition de Jésus au groupe bien enfermé dans une maison. Mais que fait-il ?

En relisant ce passage et en cherchant des pistes de compréhension, le comportement de Thomas me fait penser à celui que nous pouvons avoir dans nos vies.

En tant que chrétien, nous pouvons avoir des moments de doute dans notre foi. Peut-être que Thomas était dans un de ces moments. Après la mort et la résurrection de Jésus, il peut se poser des questions.  Savoir s’il n’aurait pas dû agir autrement ? Peut-être se sent-il coupable ou qu’il a des remords ? Comment rester en relation avec Dieu ? Dieu est-il prêt à me pardonner ?

Jésus apparaîtra une deuxième fois au milieu des apôtres afin que Thomas puisse le voir. C’est la grande preuve de la miséricorde de Dieu. Il donne sa chance à l’incrédule, celui qui ne peut pas croire sans avoir vu, de changer de position et de devenir peut-être celui qui pourrait servir d’exemple pour les chrétiens de demain. On peut avoir du mal à croire sans voir, mais ce que nous cherchons à voir est-ce vraiment ce que nous devons voir ?

Même si la caractéristique que l’on retient de Thomas n’est pas très flatteuse, elle permet cependant d’illustrer la grande miséricorde de Dieu. Il est toujours prêt à nous pardonner notre manque de foi. Mais sommes-nous toujours prêts à accepter ce pardon de Dieu ?

« La miséricorde, nous dit le Pape François, est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours, malgré les limites du péché. C’est également la loi fondamentale qui habite le cœur de chacun, lorsqu’il jette un regard sincère sur le frère, la sœur, qu’il rencontre sur le chemin de la vie. »

Bonne semaine,

Isabelle.

« IL est ressuscité » Alléluia ! Il est vivant !

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Feuillet du dimanche de Pâques

Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Saint-Hubert

Chers paroissiens, chers lecteurs et amis de l’Unité Pastorale Notre Dame du Magnificat Verviers-Sud,

Au terme de quarante jours de Carême commencé le Mercredi des Cendres, c’est en cette fin du mois de mars que nous célébrons la grande fête chrétienne, la fête des fêtes, la fête de Pâques.  Nous venons de vivre le Triduum Pascal qui débouche sur le dimanche de Pâques en passant par le soir du Jeudi Saint, jour de l’institution de l’Eucharistie et du Sacerdoce lorsque Jésus partagea son dernier repas avec ses apôtres ;  puis la Passion du Christ le Vendredi saint- jour qui rappelle que Jésus n’a pas fait semblant, que son arrestation, son agonie – c’est-à-dire son combat ultime en engageant tout son être, son corps et son esprit-  et sa mort sur la croix sont des actes vrais ; puis la Vigile pascale qui constitue le point central et l’aboutissement du Triduum car nous célébrons la Résurrection de Jésus, c’est-à-dire la victoire de l’amour sur la mort.

C’est donc le Temps pascal, le temps de joie et d’exultation qui s’ouvre devant nous et qui va se prolonger pendant une cinquantaine de jours pour se terminer avec la fête de la Pentecôte, fête du don de l’Esprit-Saint aux disciples du Ressuscité, mais aussi un événement qui a marqué la naissance de l’Eglise missionnaire.

Pendant tout ce temps, il s’agit bien entendu de la « Résurrection » du Christ qui nous rend heureux et joyeux et c’est ce que nous évoquons et revivons dans chaque célébration de l’Eucharistie.  Mais en même temps il y a notre joie, c’est-à-dire la joie de l’homme qui se sait désormais sauvé de la finitude et du néant après sa mort, car la résurrection de Jésus offre à l’homme une ouverture à la vie même de Dieu, et c’est cela sa destinée. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre le salut que Dieu nous donne par son Fils Jésus, « premier né d’entre les morts ».

Parlant justement du salut qu’il nous obtient, il faut rappeler que c’est à travers toute sa vie que le Christ nous sauve, une vie d’amour donné et offert de diverses manières aux hommes avant d’envoyer le signe ultime, celui du sacrifice de son corps et de sa vie sur une croix ! C’est une vie qui est passée par la souffrance et la mort certes, mais qui culmine dans la Résurrection, victoire de l’amour et de la vie sur la mort.

