Rafraichissement cultu(r)el

Infos de la semaine


Ce vendredi, nous pourrons profiter d’un de nos derniers congés liés à une fête catholique. Je veux bien sûr parler de l’Assomption.
De nombreux lieux pas très loin de chez nous, sont consacrés à la Vierge Marie.
Dans notre Unité Pastorale, les deux églises pourront fêter leur Sainte Patronne.
Le jeudi 14 août à 16h à l’Immaculée Conception de Mangombroux et le vendredi 15 août à 10h à Marie-Médiatrice.
Dans les éditos des années précédentes, je vous parlais des fêtes liées à Marie ou de l’explication des noms des deux églises de notre Unité Pastorale.
Cette année, pour ne pas me répéter, je vous propose de découvrir les deux Saints qui seront fêtés ces deux prochains dimanches.
17 août : Saint Hyacinthe.
Hyacinthe naît en Silésie vers 1190.
Prêtre et chanoine de Cracovie, il rencontre saint Dominique à Rome qui vient de fonder le nouvel Ordre des Prêcheurs. Il est alors désigné pour aller établir l’Ordre dominicain en son pays natal.
Il avait une grande réputation de prédicateur, de missionnaire et aussi de faiseur de miracles.
Des témoins rapportaient à son sujet des prodiges étonnants comme la traversée de la Vistule, accompagné de son frère dominicain Ceslas. Il utilisait son manteau comme embarcation alors qu’il portait l’Eucharistie et une statue de la Vierge Marie.
Différentes histoires parlent aussi d’une fuite de Kiev devant les Tartares lors de laquelle il emporta le Saint Sacrement et une statue de la Vierge.
Il est représenté avec deux attributs : un calice dans une main et une statue de la Vierge dans l’autre.
Il serait mort le 15 août 1257, mais le 15 août étant la fête de l’Assomption, il est fêté le 17 août.
Il est invoqué contre les noyades et les périls de l’eau.
Si certains d’entre vous vont à Lourdes, sa statue serait présente sur la rampe du côté de la porte Saint-Joseph dans le sanctuaire de Notre Dame de Lourdes. Merci de mener l’enquête pour moi…
24 août : Saint Bartholomée.
Bartholomée ou Barthélémy est l’un des douze apôtres choisi par Jésus. Les textes bibliques reprenant l’histoire du choix des apôtres mentionnant son prénom peuvent être retrouvés dans les trois Evangiles synoptiques (Mt 10:2-3; Mc 3:16-19 et Lc 6:13-16). Dans l’Evangile de Saint Jean, Barthélémy n’en fait pas partie.
Sa vie est peu connue. Il serait parti évangéliser après la Pentecôte du côté des Indes orientales, la Mésopotamie ou la Perse.
Il serait mort en martyr en Arménie et y aurait laissé un exemplaire de l’Evangile selon Saint Matthieu en hébreux.
Il aurait subi de nombreuses souffrances avant d’être écorché vif.
Il peut être représenté avec plusieurs attributs : la dépouille de sa peau, le couteau qui a servi au supplice et/ou un livre représentant l’Evangile.
Il est invoqué pour ceux qui souffrent de maladie de peau.
Il est le Saint Patron des bouchers et des métiers en rapport avec le cuir ou qui utilisent des outils de coupe.
Il est présent dans la fresque représentant le Jugement Dernier de Michel Ange en plein centre de la peinture. Elle se trouve sur le mur de la chapelle Sixtine à Rome.
(sources : « Jour du Seigneur » et diverses lectures).
A bientôt
Isabelle Lamblotte
Assistante paroissiale

FÊTONS LES SAINTS APÔTRES PIERRE ET PAUL

Infos de la semaine

Feuillet des 28 et 29 juin : Saints Pierre et Paul apôtres
Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Chers paroissiens, chers lecteurs,

Nous voici à la fin de cette année scolaire que nous bouclons en fêtant deux grandes figures dans la vie de l’église naissante, Saints Pierre et Paul, et puis par la suite, deux grandes figures dont le témoignage de vie missionnaire et apostolique a marqué et fortifié la vie de l’Eglise universelle jusqu’aujourd’hui. Mais, qui sont vraiment ces deux hommes pour l’Eglise et pour nous aujourd’hui ?

