Chers paroissiens, chers lecteurs,
L’évangile de ce dimanche nous invite aussi à regarder dans deux directions opposées : vers le haut et vers le bas, vers les grands et vers les tout-petits ! Au travers des mots de Jésus parlant à son père, je perçois comme l’agacement d’un homme se heurtant à l’incompréhension des grands devant les choses belles et simples de sa prédication.
Sur les routes de Galilée, Jésus est suivi, écouté, et attendu par la foule des petits et des pauvres pour qui le message de la Bonne Nouvelle ouvre des chemins d’avenir. Des chemins que les grands, les sages et les puissants décrivent comme des chemins de perversion : pour eux Jésus n’est qu’un agitateur de foules, quelqu’un de dangereux pour le peuple. Mais Jésus poursuit sa mission, guérissant les malades, relevant les boiteux, ouvrant les yeux de l’aveugle. Bénissant son Père, Jésus ne cesse de rendre grâce pour ces tout-petits qui l’accueillent, s’ouvrent à sa parole, et à travers lui apprennent à mieux connaître le Père qui l’a envoyé.
Des petits, des tout-petits, nous en connaissons tous, et nous en croisons. En les écoutant et en partageant avec eux, je suis toujours étonné de la fraîcheur, de la simplicité et de la vérité des mots et des paroles. Petits et tout-petits, ceux-là même que Jean- Paul II appelait, avec une étonnante tendresse, les « oubliés de la vie » ont cette étrange capacité de nous révéler le visage de Dieu. Sans doute ont-ils, bien avant nous, perçu combien Jésus quand il invite à porter son joug, désire la paix et la joie pour celles et ceux qui lui emboîtent le pas. Sa loi est une loi d’amour qui ouvre le chemin du Royaume. « Je n’ai de repos qu’en Dieu seul !» dit le psalmiste.
A propos de fardeau, certains, autour de nous (ou parfois nous-mêmes), connaissent une vie « à faire pleurer les cailloux », tant elle est difficile à vivre, tant se multiplient les accidents, les maladies. Au point qu’il nous arrive de parler du « fardeau » de la vie.
Peut-être nous plaignons-nous un peu rapidement, lorsque nous arrive un événement pénible, que nous subissons et jugeons immérité. Peut-être certains, à tout âge et surtout à l’âge mûr, considèrent-ils l’existence elle-même comme pesante, accablante. Elle n’aurait pas de sens, pas d’horizon. L’homme serait « condamné » à vivre !
A tous ceux-là, à chacun de nous, le Christ ose dire que, si fardeau il y a, ce « fardeau est léger ». Pourtant, la rumeur parle de tous ces interdits qui alourdiraient la conscience des chrétiens. Jésus lui-même a protesté contre ceux qui « mettent des charges pesantes sur les épaules des hommes, alors qu’eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt » (Mt 23, 4).
Le secret du Christ semble clair : ce n’est pas la loi, le droit, qui orientent seuls nos comportements, c’est l’amour. Saint Augustin traduit justement : « quand on aime, point l’on peine. Et si on peine, on aime sa peine. » Vivre selon le Christ, c’est apprendre à aimer. Et l’amour est joie !
Pour vous,
Oscar MUREKEZI, votre curé