Les « Sans-Moyen » face à la mendicité

Chers paroissiens, chères paroissiennes,

Suite à vos nombreuses questions et préoccupations, nous tenons à remettre les pendules à l’heure.

Comme son nom l’indique, l’ASBL « Sans Moyen » s’occupe des personnes sans aucun revenu. Nous intervenons prioritairement pour le chauffage (en hiver), l’électricité, les médicaments et les frais scolaires.

Chaque semaine, nos familles ont droit à un colis alimentaire distribué par une autre association verviétoise. Dès que c’est nécessaire, nous pouvons également intervenir pour leur octroyer une aide alimentaire supplémentaire.

Vous avez également remarqué que, dès qu’il ont besoin d’une aide matérielle (meubles, lits, tables,…) ou vestimentaire, nous faisons le nécessaire pour qu’ils l’obtiennent, soit par le biais de la Croix-Rouge ou autre association locale, soit en faisant appel à vous.

Vous l’aurez compris, en aucun cas nous ne les laissons dans le besoin. Et, rassurez-vous, chaque famille a le droit au même traitement : personne n’est laissé de côté !

Dès lors, si un de nos bénéficiaires vous interpelle lors d’une célébration en vous montrant une facture ou en vous demandant de l’argent pour toute aide matérielle, vestimentaire ou alimentaire,  merci de ne pas intervenir. Revenez vers nous pour le signaler afin qu’on puisse agir au plus vite auprès de la famille.

Nous vous remercions de votre compréhension. Si vous avez des questions, vous pouvez nous contacter aux numéros suivants : 0485/695558 //  0489/106570

Pour l’association des « Sans Moyen »,

Aurélie Simon et David Schangel

Une résurrection discrète ?

Infos de la semaine

Feuillet du dimanche de la Présentation du Seigneur
Immaculée Conception

Si la résurrection de Jésus est la pierre angulaire de la foi chrétienne, force est de constater que c’est un thème finalement peu abordé. Mais avant d’être un thème ou un élément de foi, c’est un évènement. Il est fondateur de la foi en Jésus, qui, sans cela, ne serait qu’un prophète puissant dans ses actes et ses paroles. Au vu de l’importance de ce moment, nous pourrions raisonnablement attendre que Dieu nous ait laissé des signes nombreux et efficaces afin de faciliter notre foi. Il n’en est rien. Le signe de la résurrection est tellement déroutant que plusieurs commentateurs bibliques en parlent comme d’un non-signe. En effet, les divers éléments qui signifient la résurrection de Jésus sont des absences : le tombeau est vide, le linceul est resté dans la tombe, nul ne sait où est Jésus, des anges apparaissent quelques instants pour dire qu’il est vivant, Jésus apparaît brièvement à plusieurs femmes, aux apôtres pour finalement disparaître à la vue de tous.

Ces éléments sont légers. Mais si nous avions un paquet de preuves, il ne s’agirait plus de foi en Dieu, seulement d’admettre une existence et d’en déduire les conséquences. Le Dieu invisible s’est révélé, s’est montré et s’est incarné afin que nous croyions en lui. C’est la conclusion de l’évangile selon Saint Jean : « Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. » (évangile selon saint Jean, chapitre 20, versets 30-31)

C’est un des nombreux paradoxes de la foi chrétienne : le Tout-Puissant qui se révèle en Jésus-Christ est un Dieu discret qui ne veut pas s’imposer. L’évènement de la résurrection qui cristallise le salut que Dieu donne à l’humanité est une absence. Dieu semble ne pas vouloir être envahissant. Il est là pour nous, pour autant que nous nous donnions la peine de le chercher. Ne cessons jamais de tourner nos cœurs vers lui.

Thomas Sabbadini

Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Infos de la semaine

Feuillets du 3ème dimanche du Temps ordinaire
Immaculée Conception
Saint-Nicolas
Saint-Hubert

Ce dimanche 19 janvier, notre église de Marie-Médiatrice  a eu la chance d’accueillir une célébration œcuménique. Nous avons accueilli nos frères des églises protestante, orthodoxe et de l’armée du salut comme vous le constaterez sur les photos. Cette célébration permettait d’entrer de plein pied dans la semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

Pourquoi une célébration œcuménique ? Elle permet de rassembler tous les chrétiens autour d’un point commun : le partage de la même Ecriture Sainte. Nous avons tous ensemble pris conscience de l’importance de l’accueil envers tous. La lecture d’une partie des Actes des Apôtres (Ac 27,18-28,10) ainsi que l’homélie de la pasteure Heike nous a rappelé l’importance du verset « Ils nous ont témoigné une humanité peu ordinaire » (Ac 28,2). Ce passage rappelle comment l’apôtre Paul a été accueilli lors de son arrivée sur l’île de Malte.

Le lien avec l’actualité est assez aisé à faire mais est-ce si facile à appliquer ? Se retrouver autour d’une même Ecriture nous rappelle l’importance de faire unité.

Cette semaine de l’unité se clôture par le dimanche de la Parole; dimanche qui nous permet de nous recentrer sur l’Ecriture qui nous est donnée. Cette Parole est le point commun de tous les chrétiens, et en prenant le temps de se recentrer sur son message,  nous pourrons re-trouver le chemin vers cette unité qui est si difficile à garder.

Comme le dit le Pape François au point 12 dans sa lettre apostolique Aperuit illis,

« Il est nécessaire de ne jamais s’accoutumer à la Parole de Dieu, mais de se nourrir de celle-ci pour vivre en profondeur notre relation avec Dieu et avec nos frères ».

