« JE TE SUIVRAI PARTOUT OÙ TU IRAS ! » (Lc 9, 57)

Infos de la semaine

Feuillets du 6ème dimanche de Pâques

Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Sainte-Julienne

 

Chers Paroissiens, chers lecteurs,

Nous sommes à la fin du mois de mai, un mois pendant lequel nous avons eu des moments de joie dans les familles mais aussi dans les communautés paroissiales où nous avons célébré les baptêmes et les communions. Même si c’est le mois où on court le plus au risque de se sentir épuisé, personnellement j’aime beaucoup ces moments, j’aime ces rassemblements. J’aime particulièrement parler avec tous ces enfants et jeunes quand ils sont là, prêts pour leur fête ! Cette année j’ai réalisé que de tout ce que nous disons, il y a des mots qui nous reviennent souvent sur la langue pour souligner le fait que nos enfants et nos jeunes sont en chemin et qu’ils suivent le Christ ! Justement, « SUIVRE LE CHRIST » !

J’ai pris le temps de réfléchir en me demandant si, non seulement les enfants et les jeunes, mais aussi nous tous leurs ainés dans la foi, nous comprenons tout le sens de ces mots, « SUIVRE LE CHRIST » !  C’est trop facile de dire et répéter que nous suivons le Christ, mais, qu’est ce que cela peut bien vouloir dire concrètement ?

Il est vrai, nous sommes tous appelés à devenir des enfants, des jeunes, des hommes et des femmes en marche à la suite du Christ. Vous savez aussi que pendant les trois ans de sa vie publique, Jésus est connu pour avoir été toujours en chemin, pas en randonneur ordinaire, mais un marcheur intrépide et infatigable qui parcourait toutes les ruelles de la Palestine de son époque, qui sillonnait toutes les régions, y compris les régions païennes et on aurait cru que le repos lui était interdit !

A toutes ces foules qui allaient le voir et l’écouter, Jésus accompagnait sa parole de gestes et d’actions concrètes qui leur faisaient prendre conscience que malgré leurs conditions de vie et leur situation, ils sont aussi aimés de Dieu, puisque Celui-ci aime tous les hommes, chacun compte à ses yeux malgré ses infirmités physiques ou spirituelles ! Dans tout cela, le Christ ne demandait que la conversion ! « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Mc 1,15.)  La Conversion, voici un mot qui parfois ne dit pas grand-chose à plus d’une personne ! La conversion, c’est ouvrir son cœur à Dieu, c’est se laisser toucher par le Christ et en être passionné, lui donner une place dans notre vie ; c’est accueillir sa Parole et la vivre, c’est-à-dire mener notre vie à sa lumière sans oublier qu’accueillir le Christ, c’est accueillir la Vérité, c’est accepter de vivre dans la lumière !

Vers la fin de la vie de Jésus sur terre et donc de sa mission, les Evangiles nous apprennent qu’il a pris résolument le chemin qui l’amena à Jérusalem ! Il savait tout ce qui allait se passer, il allait y subir la Passion et la mort pour le salut du monde avant sa Résurrection, puis sa montée dans la Gloire auprès du Père !

C’est sur son chemin vers Jérusalem que quelqu’un de bien intentionné, certainement quelqu’un de son « fans- club », lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras » (Lc 9, 57).  Jésus ne l’en a pas félicité, il ne lui a pas dit non plus qu’il fait le bon choix comme quand il s’adressait à Marthe au sujet de sa sœur Marie ! (Lc 10, 38-42)

En guise de réaction Jésus lui a dit : « les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids, mais le fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête » (Lc 9, 58).  Puis l’Evangéliste Luc, toujours au chapitre neuf, énumère d’autres que Jésus a appelés pour le suivre. Chacun des appelés demandait un peu de temps pour faire d’abord l’une ou l’autre chose avant de venir le suivre ! Et Jésus de conclure : « Quiconque met la main sur la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le Royaume de Dieu » (Lc 9,62)

À travers ces appelés, c’est nous qui sommes interpellés par le Christ. La vie évangélique ne supporte aucune demi-mesure. Répondre à l’appel de Jésus c’est choisir. Et quand on choisit, on élimine ce qui nous détourne de l’essentiel.

