OUVRONS-NOUS A L’ESPERANCE, OUVRONS-NOUS AUX AUTRES !

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Chers Paroissiens, chers lecteurs,

Depuis quelques années déjà, nous assistons à un afflux migratoire indescriptible aux portes de l’Europe, certains par le nord de l’Afrique, d’autres venant du Moyen-Orient dans les pays où la guerre fait rage actuellement. Dans leurs tentatives pour rejoindre l’Eldorado européen, la traversée de la mer coûte la vie à la plupart d’entre eux et très peu, des miraculeux, parviennent à fouler le sol européen. Puis ceux y arrivent, comment sont-ils accueillis, et traités ? Sont-ils guidés, accompagnés et traités avec humanité dans toutes les démarches administratives ?
Personnellement je crois que le chemin reste très long pour que nous nous ouvrions vraiment aux autres !

Nous reconnaissons tous que dans notre monde il y a beaucoup trop de choses qui montrent que le mal qui fait souffrir l’homme est très fort et qu’il gagne de plus en plus du terrain, mais personnellement je refuse de croire que le mal l’emporte toujours, je refuse de croire que l’homme est éternellement condamné à la souffrance !

Bien entendu, aussi longtemps que l’homme refusera de s’ouvrir pour dépasser tout ce qui entrave une vraie communication avec les autres, aussi longtemps qu’il restera enfermé sur ses relations habituelles et sur son milieu social avec la peur de l’autre…il y aura la souffrance, la haine, la violence…

Par contre, si, au lieu de mettre des différences entre nous, nous pouvions comprendre l’urgence qu’il y a à accepter de s’ouvrir à l’autre, cela changerait beaucoup de choses ! Parlant de « s’ouvrir », cela me fait penser au mot de Jésus « Effata » « Ouvre-toi » quand il a guéri le sourd muet ! (Mt7, 35). Je pense que ce « Ouvre-toi » ;est aussi à chaque homme, à chaque femme et à chaque jeune habitant ce monde que le Christ l’adresse aujourd’hui.

Nous devrions accueillir cet appel et nous ouvrir à notre communauté, à notre diocèse et au monde dans lequel nous vivons, car à mon sens, notre rôle et notre mission de chrétiens n’est autre que de bâtir avec Jésus des communions ouvertes et accueillantes aux autres en étant plus particulièrement attentifs à tous les blessés de la vie. Ouvrons-nous à la foi afin de prendre conscience que, qui que nous soyons, chrétiens, musulmans, blancs, noirs ou jaunes…, nous sommes tous enfants de Dieu qui nous aime tous d’un même amour et que nous avons à ajuster notre regard sur les autres à ce regard d’amour de Dieu sur tout être humain ! Ouvrons-nous aussi à l’espérance de la victoire de l'amour contre le mal, contre la haine et la violence, contre tout ce qui paralyse les hommes. Ouvrons-nous à l’espérance que tout peut changer et que nous pouvons changer la face de la terre si nous nous y engageons tous avec et à la suite du Christ Sauveur !

J’en profite pour rappeler que c’est aussi toujours à la fin de ce mois d’octobre que nous nous ouvrons chaque année à l’Eglise céleste par la Fête de tous les Saints. Cette année le 1 novembre tombe un dimanche. Nous garderons les messes de Toussaint dans les paroisses selon l’horaire habituel. Les Saints, ce sont des hommes, des femmes et des jeunes (comme Saint Dominique Savio, 14 ans ou Kizito, l’un des martyres d’Ouganda qui n’avaient que 13 ans) qui étaient comme vous et moi, mais dont le grand mérite est d’avoir rendu témoignage à Jésus Christ et à son Evangile de leur vivant. Ils se sont donnés comme le Christ lui-même s’est donné, ils ont vécu l’évangile et par leur témoignage de vie, ils ont révélé aux autres le visage aimant du Christ. A tous ces saints et saintes connus s’ajoutent bien entendu beaucoup d’autres, hommes et femmes inconnus et anonymes qui, dans la simplicité et dans l’ombre, ont rayonné d’une manière ou d’une autre de la flamme évangélique.

Bref, disons que les Saints sont « les serviteurs de Dieu » et en ce sens, un certain Marc PERNOT dit que « toute personne est un saint ou une sainte, puisque Dieu compte sur chacun pour participer à travailler à ses côtés pour faire le bien, embellir la vie des autres personnes. Bien entendu, personne ;est parfaitement fidèle à sa vocation donnée par Dieu et nous avons tous besoin du pardon de Dieu, et de son secours pour être plus fidèle. Dans ce sens, Dieu seul est Saint. Mais il nous fait la grâce de nous sanctifier, de nous regarder déjà, en espérance, comme des saints ».

Mais nous ouvrons aussi notre cœur pour être en communion avec toutes les autres personnes qui quittent ce monde puisque le lendemain de la fête de la Toussaint, le 02 novembre, nous faisons la commémoration de tous les défunts. Il faut bien comprendre par là tous les nôtres, des parents, des proches, des amis mais aussi toutes les personnes qui, malgré leur disparition, nous ont marqués à jamais par leur vie, leur présence, leur engagement et leur exemple…

J’en profite pour exprimer ma profonde sympathie à toutes les personnes et familles qui ont été éprouvées par le deuil cette année dans toutes nos communautés. Nous aurons la joie de les accueillir pendant les messes dominicales du week-end du 31 et 1er novembre, puis dans les deux messes prévues pour le dimanche 1er novembre et lundi le 02, toutes les deux à 18h30 dans l’Eglise de sainte Julienne. Ce sera une occasion de leur témoigner encore une fois de notre sympathie, mais également pour prier ensemble afin que leur Foi soit plus forte et que leur peine et chagrin ne soient pas sans espérance.

Les nôtres qui nous ont quittés ont été arrachés à nos yeux, mais ils sont éternellement vivants en Dieu et dans nos cœurs : « On ne meurt que quand on est complètement oublié ». Oui, face à la mort nous avons parfois l’impression que le ciel reste muet, mais n’oublions pas qu’elle n’aura jamais le dernier mot parce que : « Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons, ceux qui se sont endormis, Dieu, à cause de Jésus, les emmènera avec son Fils » (1Thes 4,14). Que cette conviction nourrisse notre espérance et notre prière.

A. Oscar MUREKEZI, votre Curé.