Merci pour mon VILLAGE

Infos de la semaine

« Amen, je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». (Mt 25, 40)

Chers Paroissiens, chers Lecteurs,

Depuis l’année dernière chaque fois que j’annonce mon départ au Rwanda pour mon congé annuel, certains me disent : « tu vas revenir quand même ! » Quand je demande pourquoi ils pensent que je ne reviendrai pas ils font allusion à ce qui s’est passé avec le départ et la disparition mystérieuse de l’ancien curé de Spa !

Je tiens donc à vous rassurer tous que je suis de retour parmi vous après un mois de congé auprès des miens. Mon séjour s’est très bien passé. D’habitude à cette période de l’année c’est la petite saison sèche de récoltes de différents produits agricoles, mais actuellement il y a beaucoup trop de pluies des journées entières (qui ont d’ailleurs dévasté toutes les récoltes). Mais malgré cela il fait bon et pas froid comme ici.

Je vous ai sollicités avant mon départ afin de témoigner de notre solidarité vis à vis des pauvres de mon village. C’était avec les collectes de Noël qui ont donné 1765,9€ et 440€ de dons, en tout 2205,9 €.

Comme j’ai eu l’occasion de vous exposer ce que je fais en collaboration avec le curé de la paroisse et les responsables de la Caritas paroissiale, une partie de cet argent a servi à aider certains enfants des familles défavorisées pour poursuivre leur scolarité. Au moment où je suis arrivé, c’était la rentrée scolaire (on fonctionne désormais par année civile depuis que le Rwanda a opté pour l’anglophonie). En effet, certaines familles des « Anges-Gardiens » étaient désespérées en se demandant si leurs protégés allaient pouvoir retourner à l’école cette année ! Ce fut comme la manne qui tombait du ciel pour eux ! 9 enfants ont pu poursuivre leurs études secondaires, 120€ (par trimestre) par personne au pensionnat et en tout 1080€. Tout le monde est conscient que ce sera difficile pour la suite, mais les parents et les responsables de la Caritas paroissiale continuent de réfléchir ensemble pour trouver des pistes de solutions.

Tous ces enfants bénéficiaires et leurs familles vous expriment leur profonde gratitude, il y en a qui me disent qu’ils ne savent pas en quels termes remercier les donateurs ; d’autres me regardent tout simplement et disent un « merci beaucoup », avec les larmes aux yeux, et moi qui le vois, je sais que cela vient vraiment du cœur.

Une autre partie a servi pour le programme d’accueil, d’’accompagnement et d’aide pour les jeunes filles qui tombent enceintes étant encore mineures et qui sont chassées de chez-elles. Je vous en ai déjà parlé. Le premier groupe est à la fin de leur formation professionnelle. Elles vont se mettre en association et former une sorte de coopérative pour travailler ensemble et proposer des services variés dans un grand salon de beauté. La paroisse va se charger de trouver le local qui conviendrait pour cela. Les frais du matériel et d’équipement s’élèvent à 957 € qui sont disponibles. Voilà où nous en sommes avec les filles du premier groupe. Les autres vont devoir attendre qu’on ait des moyens pour les aider à commencer aussi.

Quant aux 14 garçons lancés dans l’élevage de chèvres, cela se passe très bien aussi. Pour certains, les chèvres commencent à mettre bas et le principe est de donner la première portée à quelqu’un d’autre qui est sur la liste d’attente, tout cela sous la coordination des responsables de la Caritas paroissiale. Mais quand nous aurons beaucoup plus de moyens, nous pourrons en acheter et en donner car nous avons 36 garçons fort intéressés qui sont en attente.

Voilà grosso-modo ce qu’il en est et ce que nous faisons avec vos dons et des sous que je collecte à l’occasion de Noël de partage. Soyez-en toutes et tous remerciés. Remerciés pour ces jeunes que vous soutenez oui, mais j’ose espérer que vous ne finirez pas par vous lasser de moi si je termine en vous demandant de soutenir ces peuples aussi par la prière ! En effet, les relations de bon voisinage entre le Rwanda et l’Ouganda se sont dégradées. Les frontières entre les deux pays sont toujours fermées et cela crée des retombées économiques considérables des deux côtés mais les Rwandais en souffrent plus parce que 90% des produits de première nécessité provenaient d’Ouganda !  Il y a aussi le Burundi avec la rébellion et à l’Est de la République Démocratique du Congo où sévit une guerre insensée dont on ne parle pas dans les médias mais qui fait beaucoup trop de victimes depuis quelques mois déjà. Je vous demanderais donc de prier pour eux pour que ces violences cessent un jour et que la paix durable règne dans cette Région des Grands Lacs. Merci.

Oscar MUREKEZI, votre curé.