Je préciserai aussi que cet appel du Seigneur rejoint les hommes au cœur de leur vie. Moïse, Amos, David… ont été appelés derrière leur troupeau. Élisée était en train de labourer son champ. (1 Rois 19,16b. 19-21). Il a brulé son attelage et ses bœufs pour suivre Elie et devenir prophète du Seigneur. Sa nouvelle mission sera d’appeler son peuple à la fidélité de la foi. Nous avons aussi les premiers apôtres de Jésus qui ont dû tout quitter pour le Royaume.

Actuellement, on trouve des religieux, des religieuses, des prêtres qui, grâce à leurs belles et hautes études, auraient pu faire carrière et avoir une belle situation très lucrative en tant qu’ingénieurs, médecins, chefs d’entreprise… mais qui ont choisi d’y renoncer pour répondre à l’appel du Seigneur. Mais il y a aussi beaucoup d’autres personnes qui s’engagent dans des services variés en Eglise et dans le monde, qui témoignent que suivre le Christ, être chrétien, ce n’est pas seulement avoir été baptisé et confirmé, mais aussi accepter de renoncer à son confort personnel et à ses attachements divers pour prendre avec le Christ le risque du Royaume. Il y a des choses à notre portée, des choses dont nous sommes capables pour apporter notre pierre de construction à ce vaste chantier du Royaume de Dieu inauguré par le Christ !

Evidemment nous devons toujours être conscients que de nous-mêmes nous ne pouvons rien comme Jésus  nous l’a dit lui-même et c’est pour cela que je vous invite à prier l’Esprit- Saint, l’Esprit de Pentecôte  qui a inspiré les Apôtres du Christ à parler dans d’autres langues, de nous aider à commencer par parler aux gens qui nous entourent pour leur dire, avec le langage universel du cœur et des actes, que Jésus ressuscité est le trésor de notre vie. Demandons à l’Esprit-Saint de nous inspirer des mots simples et des actes parlants que tous comprendront.

Pour conclure, disons que Jésus ne nous demande pas de nous jeter dans l’inconnu et faire n’importe quoi, mais de nous laisser conduire avec confiance par son Esprit ! Telle est le chemin de la vie, le chemin du don de nous-mêmes pour le bien-être des autres par notre engagement concret, le chemin qu’il nous invite à prendre à sa suite. Je souhaite donc à chacune et chacun de découvrir la joie d’écouter l’Esprit Saint qui nous habite et d’être poussé en avant par lui.

Oscar MUREKEZI, votre curé.

Le Seigneur appelle

Infos de la semaine

Feuillets du 5ème dimanche de Pâques

Immaculée Conception
Saint-Nicolas
Sainte-Julienne

 

Extrait de l’exhortation apostolique Gaudete et exsultate : sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel, Pape François, mars 2018

