


la messse du 3ème dimanche de Pâques
les lectures du 3ème dimanche de Pâques
En ce temps difficile que nous traversons, nous avons beaucoup de questions qui nous préoccupent, des questions qui viennent à notre esprit : A quoi vont ressembler nos relations quotidiennes (entre voisins, en famille, au travail, à l’école…) après le coronavirus ? Quelle sera notre vie en société ? En communauté chrétienne ? On ne sait pas trop ! Difficile d’y répondre ! Tout comme il était difficile aux premiers disciples de reprendre la route après la mort de Jésus, de comprendre le sens de tous ces événements.
« De quoi parliez-vous donc tout en marchant ? » C’est au cœur de nos préoccupations que le Seigneur vient nous rejoindre, il veut marcher à nos côtés. A la suite des disciples d’Emmaüs, laissons-nous donc rejoindre par le Christ, par sa présence qui rend nos cœurs brûlants de foi et avec lui, reprenons confiance. Nous sommes invités à vivre ce moment en Sa présence. Puissions-nous l’accueillir d’une manière toute particulière.
C’est unique depuis la Passion du Christ ! Des dames ont perçu un tombeau vide ! Mais ont surtout perçu la présence vivante de Jésus de Nazareth et elles ont cru au Christ Fils de Dieu Sauveur. Elles ont recueilli MARIE sa mère, Mère de Dieu, Mère du Sauveur. Celle-là même qu’ici à Banneux s’est présentée souriante et consolante. Une Belle-Dame pour l’enfant Mariette. Elle se présente, VIERGE DES PAUVRES réservant une source pour elle, pour les malades, pour toutes les nations. Elle reviendra et soulagera l’enfant de sa souffrance. Nous y croyons et nous venons en pèlerinage …
MAIS que peut être notre désir de ce pèlerinage ? Il est mis à mal ! Cette étrange année 2020 sera-t-elle une année de non-pèlerinage ? Nous serons solidaires au CONFINEMENT QUI EST LE SORT DE TOUTES NATIONS.
Une décision prise par l’équipe responsable et qui s’aligne aux impositions du gouvernement belge dont la suppression de tous grands rassemblements d’ici le 31 août et au choix unanime de quasi tous les TRIDUUM.
Ecrit par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux
https://pierrealainlejeune.wixsite.com/monblog/blog
Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?
Après ? Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche.
Après ? Ceux qui habiteront sous le même toit, passeront au moins 3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin. Et nous appellerons cela la famille.
Après ? Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour. Et nous appellerons cela la sagesse.
Après ? Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’Etat, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain. Et nous appellerons cela la gratitude.
Après ? Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter. Et nous appellerons cela la patience.
Après ? Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école. Et nous appellerons cela la fraternité.
Après ? Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Et nous appellerons cela la justice.
Après ? Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains. Et nous appellerons cela l’humanité.
Après ? Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie, nous l’appellerons Dieu.
Après ? Après ce sera différent d’avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique. Car il n’y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s’accomplit au cœur de l’épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n’existe pas de mot.







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