Bien qu’ils soient les deux piliers de l’Eglise, Pierre et Paul sont deux hommes complètement différents mais dont le dénominateur commun est le même amour du Christ qui a animé leurs vies, ce qui leur a valu aussi de mourir martyrisés pour leur foi tous les deux à Rome.  A l’époque de Constantin, on a érigé deux basiliques sur le lieu de leur martyre à Rome.

Ceux qui ont eu l’occasion de faire un pèlerinage à Rome ont certainement vu leurs statues monumentales notamment à la basilique Saint-Pierre et sur la Place Saint Pierre pour garde vive leur mémoire ; Pierre représentant les douze Apôtres que Jésus s’étaient choisis durant son ministère terrestre et Paul tous ceux qui furent appelés par la suite à être les témoins du Christ. Ces statues sont importantes car Pierre et Paul sont les saints patrons de Rome. Les pèlerinages aux tombeaux de saint Pierre et saint Paul ont fait partie de la vie de l’Église et se continuent aujourd’hui. Il y en a qui ne le savent pas, normalement à tous les cinq ans les évêques doivent faire ce pèlerinage qu’on appelle « Ad limina Apostolorum » – littéralement « Au seuil des basiliques des apôtres » – pour montrer qu’ils se rattachent directement à ces deux colonnes de l’Église et que, comme eux, ils sont prêts à donner leur vie pour le Christ, à être « offerts en sacrifice » (2 Timothée 4, 6).

Deux figures très différentes aussi parce que quand il a été appelé, Pierre était un pêcheur qui passait ses journées entre les rames et les filets ; un simple pêcheur de Galilée, sans doute sans aucune autre culture que celle que l’on pouvait recevoir en écoutant les enseignements donnés au cours des services liturgiques à la synagogue du village. Quant à Paul, tout en étant Juif, il était aussi citoyen romain de par sa naissance. Né à Tarse, Il est un jeune juif très cultivé. Il avait reçu la meilleure formation intellectuelle qu’on pouvait alors recevoir.

Il faut aussi souligner le fait que Pierre avait vécu avec le Christ durant toute la durée du ministère public de Celui-ci, mais Paul n’avait rencontré le Christ que sur le chemin de Damas, dans une vision, alors qu’il allait persécuter les Chrétiens.  Paul avait un tempérament fougueux, et n’était pas d’un commerce facile ; Pierre, avec sa grande spontanéité, qui lui faisait faire bien des gaffes, avait aussi la simplicité qui en faisait un chef que l’on ne craignait pas. 

Lorsqu’ils partirent en mission, Pierre s’adressa aux juifs, Paul aux païens. Et quand leurs chemins se sont croisés, ils discutèrent de façon vive.  Pierre et Paul eurent leurs moments de friction et d’explication et surent diverger d’opinions mais ils restèrent toujours unis dans l’amour du même Christ que l’un et l’autre aima jusqu’à accepter la mort du martyre.   

Comme quoi la foi n’est pas une simple attitude intérieure du cœur, encore moins un simple acquiescement de l’esprit.  Elle doit se dire.  Et elle doit se dire aussi bien en paroles qu’en actes. En réponse à la question de Jésus, Pierre confesse de bouche sa divinité : « Tu es le Messie, le fils du Dieu vivant. »  Plus tard il confessera Jésus par toute sa vie et, finalement, par sa mort.

Pierre et Paul étaient donc deux personnes des plus différentes, mais ils se sentaient frères, comme dans une famille unie, où on discute souvent mais où on s’aime toujours. Cependant la familiarité qui les liait ne provenait pas des inclinations naturelles, mais du Seigneur. Il ne nous demande pas de nous plaire, mais de nous aimer. C’est lui qui nous unit, sans nous uniformiser. Il nous unit dans nos différences. Disons que comme au temps de Pierre et Paul, le Seigneur compte sur notre foi et c’est sur cette foi qu’il veut continuer à construire et faire vivre son Eglise. En tant qu’adultes baptisés et confirmés, avec l’intercession de Pierre et Paul, nous pouvons demander au Seigneur de ranimer notre foi pour en être les témoins crédibles dans le monde d’aujourd’hui.

Mais ayons aussi une pensée à tous les ministres ordonnés. Par cette ordination, ils acceptent de  devenir serviteurs de la Parole, ministres de l’Eucharistie (Prêtres), des sacrements et serviteurs du peuple de Dieu. Comme Pierre et Paul, ils sont appelés à être témoins de ce qu’ils prêchent. Ils participent à la mission du Christ qui est de donner Dieu au monde et le monde à Dieu. Je sais que bien souvent la peur de ne pas être à la hauteur freine notre ardeur et notre élan missionnaires. Grosse erreur de perspective ! Ce n’est pas sur nous-mêmes qu’il faut compter, mais sur Jésus. À nous de lui faire suffisamment confiance et de le laisser agir en nous.