  1. Tout cela est important. Cependant, ce que je voudrais rappeler par la présente Exhortation, c’est surtout l’appel à la sainteté que le Seigneur adresse à chacun d’entre nous, cet appel qu’il t’adresse à toi aussi : « Vous êtes devenus saints car je suis saint » (Lv 11, 44 ; cf. 1 P 1, 16). Le Concile Vatican II l’a souligné avec force : « Pourvus de moyens salutaires d’une telle abondance et d’une telle grandeur, tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur condition et leur état de vie, sont appelés par Dieu, chacun dans sa route, à une sainteté dont la perfection est celle même du Père »[10].
  2. « Chacun dans sa route » dit le Concile. Il ne faut donc pas se décourager quand on contemple des modèles de sainteté qui semblent inaccessibles. Il y a des témoins qui sont utiles pour nous encourager et pour nous motiver, mais non pour que nous les copiions, car cela pourrait même nous éloigner de la route unique et spécifique que le Seigneur veut pour nous. Ce qui importe, c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même, ce que le Seigneur a déposé de vraiment personnel en lui (cf. 1 Co 12, 7) et qu’il ne s’épuise pas en cherchant à imiter quelque chose qui n’a pas été pensé pour lui. Nous sommes tous appelés à être des témoins, mais il y a de nombreuses formes existentielles de témoignage[11]. De fait, quand le grand mystique saint Jean de la Croix écrivait son Cantique spirituel, il préférait éviter des règles fixes pour tout le monde et il expliquait que ses vers étaient écrits pour que chacun en tire profit à sa manière[12]. En effet, la vie divine se communique aux uns « d’une manière [et aux] autres d’une autre »[13].
  3. Parmi les formes variées, je voudrais souligner que le ‘‘génie féminin’’ se manifeste également dans des styles féminins de sainteté, indispensables pour refléter la sainteté de Dieu en ce monde. Même à des époques où les femmes ont été plus marginalisées, l’Esprit Saint a précisément suscité des saintes dont le rayonnement a provoqué de nouveaux dynamismes spirituels et d’importantes réformes dans l’Église. Nous pouvons mentionner sainte Hildegarde de Bingen, sainte Brigitte, sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse d’Avila ou sainte Thérèse de Lisieux. Mais je tiens à évoquer tant de femmes inconnues ou oubliées qui, chacune à sa manière, ont soutenu et transformé des familles et des communautés par la puissance de leur témoignage.
  4. Cela devrait enthousiasmer chacun et l’encourager à tout donner pour progresser vers ce projet unique et inimitable que Dieu a voulu pour lui de toute éternité : « Avant même de te former au ventre maternel, je t’ai connu; avant même que tu sois sorti du sein, je t’ai consacré » (Jr 1, 5).

[10] Constitution dogmatique Lumen gentium, sur l’Église, n. 11.
[11] Cf. Hans U. Von Balthasar, Teología y santidad, in Communio 6 (1987),
p. 489.
[12] Cantique Spirituel B, Prologue 2, (Œuvres complètes, Paris 1990, p. 1196).
[13] Ibid., 14, 2, (Op. cit. p. 1285).

 

notre Unité pastorale entame la transition vers la catéchèse renouvelée

Bonjour à chacun et à chacune,

La catéchèse est une part importante des activités de notre unité pastorale. La transmission de la foi est et a toujours été une préoccupation des chrétiens, depuis les premiers apôtres à la pentecôte jusqu’à nos jours. Elle est passée par de nombreux changements au cours de l’histoire et nous sommes dans un de ces moments difficiles de transition.

Pour effectuer cette transition, l’évêque a promulgué un décret mis au point après une large consultation et réflexion diocésaine, à laquelle vous avez peut-être participé. Il s’intitule « Pour une catéchèse renouvelée » et a été publié en mars 2018. Il est essentiel de mettre ce décret en œuvre dans notre unité pastorale. Nous avons tous et toutes besoin d’une conversion dans notre catéchèse, besoin de nous tourner ensemble vers le Christ qui seul peut nous unir dans sa paix.

Pour ce faire, nous voulons mettre en place une réflexion collective et permettre aux familles, catéchistes, paroissiens, à chacun.e, de donner son avis quant à ce qu’il a vécu, ou souhaiterait pour l’avenir, en concordance avec les aspects du projet catéchétique diocésain et ce dans notre unité pastorale. Cette réflexion fera l’objet d’une rencontre par mois,  jusque juin 2020. Nous voulons ce temps sous forme de soirées ouvertes à tou.te.s pour qu’ensemble, nous puissions dessiner les grandes lignes de toute l’action catéchétique de notre unité pastorale. Ce sera un temps de dialogue et de réflexion. Chaque soirée brassera un thème différent pour qu’en bout de parcours, nous ayons envisagé l’entièreté du document de notre évêque.