Les « Sans-Moyen » face à la mendicité

Chers paroissiens, chères paroissiennes,

Suite à vos nombreuses questions et préoccupations, nous tenons à remettre les pendules à l’heure.

Comme son nom l’indique, l’ASBL « Sans Moyen » s’occupe des personnes sans aucun revenu. Nous intervenons prioritairement pour le chauffage (en hiver), l’électricité, les médicaments et les frais scolaires.

Chaque semaine, nos familles ont droit à un colis alimentaire distribué par une autre association verviétoise. Dès que c’est nécessaire, nous pouvons également intervenir pour leur octroyer une aide alimentaire supplémentaire.

Vous avez également remarqué que, dès qu’il ont besoin d’une aide matérielle (meubles, lits, tables,…) ou vestimentaire, nous faisons le nécessaire pour qu’ils l’obtiennent, soit par le biais de la Croix-Rouge ou autre association locale, soit en faisant appel à vous.

Vous l’aurez compris, en aucun cas nous ne les laissons dans le besoin. Et, rassurez-vous, chaque famille a le droit au même traitement : personne n’est laissé de côté !

Dès lors, si un de nos bénéficiaires vous interpelle lors d’une célébration en vous montrant une facture ou en vous demandant de l’argent pour toute aide matérielle, vestimentaire ou alimentaire,  merci de ne pas intervenir. Revenez vers nous pour le signaler afin qu’on puisse agir au plus vite auprès de la famille.

Nous vous remercions de votre compréhension. Si vous avez des questions, vous pouvez nous contacter aux numéros suivants : 0485/695558 //  0489/106570

Pour l’association des « Sans Moyen »,

Aurélie Simon et David Schangel

Une résurrection discrète ?

Infos de la semaine

Feuillet du dimanche de la Présentation du Seigneur
Immaculée Conception

Si la résurrection de Jésus est la pierre angulaire de la foi chrétienne, force est de constater que c’est un thème finalement peu abordé. Mais avant d’être un thème ou un élément de foi, c’est un évènement. Il est fondateur de la foi en Jésus, qui, sans cela, ne serait qu’un prophète puissant dans ses actes et ses paroles. Au vu de l’importance de ce moment, nous pourrions raisonnablement attendre que Dieu nous ait laissé des signes nombreux et efficaces afin de faciliter notre foi. Il n’en est rien. Le signe de la résurrection est tellement déroutant que plusieurs commentateurs bibliques en parlent comme d’un non-signe. En effet, les divers éléments qui signifient la résurrection de Jésus sont des absences : le tombeau est vide, le linceul est resté dans la tombe, nul ne sait où est Jésus, des anges apparaissent quelques instants pour dire qu’il est vivant, Jésus apparaît brièvement à plusieurs femmes, aux apôtres pour finalement disparaître à la vue de tous.

Ces éléments sont légers. Mais si nous avions un paquet de preuves, il ne s’agirait plus de foi en Dieu, seulement d’admettre une existence et d’en déduire les conséquences. Le Dieu invisible s’est révélé, s’est montré et s’est incarné afin que nous croyions en lui. C’est la conclusion de l’évangile selon Saint Jean : « Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. » (évangile selon saint Jean, chapitre 20, versets 30-31)

C’est un des nombreux paradoxes de la foi chrétienne : le Tout-Puissant qui se révèle en Jésus-Christ est un Dieu discret qui ne veut pas s’imposer. L’évènement de la résurrection qui cristallise le salut que Dieu donne à l’humanité est une absence. Dieu semble ne pas vouloir être envahissant. Il est là pour nous, pour autant que nous nous donnions la peine de le chercher. Ne cessons jamais de tourner nos cœurs vers lui.

Thomas Sabbadini

Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Infos de la semaine

Feuillets du 3ème dimanche du Temps ordinaire
Immaculée Conception
Saint-Nicolas
Saint-Hubert

Ce dimanche 19 janvier, notre église de Marie-Médiatrice  a eu la chance d’accueillir une célébration œcuménique. Nous avons accueilli nos frères des églises protestante, orthodoxe et de l’armée du salut comme vous le constaterez sur les photos. Cette célébration permettait d’entrer de plein pied dans la semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

Pourquoi une célébration œcuménique ? Elle permet de rassembler tous les chrétiens autour d’un point commun : le partage de la même Ecriture Sainte. Nous avons tous ensemble pris conscience de l’importance de l’accueil envers tous. La lecture d’une partie des Actes des Apôtres (Ac 27,18-28,10) ainsi que l’homélie de la pasteure Heike nous a rappelé l’importance du verset « Ils nous ont témoigné une humanité peu ordinaire » (Ac 28,2). Ce passage rappelle comment l’apôtre Paul a été accueilli lors de son arrivée sur l’île de Malte.