Que ce temps d’été, de vacances et de repos pour certains nous aide à nous rappeler que le Seigneur souhaite sans cesse entrer dans notre vie pour en être le Maître pour toujours comme celle de Pierre et Paul. Puissions-nous lui ouvrir la porte de notre cœur pour qu’il entre et règne en nous au point de dire comme Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ! » (Gal 2,20)

Bonnes vacances à ceux qui comptent en prendre !

Oscar MUREKEZI, votre curé

Fête de la Pentecôte

Infos de la semaine

Feuillets du dimanche de Pentecôte

Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Saint-Hubert

Chers amis,

En cette fête de la Pentecôte, nous nous souvenons avec joie de la venue de l’Esprit Saint sur les apôtres, un événement qui a donné naissance à l’Église. Mais la Pentecôte, ce n’est pas seulement un souvenir du passé : c’est une fête vivante qui nous rappelle que l’Esprit Saint est toujours à l’œuvre parmi nous et en nous.

Il nous est plus naturel de voir dans Dieu le Père et le Fils des personnes proches de nous, du fait que les mots – père, fils – évoquent spontanément des relations humaines et concrètes. Mais il est parfois plus difficile de percevoir l’Esprit Saint de la même manière, car il nous est généralement présenté à travers des symboles comme le vent, le feu ou la colombe. Pourtant, l’Esprit Saint est bel et bien une personne divine, avec qui nous pouvons avoir une relation vivante, de prière, de dialogue intérieur, d’amitié spirituelle.

L’Esprit Saint joue un rôle essentiel dans la vie de chaque croyant. Il est ce compagnon fidèle qui nous apporte la sagesse, la paix et le courage nécessaires pour vivre notre foi de manière authentique et rayonnante. Par exemple, dans les moments de doute ou de difficulté, c’est l’Esprit qui murmure à notre cœur des paroles de paix, nous invitant à la confiance et à l’espérance. Il apaise notre esprit et nous recentre sur la présence aimante de Dieu, nous redonnant ainsi la sérénité dont nous avons besoin. 

L’Esprit Saint est aussi celui qui nous unit en communauté, nous donnant des charismes variés pour le service des autres et pour le bien de l’Église. Par exemple, c’est l’Esprit qui inspire un paroissien à lancer un groupe de prière ou un service de solidarité, créant ainsi des liens fraternels et renforçant notre unité dans la diversité.

Enfin, l’Esprit nous pousse à être des témoins joyeux de l’Évangile, en nous inspirant des actions de charité, de justice et de paix. C’est lui qui anime un jeune à s’engager dans une action sociale, un projet missionnaire, ou même à consacrer sa vie, devenant ainsi un véritable artisan de la mission du Christ dans son entourage. Ainsi, l’Esprit Saint ne fait pas que nous rassembler : il nous envoie en mission.

C’est pourquoi, en ces jours de la Pentecôte, prenons le temps d’écouter ses inspirations. Chacun de nous est invité à discerner ses talents et à les mettre au service de notre Unité Pastorale, chacun selon sa propre manière et ses disponibilités. Cela peut se traduire par une implication dans un service paroissial, la participation à une initiative caritative, ou encore l’engagement au sein de l’équipe pastorale.

Cet engagement ne sera pas simplement un service rendu, mais une véritable réponse à l’appel de l’Esprit, qui nous invite à devenir des membres actifs et vivants d’un même corps, plutôt que de simples spectateurs ou récepteurs. C’est en répondant à cet appel que nous bâtissons une Église plus fraternelle, où chacun trouve sa place et contribue à la mission commune. 

En cette fête de la Pentecôte, accueillons l’Esprit Saint qui nous appelle à être des membres vivants et engagés dans l’Église. Que ce temps soit l’occasion pour chacun d’ouvrir son cœur à cette présence divine et vivifiante, de se laisser renouveler intérieurement et de raviver son engagement envers les autres. Unis dans un même Esprit, nous formons un seul corps au service de l’Évangile, pour la gloire de Dieu.

Ensemble, avançons avec confiance, guidés par l’Esprit, pour grandir en communion et en mission.

Père Jad-Élia Nassif.