Nous vous invitons donc à une première soirée ce mercredi 22 mai à 20h à l’église Marie-Médiatrice.

Thomas Sabbadini, vicaire

 

Planning réflexion réforme catéchèse

22 mai 2019 : Catéchèse : quoi ? sur quoi ? à qui ?

La catéchèse doit se centrer sur ses incontournables.
Quand la foi n’est plus une évidence, la catéchèse doit prendre un tournant décisif.
La catéchèse est un lieu de vie et d’expériences partagées.

12 juin 2019 : Catéchèses communautaires : premiers éléments

Les catéchèses communautaires sont le pivot central de toute l’activité catéchétique.
Chaque Unité pastorale organise ces catéchèses communautaires où tous, adultes, jeunes et enfants sont invités.

18 septembre 2019 : Articulation catéchèse communautaires et spécifiques

Les catéchèses spécifiques propres à une tranche d’âge (ou à la préparation à un sacrement) viennent s’articuler aux catéchèses communautaires.
Les parents ainsi que les autres membres de la communauté sont associés à toute démarche de foi des enfants et des jeunes.

Octobre 2019 : Rapport catéchèse-liturgie : dates, etc.

La catéchèse s’enracine dans la vie des communautés en lien avec la liturgie et la diaconie.
La démarche catéchétique intègre occasionnellement des célébrations non eucharistiques adaptées: moments d’intériorité, temps de prière, célébrations de la Parole, gestes symboliques.
Des étapes liturgiques sont intégrées dans certaines formes de catéchèse, comme autant de jalons sur un chemin de foi.

Novembre 2019 : Éveil à la foi

La communauté chrétienne accorde une attention particulière à l’éveil à la foi des tout-petits.

Décembre 2019 : Première des communions

Sur fond d’un cheminement continu, la préparation à la première des communions s’échelonne sur dix-huit mois. Elle comporte la participation aux catéchèses communautaires et six rencontres spécifiques.

Février 2020 : Profession de foi, JK

Aux jeunes entre 10 et 12 ans, on offre la possibilité d’une profession de foi, étape sur un chemin de foi personnel dans la perspective d’une confirmation à venir. La préparation spécifique se vit en une seule année. Elle comporte la participation aux catéchèses communautaires, un temps de retraite et quatre rencontres spécifiques.

Mars 2020 : Confirmation

Sur fond de cette pastorale des jeunes continue, chaque Unité pastorale propose le sacrement de la confirmation entre 11 et 17 ans, de préférence entre 15 et 17 ans. La préparation à ce sacrement comporte la participation aux catéchèses communautaires, un temps de retraite et six rencontres spécifiques.

Avril 2020 : Pastorale des jeunes (Ado+, GKT), lien JK

Chaque Unité pastorale a le souci de la pastorale des jeunes. Celle-ci est distincte de la préparation spécifique à la confirmation. Elle accompagne le jeune sur le chemin de la foi tout au long de l’adolescence.

Mai 2020 : Baptêmes, mariages. Funérailles ?

La préparation des parents au baptême des nouveau-nés et celle des fiancés au mariage se révèlent être de beaux lieux pour une première annonce ou un mûrissement de la foi.

Juin 2020 : Équipe catéchétique

Chaque Unité pastorale met en place une équipe catéchétique qui, avec son pasteur, pense, coordonne et évalue l’ensemble de l’activité catéchétique, les catéchèses spécifiques et tout particulièrement les catéchèses communautaires.

 

 

 

 

 En savoir plus sur « les intentions de messe » !