Le lien avec l’actualité est assez aisé à faire mais est-ce si facile à appliquer ? Se retrouver autour d’une même Ecriture nous rappelle l’importance de faire unité.

Cette semaine de l’unité se clôture par le dimanche de la Parole; dimanche qui nous permet de nous recentrer sur l’Ecriture qui nous est donnée. Cette Parole est le point commun de tous les chrétiens, et en prenant le temps de se recentrer sur son message,  nous pourrons re-trouver le chemin vers cette unité qui est si difficile à garder.

Comme le dit le Pape François au point 12 dans sa lettre apostolique Aperuit illis,

« Il est nécessaire de ne jamais s’accoutumer à la Parole de Dieu, mais de se nourrir de celle-ci pour vivre en profondeur notre relation avec Dieu et avec nos frères ».

Bon dimanche de la Parole à tous !

Isabelle

Quelle démarche oecuménique pour aujourd’hui ?

Infos de la semaine

Feuillets du 2ème dimanche du temps ordinaire
Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Lorsque nous réfléchissons à une problématique, nous démarrons toujours de notre propre point de vue. C’est logique que je rentre dans l’équation de ma propre pensée. Aussi, nous ne pouvons pas ignorer notre appartenance à l’Église catholique romaine lorsque nous parlons d’unité de chrétiens. En effet, une manière usuelle de comprendre la problématique est de regarder l’histoire de l’Église comme étant une triste suite de schismes durant lesquels des portions, plus ou moins importantes, de chrétiens ont quitté la grande Église pour prendre leur indépendance. Et dans cette vision, nous sommes les héritiers de la grande Église et le but de l’œcuménisme est de ramener tout le monde dans son giron, quitte à faire des concession sur le fonctionnement interne.

Nous sommes d’ailleurs encouragés dans cette vision par les statistiques, puisque sur les quelques 2,5 milliards de chrétiens, la moitié, environ 1,25 milliard appartiennent à l’Église catholique romaine. Nous avons l’avantage du nombre. Cependant, être plus nombreux ne donne pas nécessairement raison.

Ce point de vue possède 2 grandes faiblesses. En premier, si nous nous mettons à la place d’un chrétien d’une autre Église (par exemple orthodoxe grec, copte ou syriaque) il nous verra de la même manière. Ils se sentent tout autant héritiers de l’Église universelle que nous, et les catholiques romains ont quitté le navire en faisant sécession. Cela induit nécessairement des rivalités et des incompatibilités, puisque chacun est convaincu d’être la vraie Église que les autres ont quittée et amochée au passage.

La deuxième faiblesse vient de la conception de l’Église elle-même. Nous parlons souvent de l’Église comme d’une institution centralisée qui aurait des succursales à de nombreux endroits du globe. C’est une inversion du fonctionnement de l’Église, notamment due à une centralisation de la gestion de l’Église catholique romaine. Lorsque les apôtres reçoivent l’Esprit-Saint à la Pentecôte, on parle d’Église non pas comme une institution, mais bien selon le sens originel du mot grec ἐκκλησία (ekklesia) : assemblée. L’Église est l’assemblée des chrétiens. Il y a alors autant d’Églises que d’assemblées de chrétiens. Et ce sont ces diverses assemblées, appelées Église locales ou diocésaines, avec leurs différences (fonctionnement, rites, langues, lieux, etc.) et leurs points communs (foi en Jésus, évêques successeurs des apôtres, etc.) qui forment l’Église universelle, l’Église du Christ. Il n’y a donc pas une Église locale qui a plus de légitimité qu’une autre. Certaines ont plus de prestige que d’autres à cause de facteurs divers (Antioche, Alexandrie, Rome, Éphèse, etc.), mais il n’y en a pas une qui dirige les autres.

Avec ces nouveaux éléments, comment envisager la problématique œcuménique ? Au lieu de parler de l’histoire de l’Église comme d’une suite de schismes où nous perdons des membres qui font sécession, nous pourrions la percevoir comme une histoire des Églises qui n’ont pas toujours réussi à maintenir l’unité visible de l’Église universelle. Cela signifie que l’œcuménisme devient un lieu de dialogue et de réconciliation. Nous ne cherchons pas à ramener les autres à nous, mais à nous réconcilier avec nos frères et sœurs dans la foi. Chercher l’unité des chrétiens, de tous les chrétiens, proches ou lointains, ce n’est pas chercher qui a raison ou qui a tort, c’est vouloir la réconciliation. C’est un but à grande échelle, mais aussi dans nos paroisses et nos communautés : la réconciliation est l’œuvre que Dieu nous invite à accomplir, la division et la haine ne sont pas sensées avoir leur places dans l’Église de Dieu.

Thomas Sabbadini