Feuillets du 11 et 12 avril 2026
Immaculée Conception
Saint-Hubert
Sainte-Julienne
Chers Paroissiens, chers lecteurs,
La fête de la Divine Miséricorde que l’Eglise célèbre en ce premier dimanche après Pâques ou deuxième dimanche de Pâques clôt l’octave de Pâques, mettant en lumière la réconciliation apportée par le Christ ressuscité.
Juste pour rappel, cette fête a été instituée en 1985, tout d’abord pour l’Archidiocèse de Cracovie. Dix ans plus tard, en 1995, le Saint Père Jean Paul II l’a étendue sur tous les diocèses de Pologne et le 30 avril 2000, au deuxième dimanche de Pâques et le jour de la canonisation de sainte Faustine Kowalska (qui en est l’instigatrice à la demande de Jésus après lui avoir apparu)à Rome, le Souverain Pontife Jean Paul II l’a instituée pour l’Église universelle.
Le choix de ce dimanche pour instituer la fête de la Miséricorde Divine a une profonde motivation théologique parce que le Mystère de la Miséricorde Divine trouve son reflet dans la Passion, la mort et la Résurrection de Jésus-Christ et de ce fait, la Rédemption est inséparable du mystère de l’amour Miséricordieux de Dieu pour nous.
Vu que c’est en ce même dimanche qu’a lieu aussi la clôture solennelle des célébrations des baptêmes des catéchumènes là où ils en ont beaucoup et qu’en plus, l’Eglise proclame l’Evangile de l’institution du sacrement du pardon : « Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés ils lui seront remis » (Jn 20, 22-23), l’institution du dimanche de la Miséricorde Divine ce jour-là souligne la grandeur de la Miséricorde Divine témoignée aux hommes dans le sacrement du baptême et dans le sacrement de la Réconciliation.
Nous sommes donc toujours dans la joie de la fête de la résurrection du Christ. Même si la Résurrection est un terme qui n’a plus de sens aux yeux de la plupart de nos contemporains, pour nous les chrétiens, nous reconnaissons qu’il s’agit là d’une œuvre divine, l’action de Dieu réveillant son Fils de la mort, l’élève à sa droite et l’intronise comme Christ et Sauveur ! Nous reconnaissons que quand il s’agit d’une action divine, l’essentiel est souvent invisible à nos yeux et incompréhensible à la raison humaine !
C’est un temps de joie et d’exultation qui s’ouvre devant nous donc et qui va se prolonger pendant une cinquantaine de jour, ce qu’on appelle le temps pascal qui se termine avec lafête de la Pentecôte, fête du don de l’Esprit-Saint aux disciples du Ressuscité, mais aussi un événement qui a marqué la naissance de l’Eglise missionnaire.
Pendant tout ce temps, il s’agit bien entendu de la « Résurrection » du Christ qui nous rend heureux et joyeux et c’est ce que nous évoquons et revivons dans chaque célébration de l’Eucharistie. Mais en même temps il y a notre joie, c’est-à-dire la joie de l’homme qui se sait désormais sauvé de la finitude et du néant après sa mort, car la résurrection de Jésus offre à l’homme une ouverture à la vie même de Dieu, et c’est cela sa destinée. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre le salut que Dieu nous donne par son Fils Jésus, « premier né d’entre les morts ».
Parlant justement du salut qu’il nous obtient, il faut rappeler que c’est à travers toute sa vie que le Christ nous sauve, une vie d’amour donné et offert de diverses manières aux hommes avant d’envoyer le signe le plus extrême, celui du sacrifice de son corps et de sa vie sur une croix ! C’est une vie qui est passée par la souffrance et la mort certes, mais qui a culminé dans la Résurrection, victoire de l’amour et de la vie sur la mort.
Mais pour moi il y a un autre élément qui attire toute mon attention quand je réfléchis sur cet heureux événement de la Résurrection : en célébrant notre foi au Christ Ressuscité, nous célébrons aussi et surtout la Foi de Jésus. « Nous célébrons la foi, c’est-à-dire la confiance totale et indéfectible de Jésus en son Père à qui il a rendu son Esprit en cette heure de confusion et d’obscurité sur le Golgotha et de qui il l’a reçu à nouveau dans la lumière du Premier Jour ».
Pour moi tout cela devrait nous amener à prendre suffisamment conscience que croire en Jésus Ressuscité et en sa foi ne doit pas rester quelque chose d’abstrait ou quelque chose qui ne demande qu’une vague adhésion de notre cœur ! Croire en Jésus et sa foi c’est aussi croire comme Lui, c’est-à-dire travailler à la réalisation du Royaume qu’il a annoncé et qu’il est venu inaugurer.
En définitive, nous pouvons dire que croire en la résurrection, c’est accepter de toujours recommencer à créer du neuf, à créer de la vie, à sortir de nos tombeaux, c’est nous engager dans les chemins nouveaux qui s’ouvrent à nous, c’est être créateurs de nouveaux rapports humains, familiaux, sociaux, politiques… Oui c’est aujourd’hui que nous pouvons sauver la vie de ce qui l’avilit, faire des choses bonnes et belles, des gestes généreux qu’on a envie d’éterniser…
Ce message vaut la peine d’être répété et répercuté encore aujourd’hui : même au sein de l’obscurité et des confusions de notre monde, même au sein de l’obscurité de nos vies personnelles, il est présent et vivant et il nous appelle non seulement à ne jamais perdre foi en la vie, mais aussi à nous consacrer tout entiers à travailler à sa pleine et définitive victoire sur le Mal.
Comme chaque année au mois d’Avril je vous invite à avoir aussi une pensée particulière au Peuple Rwandais et à toute la Communauté Rwandaise de la diaspora qui commémorent pour la 32ème année le génocide des Tutsi et le massacre de beaucoup d’autres victimes innocentes de la barbarie de l’homme ; particulièrement à tous les survivants de ce drame qui ont toujours difficile à s’en remettre aujourd’hui.
Je souhaite à chacune et chacun un très joyeux et saint Temps Pascal bien rempli de grâces et d’entrer avec joie dans la dynamique de l’espérance qui nous tourne vers la vie. Soyons les acteurs de notre vie, éclairés par la foi, guidés par l’espérance, portés par la charité.
Redisons-le encore et encore : « Christ est vraiment ressuscité, Alléluia » ! Par sa résurrection, il nous donne la vie.
Oscar MUREKEZI, votre curé.