Infos de la semaine

Feuillets du 4ème dimanche de Pâques

Marie-Médiatrice
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Chers Paroissiens, Chers lecteurs,

Il m’arrive de prendre le temps pour écouter les paroissiens et les questions qu’ils me posent. Depuis quelques temps certains me posent des questions concernant l’argent qu’on donne pour demander une messe soit pour les défunts soit pour les vivants qui ont besoin d’un soutien de prière. C’est ce qu’on appelle « une intention de messe ». Alors la question concerne le pourquoi d’une intention de messe ? Me disant qu’il pourrait y avoir d’autres qui se posent la même question, je juge utile de vous en donner quelques éclaircissements via ce feuillet.

La coutume veut que lorsqu’un chrétien demande à un prêtre de célébrer une messe pour une intention particulière (principalement pour un défunt, mais aussi pour demander une grâce, pour remercier Dieu ou pour honorer la Vierge Marie, un saint…), il accompagne sa demande d’une offrande en argent (on dit aussi : un honoraire), selon un montant fixé par l’Evêque du diocèse, en lien avec les autres Evêques de sa région.

Il importe que cette coutume soit bien comprise et ne souffre d’aucune ambiguïté ni imprécision, car on entend souvent des questions gênantes de la part de certains qui demandent « le prix ou le coût » de la messe : « c’est quoi le prix pour faire dire une messe ? »

A cette question je réponds chaque fois que la messe n’a pas de prix ! Si une somme d’argent est donnée au prêtre, ce n’est pas pour payer la messe, car la messe n’a pas de prix ! Disons plutôt que son prix n’a rien à voir avec la finance ou le commerce car c’est le prix qu’a payé le Christ en se sacrifiant. « Tu fus immolé, rachetant pour Dieu, au prix de ton sang, des hommes de toute tribu, langue, peuple et nation » (Ap 5,9). 

On parle plutôt d’offrande.  Mais là encore, il ne faut pas se tromper. C’est une offrande faite au prêtre pour sa subsistance, ce n’est pas l’offrande accomplie à la messe car, dans l’eucharistie, il n’y a pas d’autre offrande que celle du sacrifice du Christ à son Père auquel se joint l’offrande de toute l’Eglise : « Faisant ici mémoire de la mort et de la résurrection de ton Fils, nous t’offrons, Seigneur, le pain de la vie et la coupe du salut, et nous te rendons grâce, car tu nous a choisis pour servir en ta présence » (Prière eucharistique°2).

Quel est le sens de cette offrande alors ? Que l’on demande aux chrétiens de faire une offrande pour pourvoir aux besoins de l’Eglise est manifesté, dès les premières communautés chrétiennes, comme en témoignent les Actes des Apôtres (11,29-30) et la deuxième lettre de St Paul aux Corinthiens (8,1-15). On sait aussi que, durant des siècles, le pain et le vin de l’eucharistie étaient apportés par des fidèles, ainsi que des biens, de la nourriture ou de l’argent pour les pauvres. Enfin le fait que des hommes, surtout à partir du IVème siècle, abandonnent toute profession pour se consacrer entièrement à leur ministère sacerdotal a réclamé des fidèles qu’ils fassent des offrandes pour leur subsistance. On peut dire que c’est à cette époque-là que les offrandes pour la vie de l’Eglise trouvent leur origine.

Au début du Moyen-âge, la pratique des messes célébrées à des intentions particulières s’est amplifiée, surtout pour les défunts, et avec elle, l’habitude d’une offrande faite au prêtre à qui l’on demandait de les célébrer. Cette pratique s’est maintenue jusqu’aujourd’hui, et, en 1974, le pape Paul VI la légitimait ainsi : « C’est une tradition bien établie dans l’Eglise que les fidèles, guidés par leur esprit religieux et leur sens de l’Eglise, ajoutent au sacrifice eucharistique un certain sacrifice personnel, afin d’y participer plus étroitement. »

Ce genre d’offrande est donc pour les prêtres et ne doit pas être comptabilisée dans les recettes paroissiales, mais une précision nécessaire est que lorsque plusieurs intentions sont annoncées, le prêtre qui doit célébrer ne peut percevoir qu’une seule offrande. Comme le curé qui en est normalement le principal responsable est tenu de faire célébrer autant de messes qu’il a reçu d’offrandes, le reste constitue le surplus qui lui permet d’en donner aux confrères, aux prêtres en retraite ou sans ministère paroissial, ou en mission qui n’en ont pas et qui en font la demande. Ainsi, toute offrande versée donne lieu à la célébration d’une messe.