Mais pour moi il y a un autre élément qui attire toute mon attention quand je réfléchis sur cet heureux événement de la Résurrection : en célébrant notre foi au Christ Ressuscité, nous célébrons aussi et surtout la Foi de Jésus. « Nous célébrons la foi, c’est-à-dire la confiance totale et indéfectible de Jésus en son Père à qui il a rendu son Esprit en cette heure de confusion et d’obscurité sur le Golgotha et de qui il l’a

reçu à nouveau dans la lumière du Premier Jour ».

Pour moi tout cela devrait nous amener à prendre suffisamment conscience que croire en Jésus Ressuscité et en sa foi ne doit pas rester quelque chose d’abstrait ou quelque chose qui ne demande qu’une vague adhésion de notre cœur ! Croire en Jésus et sa foi c’est aussi croire comme Lui, c’est-à-dire travailler à la réalisation du Royaume qu’il a annoncé et qu’il est venu inaugurer.  

Après les premiers témoins de la résurrection qui ont vu et qui ont cru, le Christ Ressuscité lui-même est apparu à ses apôtres et le message clé des récits de ses apparitions est cette affirmation : « Il est vivant », « il est présent ».  Ce message vaut la peine d’être répété et répercuté encore aujourd’hui : même au sein de l’obscurité et des confusions de notre monde et de nos vies personnelles, il est présent et vivant et il nous appelle non seulement à ne jamais perdre foi en la vie, mais aussi à nous consacrer tout entiers à travailler à sa pleine et définitive victoire sur le Mal.

En définitive, nous pouvons dire que croire en la résurrection, c’est accepter de toujours recommencer, à créer du neuf, à créer de la vie, à sortir, c’est nous engager dans les chemins nouveaux qui s’ouvrent à nous, c’est être créateurs de nouveaux rapports humains, familiaux, sociaux, politiques…  Oui c’est aujourd’hui que nous pouvons sauver la vie de ce qui l’avilit, faire des choses bonnes et belles, des gestes généreux qu’on a envie d’éterniser…

Je souhaite à chacune et chacun, vous, membres de nos communautés paroissiales, de vivre intensément ce temps Pascal et d’entrer avec joie dans la dynamique de l’espérance qui nous tourne vers la vie. Soyons les acteurs de notre vie, éclairés par la foi, guidés par l’espérance, portés par la charité.

Redisons-le : « Christ est vraiment ressuscité, Alléluia » ! Par sa résurrection, il nous donne la vie.

Saintes et Joyeuses Fêtes Pascales à chacune et chacun.

Oscar MUREKEZI, votre curé.

La Semaine Sainte s’offre à nous.

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Feuillet du Dimanche des Rameaux

Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Avec le dimanche des Rameaux et de la Passion, s’ouvre la Grande Semaine, une semaine qui compte dans la vie des chrétiens. En ces jours, c’est l’ultime qui se joue, le plus décisif, le plus crucial. Semaine où tout se joue de la foi, de l’espérance, de l’amour aussi. De la foi, car ici, en ces jours mieux que jamais, Dieu se dit, Dieu se donne et se fait présent à nos vies, plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes et que notre choix d’être chrétien trouve ainsi toute sa cohérence. De l’espérance, car ici, en ces jours mieux que jamais, Dieu ouvre des brèches dans l’absurde de la souffrance et de la mort et fait renaître un printemps de vie nouvelle, notre choix d’être chrétien prend ainsi toute sa pertinence. De l’amour enfin, car ici, en ces jours mieux que jamais, Dieu manifeste sa passion pour l’homme et invite à entrer à notre tour dans la ronde de la tendresse et du pardon et que notre choix d’être chrétien prend ainsi toute sa densité.

