Feuillets du 24 et 25 octobre 2026
Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Saint-Hubert
Sainte-Julienne
Chers Paroissiens, chers lecteurs,
Le week-end prochain nous sommes déjà en Novembre, le mois dans lequel nous entrons avec la grande Fête liturgique de TOUSSAINT le 01 Novembre, suivi de la Commémoration de Tous les Fidèles Défunts le jour suivant, le 02 Novembre. Quand on parle de « Saint » ou de « Sainteté, chacun essaie de se faire une idée sur ce qu’est un saint ou une sainte, mais j’ignore si nous avons suffisamment conscience que nous sommes tous appelés à la sainteté et que celui qui nous y appelle n’est autre que le « Dieu-Saint !»
A ce sujet, je comprends parfaitement la remarque de ceux qui disent que « Tout le monde ne peut pas être un saint ! « , comme pour s’excuser de ne pas en être un. Ils ont totalement raison mais en même temps, il faut bien rappeler que tout le monde est capable de se mettre en marche vers la sainteté ! Et comment ?
Tout d’abord, il faut bien savoir que pour se mettre en route vers la sainteté, il n’est pas demandé d’accomplir des choses extraordinaires, d’entrer par exemple dans les ordres et mener une vie religieuse, de devenir moine ou moniale, d’avoir eu des apparitions de la Vierge Marie ou de Jésus lui-même, pas besoin d’être une célébrité ou une sommité… Non, tout cela n’est pas nécessaire. C’est plutôt à travers les circonstances les plus ordinaires de la vie que chacun peut se mettre en route vers la sainteté, en famille, dans le travail, dans les loisirs, dans le quartier où l’on habite…tout simplement en faisant toutes choses, si simples soient-elles, par amour pour Dieu et par amour pour les autres. Et cela, on en est tous capables, bien entendu avec la grâce de Dieu qui ne nous manque jamais.
Ensuite, il est important de ne pas confondre « sainteté » et « perfection ». D’ailleurs il y a un proverbe qui le dit bien : « La perfection n’est pas de ce monde ». Ceci pour nous faire comprendre que c’est impossible d’être parfait et de n’avoir aucun défaut. Tout le monde à ses qualités mais aussi ses défauts. Même tous les saints et saintes que nous connaissons, que nous aimons et vénérons, chacune et chacun d’eux avait ses défauts, ses faiblesses, ses moments de révolte ou de colère…donc ils n’étaient pas parfaits. Alors être en marche vers la sainteté, c’est, chaque fois qu’on retombe dans ses pauvres petits péchés quotidiens, avoir l’humilité de le reconnaître, puis se relever bien vite avec l’aide et le pardon de Dieu, et repartir confiants dans la voie du don de soi au Seigneur et aux autres.
Mais sur cette route de l’amour de Dieu et des autres, il faut rester très prudent pour ne pas se laisser piéger. De quels pièges s’agit-il ? L’amour de l’argent, la recherche de son confort personnel au détriment des autres, L’égoïsme et l’indifférence à l’égard des autres, la tentation de la violence et de la rancune, la peur de l’engagement au service de la justice… En fait, toutes les béatitudes de l’évangile qui nous est proclamé chaque année à la Toussaint pourraient se résumer en une seule : « Heureux ceux qui ne se laissent pas piéger sur la route du royaume des cieux, sur la route de l’amour ! » En réalité, les béatitudes nous rappellent que pour Jésus, l’amour, ce n’est pas une affaire de sentiments, mais d’actes. Autrement dit, aimer, c’est s’oublier un peu pour le bien-être des autres aussi et partager avec eux ; aimer, c’est être sensible aux peines des autres et savoir pleurer avec eux ; aimer, c’est avoir faim et soif de la justice et donc se battre contre toutes les injustices d’aujourd’hui ; aimer, c’est pardonner, se réconcilier, refaire la paix ; aimer, c’est s’engager et se compromettre, jusqu’à se faire mal voir, au besoin, pour bâtir un monde plus juste, plus tolérant, plus fraternel, plus respectueux de l’autre. Oui, heureux tous ceux qui aiment ainsi, c’est de cette manière-là que Jésus nous aime et qu’on est en marche vers la sainteté. C’est donc possible de devenir des saints, même si nous avons des défauts, car nous pouvons toujours nous relever.
C’est possible de devenir des saints, même si nous sommes capables du pire à certains jours, car, avec l’aide de Dieu, nous restons toujours aussi capables du meilleur. C’est possible de devenir des saints, même si nous sommes des gens très ordinaires, car le Seigneur est capable de faire des merveilles avec les gens les plus ordinaires. Mais pour cela, il ne faut pas nous laisser piéger.
C’est vrai que quand on suit ce qui se passe dans notre monde, toutes les horreurs que nous apprenons chaque jour, on finit par penser que le mal et la violence régissent le monde. Il faut qu’en nous voyant on puisse se dire : des gens en marche vers la sainteté, ça existe ! Des familles unies où l’on s’aime entre époux et entre parents et enfants, ça existe ! Des quartiers où l’on est toujours prêts à ouvrir sa porte à un voisin en difficulté, ça existe ! Des lieux de travail où il y a de l’entraide et de la solidarité, ça existe ! Des communautés chrétiennes accueillantes, chaleureuses et fraternelles, ça existe !
Disons qu’il n’y a pas que du mal et de la violence dans le monde d’aujourd’hui. Il y a aussi beaucoup de bien, beaucoup d’amour, beaucoup de gens semeurs de lumière et d’amitié, beaucoup de gens qui sont source d’espérance et de confiance dans l’avenir. L’avenir ! C’est cette marche de l’humanité tout entière vers le royaume de Dieu que Jésus nous a promis, ce royaume de Dieu où nous retrouverons dans la joie tous ceux qui nous ont quittés, dans la pleine lumière du Seigneur. Ce royaume de Dieu, nous le préparons dès maintenant, dès ici-bas, tout au long de notre vie quotidienne, quand nous vivons selon les béatitudes de l’évangile, à la suite du Christ Jésus.
Donc en fêtant les saints, l’Eglise n’oublie pas tous les autres défunts. Nous pensons bien entendu à tous les nôtres, des parents, des proches, des amis et toutes les personnes qui nous ont marqués à jamais par leur témoignage de vie, leur rayonnement, leur présence, leurs actions … J’en profite pour exprimer ma profonde sympathie à toutes les familles qui ont perdu un être cher cette année dans nos communautés paroissiales. Le Dimanche 01 novembre à 18h00 à Saint Nicolas Stembert et le lundi 02 novembre toujours à 18h00 à Saint Hubert Heusy, nous aurons la joie d’accueillir ces familles pour un temps de prière et de recueillement au cours de l’Eucharistie en mémoire des leurs et de tous les défunts. Nous continuons de prier ensemble avec ces familles pour que leur Foi soit plus forte et que leur peine et chagrin ne soient pas sans espérance. Je rappelle qu’« On ne meurt que quand on est complètement oublié » Les nôtres qui nous ont quittés ont été arrachés à nos yeux, mais ils sont éternellement vivants en Dieu et dans nos cœurs.
Oscar MUREKEZI, votre Curé.