Il va de soi que le prêtre célébrera la messe sans recevoir d’offrande si l’intention est demandée par une personne n’ayant aucune ressource ou des ressources très modestes.

Dans l’Unité Pastorale où j’étais avant, il y a une personne à qui j’avais confié la responsabilité de gérer le compte des offrandes qu’on reçoit pour les intentions particulières pour toute l’Unité Pastorale et je compte faire la même chose ici. Il y en a qui demandent des messes en passant par le secrétariat parce que nous avons la chance d’en avoir un qui fonctionne très bien, mais pour ceux qui ne savent pas passer par le secrétariat, normalement dans chaque paroisse il doit y avoir une personne connue et renseignée à qui s’adresser pour faire la demande. Normalement ces personnes transmettent au secrétariat de l’Unité Pastoral les dates, les noms et les situations pour lesquels on a demandé de prier et les offrandes sont versées sur le compte Intentions de messe de l’Unité Pastorale.

Là où j’étais avant c’est cette personne à qui j’avais confié la responsabilité de gérer le compte qui répartissait ces offrandes d’intention de messe (ce qu’on appelle aujourd’hui dons pastoraux) aux prêtres de l’Unité Pastorale selon le nombre de messes qu’ils ont célébrées, et comme il y a toujours un surplus, nous en donnions aussi aux Prêtres Liégeois en Mission à l’Etranger (PLME) ainsi qu’aux prêtres d’Afrique qui n’en ont pas et qui me sollicitent régulièrement.  Nous en donnions aux prêtres d’Uganda, du Burundi et du Rwanda, plus précisément de mon diocèse d’origine.

En fait, le système en Afrique est tout autre : les prêtres vivent en communauté et chacun a ses responsabilités. Il y a le curé, le prêtre économe de la paroisse, et les autres avec des responsabilités bien précises.  Pour leurs besoins personnels comme les soins médicaux et autres (je rappelle qu’en Afrique il n’y a pas de système de mutuelles sauf au Rwanda où cela commence à prendre forme même si c’est encore rudimentaire), les prêtres dépendent de l’économe qui leur répartit les offrandes d’intentions de messe reçues ; mais le problème est que souvent ils n’en ont pas ; ce qui explique pourquoi ils font souvent la demande aux confrères qui sont en mission à l’étranger et sensés en avoir.

Qu’une messe soit célébrée à une intention particulière est une façon d’orienter plus précisément la prière d’intercession ou de louange, mais n’empêche pas que le sacrifice du Christ soit offert « pour la multitude » (cf ; la prière de consécration).

Les chrétiens doivent savoir aussi que beaucoup de prêtres, j’en fais partie, utilisent les intentions de messes qu’ils perçoivent pour aider des personnes dans le besoin ou aider tel organisme ou association qui agit pour la solidarité.

J’espère vous avoir un peu éclairé sur cette question et que vous aurez compris le bien-fondé de l’offrande symbolique de base qui accompagne une messe demandée pour une intention explicite. Mais dans tout cela le plus important est qu’on accueille toutes les demandes et qu’on prie pour toutes les situations transmises par les fidèles demandeurs : il y en qui donnent une offrande un peu plus élevée par rapport à ce qui est prescrit par le diocèse, mais il y en a aussi qui demandent sans donner l’offrande parce qu’ils n’en ont tout simplement pas les moyens.