Une semaine pour la foi, l’espérance et l’amour… Il s’en est fallu de quelques heures à peine pour passer d’un cortège à l’autre, des cris de triomphe aux cris de haine, des « Vive Jésus » aux « Mort à Jésus ». Ainsi le dimanche des Rameaux nous place-t-il devant un choix : pour ou contre ? De quel camp sommes-nous ? De ceux qui suivent Jésus ou de ceux qui s’enfuient ? De ceux qui l’aiment ou de ceux qui le rejettent. En ce sens, ce dimanche arrive à point nommé pour conclure notre carême : nous avons suivi Jésus et, comme les apôtres nous avons appris à le connaître, nous avons cherché à en percer le mystère… Une semaine autour de la croix ! La croix par laquelle nos péchés sont rachetés néanmoins une démarche personnelle nous est proposée dans le sacrement de la réconciliation, le mardi soir. Comme le fils prodigue nous pourrons nous jeter dans les bras de Notre Père aimant.

Cette démarche nous conduira jusqu’au triduum pascal qui commence par la messe Chrismale du mercredi soir à 18h à la cathédrale de Liège. Dans le prolongement du dimanche des rameaux nous sommes un peuple en marche à la suite de notre évêque qui durant la célébration consacrera le Saint Chrême, L’huile des catéchumènes et l’Huile des malades. Prêtre et diacres renouvelleront leur engagement prononcé lors de leur ordination. Une communauté rassemblée autour de la table c’est le Jeudi Saint où nous rencontrons Jésus serviteur lavant les pieds de ses disciples puis s’offrant dans le pain et dans le vin signe d’acceptation de sa passion mais aussi il manifeste l’accomplissement de son sacerdoce auquel les apôtres et leurs successeurs doivent « prendre part ». L’adoration nous rappelle cette prière au jardin des oliviers et nous conduira au début de la nuit du Vendredi Saint. Le Vendredi Saint est un jour qui appelle au Silence. Silence face au bois de la Croix qui porte le Salut du monde. Silence face au serviteur « qui était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme » nous dit la première lecture, silence face à Jésus, couronné d’épines que nous rapporte l’Evangéliste. Silence face à tant de douleurs. Silence du début à la fin ! Seul le silence nous permet d’entendre, dans les lectures du jour, le cri de l’homme défiguré et mis à mort.

Aboutissement de cette semaine : les mots du centurion ! Face à la croix, il proclame, comble du paradoxe : « Cet homme était Fils de Dieu ! ». Révélation ultime qui ne trouve son plein sens que devant la croix. Devant la croix dressée, le centurion fait la plus belle et la plus forte des professions de foi. A notre tour, en ces jours de Passion, nous proclamons notre attachement au Christ. Cette semaine conclut donc notre carême nous reposant la question de la foi. Pour toi, qui est Jésus ? Que dis-tu de lui ? Et puis surtout est-ce qu’il compte pour toi ? A-t-il une place dans ton cœur ? A-t-il une place dans ta vie ? Ami … mais jusqu’où ? La grande Semaine surplombe notre histoire comme la croix plantée sur la colline tout en haut, pour être vue de tous, de tous les lieux et de tous les temps. Car tous sont concernés par ce qui s’est passé là-bas, dans ce lieu précis, à ce moment précis mais qui récapitulait en eux tous les lieux et tous les temps, comme l’homme Jésus portant en lui le poids de tous.

Christian Ledy.

Notre offrande spirituelle pour ce Carême 2024. Méditation avec saint Pierre Chrysologue.

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Feuillet du 5ème Dimanche de Carême

Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Chers frères et sœurs dans le Christ, Mercredi des Cendres le 14 février 2024, nous entrions en Carême en priant Dieu de nous accorder de savoir commencer saintement, notre entraînement au combat spirituel. Nous avançons dans cet entraînement spirituel quadragésimal qui nous aide aussi à recentrer nos vies chrétiennes sur Jésus Christ et son Mystère pascal en développant ou en renouvelant notre relation interpersonnelle avec Lui. Où en sommes-nous avec les trois exercices concrets et pieux qui réalisent (rendent réel) notre Carême comme notre montée vers Pâques 2024 ? Saint Pierre Chrysologue (406-450) nous y partage le fruit mûr de sa méditation.