Un pas dans l’Espérance : 7ème Dimanche de Pâques

Infos de la semaine

 L’Apocalypse…, malgré les tribulations présentes, Dieu est souverain et son plan s’accomplira. »

« Voici que je viens sans tarder, et j’apporte avec moi le salaire que je vais donner à chacun selon ce qu’il a fait. Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs vêtements : ils auront droit d’accès à l’arbre de la vie et, par les portes, ils entreront dans la ville. »
(Apocalypse de saint Jean 22, 12-14)

L’Apocalypse de saint Jean, dernier livre du Nouveau Testament, est souvent perçue comme un texte apocalyptique plein de visions terrifiantes et de jugements divins. Cependant, au-delà de ses images dramatiques, il porte un message profond d’espérance pour les chrétiens. Il est écrit dans un contexte de persécution, offrant une promesse de rédemption et de victoire finale sur le mal. L’Apocalypse assure aux croyants que, malgré les tribulations présentes, Dieu est souverain et son plan s’accomplira. Ainsi l’Apocalypse encourage les fidèles à persévérer dans la foi, en leur rappelant que les souffrances actuelles ne sont que temporaires face à la gloire éternelle promise. En somme, l’Apocalypse de saint Jean est un texte qui, tout en décrivant des temps difficiles, réaffirme la certitude de l’espérance chrétienne de la victoire du bien sur le mal. Disons que « la Parole que Dieu nous a adressée en ce dimanche éveille en nos cœurs le désir de sa présence, de sa vie, de son amour. L’exemple d’Etienne (1er lecture) nous dit la force que peut avoir la foi dans une vie, jusqu’au témoignage suprême du martyre… C’est l’occasion de nous demander quelle st notre foi, et jusqu’où nous sommes capables d’aller, dans nos choix, pour le Seigneur… Avec les paroles de Jean dans l’Apocalypse (2e lecture), c’est toute une dimension de notre prière qui est soulignée : notre attente du retour du Christ.

Lorsque nous prions le Seigneur, au moment de l’anamnèse, en lui disant, « Viens, Seigneur Jésus », est-ce que nous le désirons vraiment ? Qu’est-ce que cela change dans notre manière de vire, de penser, d’aimer les autres ?

« Car c’est bien d’amour qu’il s’agit, comme Jésus le rappelle dans l’Evangile. On ne peut désirer le Seigneur qu’en désirant aimer comme lui ; c’est pourquoi l’Eucharistie, qui nous donne son amour, est à vivre tout au long de la semaine, pour partager cet amour à tous ceux que nous rencontrons sur nos chemins… Et cela, nous ne pouvons le faire qu’avec la force de son Esprit. Cette semaine, dans la prière, demandons avec insistance l’Esprit Saint. »

Seigneur, mon Dieu, je ne sais pas où je vais Seigneur, mon Dieu, je ne sais pas où je vais, je ne vois pas la route devant moi, je ne peux pas prévoir avec certitude où elle aboutira. Je ne me connais pas vraiment moi-même et, si je crois sincèrement suivre ta volonté, cela ne veut pas dire que je m’y conforme. Je crois cependant que mon désir de te plaire te plaît. J’espère avoir ce désir au cœur en tout ce que je fais, et ne jamais rien faire à l’avenir sans ce désir. En agissant ainsi, je sais que tu me conduiras sur la bonne route, même si je ne la connais pas moi-même. Je te ferai donc toujours confiance, même quand j’aurai l’impression que je me suis perdu et que je marche à l’ombre de la mort. Je n’aurai nulle crainte car tu es toujours avec moi et jamais tu ne me laisseras seul dans le péril. » Thomas MERTON, cistercien (1915-1968)
 

Oscar MUREKEZI, votre curé

Un pas dans l’Espérance… : 6ème Dimanche de Pâques 25 mai 2025

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Que d’espérance dans les lectures de ce jour ! Cette vision de la nouvelle Jérusalem, habitée par la gloire – càd le poids de la présence – de Dieu, illuminée de l’intérieur par l’Agneau immolé et vainqueur de la mort (Ap 21, 10-14.22-23). Et ces promesses de Jésus à ses disciples peu avant sa mort : « Si quelqu’un m’aime, mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui… et, chez lui, nous nous ferons une demeure… L’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit… Je m’en vais, et je reviens vers vous. » Au cœur de cette espérance, un don, au présent : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix… » (Jn 14, 23-29)
 