Oscar MUREKEZI, curé

La poule de Saint Philippe Néri et notre unité pastorale

Infos de la semaine

Feuillet du 3ème dimanche de Pâques

Marie-Médiatrice
Sainte-Julienne

Philippe Néri est un prêtre italien né en 1515, mort en 1595 et canonisé en 1622. Fondateur de la Congrégation de l’Oratoire, il est surtout connu pour 2 aspects de sa personnalité : une piété eucharistique remarquable et un humour à toute épreuve. Voici une anecdote qui lui est attribuée.

À une personne qui confessait une nette tendance à la médisance, il proposa la pénitence suivante : acheter une poule au marché et la plumer tout en marchant dans la ville. Lorsque le pénitent eut achevé sa surprenante pénitence, il revint perplexe vers Saint Philippe Néri. Ce dernier lui demanda ensuite de récupérer l’entièreté des plumes. « Mais c’est impossible, s’écria l’autre, elles ont été dispersées aux quatre vents ! » « Tout comme vos paroles, rétorqua le saint, lorsqu’elles sont lâchées, il est impossible de les récupérer. Soyez précautionneux à l’avenir ! »

Cette invitation cordiale à la prudence n’a pas perdu de sa pertinence de nos jours. En effet, il est rare qu’il passe une semaine ou deux sans qu’arrive à mes oreilles ou à celles d’Oscar des décisions que nous aurions prises ou qui nous concernent qui ne sont pas fondées. En voici 2 exemples parlants.

Premièrement, j’ai entendu dire que j’allais être nommé dans une autre unité pastorale. Mgr Delville ne m’a pas appelé à ce sujet, ni même son vicaire général, Alphonse Borras. Donc, désolé, mais je reste ! Je ne connais pas l’avenir, mais de ce que j’ai compris, l’évêché compte me laisser encore ici quelques années. Je n’en connais pas le nombre, et je sais que je serai envoyé autre part un jour, mais je n’en connais ni le jour, ni l’heure. Ce n’est pas parce que je dis que je ne resterai pas éternellement dans l’UP que je vous quitte à l’instant ! C’est une surinterprétation abusive !

Deuxièmement, est arrivé la rumeur que nous allions changer les horaires de messe. D’une part, dans l’immédiat, non ! D’autre part, il est vrai que c’est un sujet dont j’ai discuté avec Oscar il y a quelques jours. Cependant, il y a une marge énorme entre discuter d’un sujet pastoral et prendre une décision importante pour l’UP. Ce genre de question est complexe et demande une décision longuement murie. Elle ne peut être résolue lors d’une unique discussion entre le vicaire et son curé ! Il est de notre charge de réfléchir à l’UP à court, moyen et long terme, ainsi, nous prenons régulièrement du temps pour parler de nombreux sujets pastoraux, tels que les horaires de messes, l’avenir de nos bâtiments, la gestion des différents groupes de personnes de l’UP, etc. Il est important d’en discuter et de préparer l’avenir. Toutefois, cela ne signifie pas que pour un sujet abordé le lundi, une décision sera prise le mardi, publiée le mercredi et appliquée le jeudi ! Discuter et réfléchir, ce n’est pas décider !

Ce genre de rumeur est tout autant usant qu’improductif. Surtout lorsque quelqu’un me téléphone ou m’aborde en furie, excédé à cause d’une rumeur infondée et que je passe une demie heure à calmer la personne tout en expliquant la méprise.

Bref, lorsque des informations au sujet de la paroisse arrivent à vos oreilles, cela peut valoir la peine de les accueillir avec toute la prudence due. Nul n’est à l’abri d’une surinterprétation, d’une exagération ou d’une incompréhension. De plus, lorsqu’une décision importante est prise, elle fait systématiquement l’objet d’une publication dans le feuillet d’annonces que vous lisez actuellement.

Que nos mots soient des outils de construction de l’UP et pas des instruments -volontaires ou involontaires- de vents de rumeurs qui la ballottent de toutes parts !

Thomas Sabbadini