HOMÉLIE DE SAINT PIERRE CHRYSOLOGUE : prière, jeûne, partage.

« Il y a trois actes, mes frères, trois actes en lesquels la foi se tient, la piété consiste, la vertu se maintient : la prière, le jeûne, la miséricorde. La prière frappe à la porte, le jeûne obtient, la miséricorde reçoit. Prière, miséricorde, jeûne, les trois ne font qu’un et se donnent mutuellement la vie.

En effet, le jeûne est l’âme de la prière, la miséricorde est la vie du jeûne. Que personne ne les divise : les trois ne peuvent se séparer. Celui qui en pratique seulement un ou deux, celui-là n’a rien. Donc, celui qui prie doit jeûner ; celui qui jeûne doit avoir pitié ; qu’il écoute l’homme qui demande, et qui en demandant souhaite être écouté ; il se fait entendre de Dieu, celui qui ne refuse pas d’entendre lorsqu’on le supplie.

Celui qui pratique le jeûne doit comprendre le jeûne : il doit sympathiser avec l’homme qui a faim, s’il veut que Dieu sympathise avec sa propre faim ; il doit faire miséricorde, celui qui espère obtenir miséricorde ; celui qui veut bénéficier de la bonté doit la pratiquer ; celui qui veut qu’on lui donne doit donner. C’est être un solliciteur insolent, que demander pour soi-même ce qu’on refuse à autrui.

Sois la norme de la miséricorde à ton égard : si tu veux qu’on te fasse miséricorde de telle façon, selon telle mesure, avec telle promptitude, fais toi-même miséricorde aux autres, avec la même promptitude, la même mesure, la même façon.

Donc la prière, la miséricorde, le jeûne doivent former un patronage pour nous recommander à Dieu, doivent former un seul plaidoyer en notre faveur, une seule prière en notre faveur sous cette triple forme.

Ce que nous avons perdu par le mépris, nous devons le conquérir par le jeûne; immolons nos vies par le jeûne parce qu’il n’est rien que nous puissions offrir à Dieu de plus important, comme le prouve le Prophète lorsqu’il dit : le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; le cœur qui est broyé et abaissé, Dieu ne le méprise pas.

Offre à Dieu ta vie, offre l’oblation du jeûne pour qu’il y ait là une offrande pure, un sacrifice saint, une victime vivante qui insiste en ta faveur et qui soit donnée à Dieu. Celui qui ne lui donnera pas cela n’aura pas d’excuse, parce qu’on a toujours soi-même à offrir.

Mais pour que ces dons soient agréés, il faut que vienne ensuite la miséricorde. Le jeûne ne porte pas de fruit s’il n’est pas arrosé par la miséricorde ; le jeûne se dessèche par la sécheresse de la miséricorde ; ce que la pluie est pour la terre, la miséricorde l’est pour le jeûne. Celui qui jeûne peut bien cultiver son cœur, purifier sa chair, arracher les vices, semer les vertus : s’il n’y verse pas les flots de la miséricorde, il ne recueille pas de fruit.

Toi qui jeûnes, ton champ jeûne aussi, s’il est privé de miséricorde ; toi qui jeûnes, ce que tu répands par ta miséricorde rejaillira dans ta grange. Pour ne pas gaspiller par ton avarice, recueille par tes largesses. En donnant au pauvre, donne à toi-même ; car ce que tu n’abandonnes pas à autrui, tu ne l’auras pas. »

Chers frères et sœurs dans le Christ, prions instamment Dieu, qui répond à la pénitence en récompensant les justes et en pardonnant aux pécheurs, pour que cette méditation nous aide à un examen approfondi de conscience pour que les deux semaines qui restent jusqu’à Pâques 2024 nous soient le moment du salut, le moment favorable et profitable, pour réaliser Pâques (souffrir, mourir, et ressusciter avec Jésus Christ) en nos vies et en nos Eglises. Ainsi, nos prières, nos jeûnes, et nos partages, nos vies entières, deviendront une offrande spirituelle agréable à Dieu pour sa grande gloire et pour le salut du monde entier. Amen.

Abbé Déogratias Bahizi, vicaire.