Comment peux-tu parler de ta paix, comment peux-tu donner ta paix, Jésus, alors que dans quelques heures tu vas souffrir et mourir ? Que tu offres ta paix le soir de Pâques, Ressuscité, cela nous étonne moins, mais maintenant, au seuil de ta passion, c’est surprenant ! Comment peux-tu inviter tes disciples à la confiance, et même à la joie, alors que tu leur annonces ta mort ? Sans doute parce que tu vis déjà la promesse que tu leur fais, l’espérance que tu nous ouvres… Tout l’évangile de saint Jean nous le montre : tu as gardé la parole du Père et tu la portes à tes amis, tu te sais infiniment aimé par ton Père, tu demeures en lui et lui demeure en toi… Alors, tu peux vivre ta mort comme en passage vers le Père, un retour à la source de ton être, un retour à Celui qui t’a envoyé et vers qui tu étais tourné dès le commencement (cf. Jn 1,1) Enracine ta Parole en nos cœurs pour qu’elle nous fasse vraiment vivre. Que ton Esprit nous la rappelle aux heures où nous avons besoin d’un appui pour traverser la souffrance, la peur, la mort, le deuil… Qu’elle soit alors l’ancre de notre Espérance… Viens demeurer en nous et donne-nous de nous ouvrir de plus en plus à ta présence. Sois notre lumière intérieure, la mystérieuse joie pascale capable de cohabiter avec les ténèbres… Sois notre paix…

Depuis que Jésus a promis cette paix, depuis que les apôtres l’ont abondamment certifiée, le monde en a vu de ces conflits, de ces guerres, de ces conflagrations, toutes plus sanglantes les unes que les autres. La promesse de Jésus serait-elle une illusion ? Or, il se fait que ce même Jésus nous a aussi promis des conflits et des guerres, autant que la grâce et la paix : « On se dressera nation contre nation et royaume contre royaume […] » La paix promise par Jésus ne supprimera pas les conflits, mais pour ses disciples, elle changera leur façon de les subir. Jésus ajoute, en effet : « Lorsque vous entendrez parler de guerres, ne vous effrayez pas. » […] Cette paix qu’il promet, il l’a appelée « ma » paix, c’est-à-dire sa paix à lui ; et il ajoute on ne peut plus clairement, pour la distinguer de l’autre : « Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. » Cette différence est d’abord dans le fait qu’elle est une réalité intérieure au disciple de Jésus : elle est d’abord au-dedans de lui. Ce n’est qu’après coup, une fois qu’il l’aura repérée dans son cœur, qu’elle pourra éventuellement rayonner à l’extérieur, sur des événements sur lesquels les croyants ont généralement peu de prise. Tout comme le royaume de Jésus n’est pas de ce monde, mais qu’il est « au-dedans de vous », dit Jésus à ses disciples, ainsi la paix de Jésus est au cœur de ses disciples, elle est un trésor caché qui attend d’être découvert.

Dom André LOUF, L’homme intérieur. Au cœur de l’expérience spirituelle chrétienne, Paris, Salvator, 2021, pp. 59-60

En 1942, Etty Hillesum, juive d’Amsterdam qui jouit encore d’une semi-liberté, écrit dans son journal intime : La vraie spoliation c’est nous-mêmes qui nous l’infligeons. Je trouve la vie belle et je me sens libre. En moi des cieux se déploient, aussi vastes que le firmament. Je crois en Dieu et je crois en l’Homme, j’ose le dire sans fausse honte. La vie est difficile mais ce n’est pas grave […] Si la paix s’installe un jour, elle ne pourra être authentique que si chaque individu fait d’abord la paix en soi-même, extirpe tout sentiment de haine pour quelque race ou quelque peuple que ce soit, ou bien domine cette haine et la change en autre chose, peut-être même à la longue, en amour – ou est-ce trop demander ? C’est pourtant la seule solution. […] Je suis une femme heureuse et je chante les louanges de cette vie, oui, vous avez bien lu, en l’an de grâce 1942, la énième année de la guerre. […] Notre unique obligation morale, c’est de défricher en nous-mêmes de vastes clairières de paix et de les étendre de proche en proche, jusqu’à ce que cette paix irradie vers les autres. Et plus il y a de paix dans les êtres, plus il y en aura aussi dans ce monde en ébullition.

Etty HILLESUM, Une vie bouleversée, Paris, Seuil (Points), 1995, pp. 132-133 et 227

Pour vous,

Oscar MUREKEZI, votre curé.