Laissez-les pousser ensemble…!

Infos de la semaine

Feuillets du 18 et 19 juillet 2026.
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas

Il n’y a pas d’autre dieu que toi, qui prenne soin de toute chose… »

Chers paroissiens, chers lecteurs,

Dans cette affirmation de foi, l’auteur du livre de la Sagesse que nous écoutons ce dimanche nous partage le cœur de sa contemplation du mystère de Dieu. Derrière ces mots qui peuvent nous sembler banals, nous pouvons remarquer le visage de Dieu qui ne profite pas de sa grandeur et de sa force pour écraser l’homme. Au contraire ! À l’instar du semeur dans la parabole du bon grain et de l’ivraie, Dieu est patient : il ne désespère jamais de voir l’homme pousser et grandir peu à peu, à son rythme. Faut-il retirer l’ivraie ? Le propriétaire du champ invite ses serviteurs à la patience, c’est au moment de la moisson que la sélection s’effectuera. Donc, ne pas retirer la mauvaise herbe au risque d’abîmer la plante qui a été semée au départ.

Le temps des vacances est plutôt un temps de détente, pendant lequel la plupart d’entre nous essaient de décompresser, de se reposer. Mais on essaie en même temps de reprendre un peu de « hauteur » par rapport aux activités habituelles de l’année. Et comme personne ne peut tout maîtriser, c’est plutôt le temps du laisser-faire… de se laisser faire. L’évangile de ce dimanche nous y invite tellement !

C’est comme si nous avions cette invitation suivante : « Laisse grandir tout ce que tu as semé durant l’année en gestes, en paroles d’amitié, de solidarité, ou, plutôt, laisse grandir ce que Dieu a semé en toi et laisse-le grandir en confiance. » La semence fait son travail, avec un peu de soleil et d’humidité. Soyons donc soleil à notre tour. Aidons-nous les uns les autres à laisser germer le meilleur !

Mais Jésus suggère que nous gardions un œil ouvert : sois vigilant à l’ivraie qui peut s’insinuer aussi et fais le tri ! Le temps des vacances devient alors le temps du discernement, ou d’une certaine évaluation. Je regarde paisiblement ce qui m’aide à aimer davantage, à servir davantage, et j’essaie d’abandonner ce qui m’en empêche. Et je peux même mettre des provisions dans mon grenier, pour faire le plein d’énergie.

Chacun à notre façon, nous avons besoin de tout notre cœur et de tout notre esprit pour aimer davantage. Si notre quotidien est rempli de toutes sortes de freins et d’embûches, un temps de prière ou une retraite peut approvisionner notre grenier intérieur. Donc, laissons grandir la moisson qui se prépare en nous et gardons l’œil ouvert.

Mais apprenons aussi de cette attitude de Dieu par rapport à ce qui se passe autour de nous, dans notre société et dans le monde, laissons devenir nôtre cette patience de Dieu. Pourquoi ? Parce que nous exprimons parfois notre lassitude devant le spectacle de ce monde qui ne tourne pas rond : pourquoi tant de souffrances ? pourquoi Dieu tolère-t-il l’injustice ? Pourquoi ne met-il pas un terme à la violence ? L’évangile de ce dimanche suggère une piste de réflexion : pour préserver la récolte, pour que tout ce qui est bon puisse arriver à maturité, pour que le cœur de tout homme puisse s’ouvrir au Bien.

Peut-être est-il plus facile d’entrer dans ce mystère si nous considérons que notre propre cœur est cette terre ensemencée par Dieu et soumise aux attaques de l’ennemi. II nous faut du temps, beaucoup de temps, pour que nos cœurs blessés par l’ivraie du péché se mettent à l’écoute de l’Esprit, qui veut ce que Dieu veut. Implorons donc la patience de Dieu à notre égard et surtout sachons témoigner d’une patience identique à l’égard de nos sœurs et frères en humanité.

Pour vous,

Oscar MUREKEZI, votre curé