« JE TE SUIVRAI PARTOUT OÙ TU IRAS ! » (Lc 9, 57)

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Feuillets du 6ème dimanche de Pâques

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Chers Paroissiens, chers lecteurs,

Nous sommes à la fin du mois de mai, un mois pendant lequel nous avons eu des moments de joie dans les familles mais aussi dans les communautés paroissiales où nous avons célébré les baptêmes et les communions. Même si c’est le mois où on court le plus au risque de se sentir épuisé, personnellement j’aime beaucoup ces moments, j’aime ces rassemblements. J’aime particulièrement parler avec tous ces enfants et jeunes quand ils sont là, prêts pour leur fête ! Cette année j’ai réalisé que de tout ce que nous disons, il y a des mots qui nous reviennent souvent sur la langue pour souligner le fait que nos enfants et nos jeunes sont en chemin et qu’ils suivent le Christ ! Justement, « SUIVRE LE CHRIST » !

J’ai pris le temps de réfléchir en me demandant si, non seulement les enfants et les jeunes, mais aussi nous tous leurs ainés dans la foi, nous comprenons tout le sens de ces mots, « SUIVRE LE CHRIST » !  C’est trop facile de dire et répéter que nous suivons le Christ, mais, qu’est ce que cela peut bien vouloir dire concrètement ?

Il est vrai, nous sommes tous appelés à devenir des enfants, des jeunes, des hommes et des femmes en marche à la suite du Christ. Vous savez aussi que pendant les trois ans de sa vie publique, Jésus est connu pour avoir été toujours en chemin, pas en randonneur ordinaire, mais un marcheur intrépide et infatigable qui parcourait toutes les ruelles de la Palestine de son époque, qui sillonnait toutes les régions, y compris les régions païennes et on aurait cru que le repos lui était interdit !

A toutes ces foules qui allaient le voir et l’écouter, Jésus accompagnait sa parole de gestes et d’actions concrètes qui leur faisaient prendre conscience que malgré leurs conditions de vie et leur situation, ils sont aussi aimés de Dieu, puisque Celui-ci aime tous les hommes, chacun compte à ses yeux malgré ses infirmités physiques ou spirituelles ! Dans tout cela, le Christ ne demandait que la conversion ! « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Mc 1,15.)  La Conversion, voici un mot qui parfois ne dit pas grand-chose à plus d’une personne ! La conversion, c’est ouvrir son cœur à Dieu, c’est se laisser toucher par le Christ et en être passionné, lui donner une place dans notre vie ; c’est accueillir sa Parole et la vivre, c’est-à-dire mener notre vie à sa lumière sans oublier qu’accueillir le Christ, c’est accueillir la Vérité, c’est accepter de vivre dans la lumière !

Vers la fin de la vie de Jésus sur terre et donc de sa mission, les Evangiles nous apprennent qu’il a pris résolument le chemin qui l’amena à Jérusalem ! Il savait tout ce qui allait se passer, il allait y subir la Passion et la mort pour le salut du monde avant sa Résurrection, puis sa montée dans la Gloire auprès du Père !

C’est sur son chemin vers Jérusalem que quelqu’un de bien intentionné, certainement quelqu’un de son « fans- club », lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras » (Lc 9, 57).  Jésus ne l’en a pas félicité, il ne lui a pas dit non plus qu’il fait le bon choix comme quand il s’adressait à Marthe au sujet de sa sœur Marie ! (Lc 10, 38-42)

En guise de réaction Jésus lui a dit : « les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids, mais le fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête » (Lc 9, 58).  Puis l’Evangéliste Luc, toujours au chapitre neuf, énumère d’autres que Jésus a appelés pour le suivre. Chacun des appelés demandait un peu de temps pour faire d’abord l’une ou l’autre chose avant de venir le suivre ! Et Jésus de conclure : « Quiconque met la main sur la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le Royaume de Dieu » (Lc 9,62)

À travers ces appelés, c’est nous qui sommes interpellés par le Christ. La vie évangélique ne supporte aucune demi-mesure. Répondre à l’appel de Jésus c’est choisir. Et quand on choisit, on élimine ce qui nous détourne de l’essentiel.

Je préciserai aussi que cet appel du Seigneur rejoint les hommes au cœur de leur vie. Moïse, Amos, David… ont été appelés derrière leur troupeau. Élisée était en train de labourer son champ. (1 Rois 19,16b. 19-21). Il a brulé son attelage et ses bœufs pour suivre Elie et devenir prophète du Seigneur. Sa nouvelle mission sera d’appeler son peuple à la fidélité de la foi. Nous avons aussi les premiers apôtres de Jésus qui ont dû tout quitter pour le Royaume.

Actuellement, on trouve des religieux, des religieuses, des prêtres qui, grâce à leurs belles et hautes études, auraient pu faire carrière et avoir une belle situation très lucrative en tant qu’ingénieurs, médecins, chefs d’entreprise… mais qui ont choisi d’y renoncer pour répondre à l’appel du Seigneur. Mais il y a aussi beaucoup d’autres personnes qui s’engagent dans des services variés en Eglise et dans le monde, qui témoignent que suivre le Christ, être chrétien, ce n’est pas seulement avoir été baptisé et confirmé, mais aussi accepter de renoncer à son confort personnel et à ses attachements divers pour prendre avec le Christ le risque du Royaume. Il y a des choses à notre portée, des choses dont nous sommes capables pour apporter notre pierre de construction à ce vaste chantier du Royaume de Dieu inauguré par le Christ !

Evidemment nous devons toujours être conscients que de nous-mêmes nous ne pouvons rien comme Jésus  nous l’a dit lui-même et c’est pour cela que je vous invite à prier l’Esprit- Saint, l’Esprit de Pentecôte  qui a inspiré les Apôtres du Christ à parler dans d’autres langues, de nous aider à commencer par parler aux gens qui nous entourent pour leur dire, avec le langage universel du cœur et des actes, que Jésus ressuscité est le trésor de notre vie. Demandons à l’Esprit-Saint de nous inspirer des mots simples et des actes parlants que tous comprendront.

Pour conclure, disons que Jésus ne nous demande pas de nous jeter dans l’inconnu et faire n’importe quoi, mais de nous laisser conduire avec confiance par son Esprit ! Telle est le chemin de la vie, le chemin du don de nous-mêmes pour le bien-être des autres par notre engagement concret, le chemin qu’il nous invite à prendre à sa suite. Je souhaite donc à chacune et chacun de découvrir la joie d’écouter l’Esprit Saint qui nous habite et d’être poussé en avant par lui.

Oscar MUREKEZI, votre curé.

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