Bon dimanche de la Parole à tous !

Isabelle

Quelle démarche oecuménique pour aujourd’hui ?

Infos de la semaine

Feuillets du 2ème dimanche du temps ordinaire
Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Lorsque nous réfléchissons à une problématique, nous démarrons toujours de notre propre point de vue. C’est logique que je rentre dans l’équation de ma propre pensée. Aussi, nous ne pouvons pas ignorer notre appartenance à l’Église catholique romaine lorsque nous parlons d’unité de chrétiens. En effet, une manière usuelle de comprendre la problématique est de regarder l’histoire de l’Église comme étant une triste suite de schismes durant lesquels des portions, plus ou moins importantes, de chrétiens ont quitté la grande Église pour prendre leur indépendance. Et dans cette vision, nous sommes les héritiers de la grande Église et le but de l’œcuménisme est de ramener tout le monde dans son giron, quitte à faire des concession sur le fonctionnement interne.

Nous sommes d’ailleurs encouragés dans cette vision par les statistiques, puisque sur les quelques 2,5 milliards de chrétiens, la moitié, environ 1,25 milliard appartiennent à l’Église catholique romaine. Nous avons l’avantage du nombre. Cependant, être plus nombreux ne donne pas nécessairement raison.

Ce point de vue possède 2 grandes faiblesses. En premier, si nous nous mettons à la place d’un chrétien d’une autre Église (par exemple orthodoxe grec, copte ou syriaque) il nous verra de la même manière. Ils se sentent tout autant héritiers de l’Église universelle que nous, et les catholiques romains ont quitté le navire en faisant sécession. Cela induit nécessairement des rivalités et des incompatibilités, puisque chacun est convaincu d’être la vraie Église que les autres ont quittée et amochée au passage.

La deuxième faiblesse vient de la conception de l’Église elle-même. Nous parlons souvent de l’Église comme d’une institution centralisée qui aurait des succursales à de nombreux endroits du globe. C’est une inversion du fonctionnement de l’Église, notamment due à une centralisation de la gestion de l’Église catholique romaine. Lorsque les apôtres reçoivent l’Esprit-Saint à la Pentecôte, on parle d’Église non pas comme une institution, mais bien selon le sens originel du mot grec ἐκκλησία (ekklesia) : assemblée. L’Église est l’assemblée des chrétiens. Il y a alors autant d’Églises que d’assemblées de chrétiens. Et ce sont ces diverses assemblées, appelées Église locales ou diocésaines, avec leurs différences (fonctionnement, rites, langues, lieux, etc.) et leurs points communs (foi en Jésus, évêques successeurs des apôtres, etc.) qui forment l’Église universelle, l’Église du Christ. Il n’y a donc pas une Église locale qui a plus de légitimité qu’une autre. Certaines ont plus de prestige que d’autres à cause de facteurs divers (Antioche, Alexandrie, Rome, Éphèse, etc.), mais il n’y en a pas une qui dirige les autres.

Avec ces nouveaux éléments, comment envisager la problématique œcuménique ? Au lieu de parler de l’histoire de l’Église comme d’une suite de schismes où nous perdons des membres qui font sécession, nous pourrions la percevoir comme une histoire des Églises qui n’ont pas toujours réussi à maintenir l’unité visible de l’Église universelle. Cela signifie que l’œcuménisme devient un lieu de dialogue et de réconciliation. Nous ne cherchons pas à ramener les autres à nous, mais à nous réconcilier avec nos frères et sœurs dans la foi. Chercher l’unité des chrétiens, de tous les chrétiens, proches ou lointains, ce n’est pas chercher qui a raison ou qui a tort, c’est vouloir la réconciliation. C’est un but à grande échelle, mais aussi dans nos paroisses et nos communautés : la réconciliation est l’œuvre que Dieu nous invite à accomplir, la division et la haine ne sont pas sensées avoir leur places dans l’Église de Dieu.

Thomas Sabbadini

La vie cachée de Jésus

Infos de la semaine

Feuillets Baptême du Seigneur
Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Le calendrier liturgique est rempli de surprises et nous fait parfois faire des bonds temporels improbables. Nous pouvons par exemple remarquer que lors du dimanche de la Sainte Famille, qui se situe le weekend immédiatement après Noël, nous lisons l’évangile de la fuite en Égypte qui commence par ces mots : « Après le départ des mages ». Or, le dimanche qui vient après la Sainte Famille est celui de l’Épiphanie : les mages arrivent enfin auprès de Jésus. C’est une léger paradoxe temporel liturgique, mais rien de bien grave, puisque nous restons dans la même période.

Cependant, nous accomplissons ce dimanche un bond temporel autrement plus conséquent, puisqu’en l’espace d’une semaine, nous quittons les quelques semaines de la naissance de Jésus pour arriver directement au début de sa vie publique, une trentaine d’années plus tard. Nous n’avons pas de sources fiables sur les activités de Jésus pendant ces trois décennies. Les chercheurs et historiens sérieux s’accordent sur le fait qu’il est sans fondement historique de situer Jésus hors du judaïsme palestinien du 1 er siècle. Et nous pouvons légitimement nous poser la question : pourquoi aucun évangéliste, aucune source de l’époque ne raconte-t-elle pas l’un ou l’autre élément de la vie cachée de Jésus ? Sans doute pour la simple et bonne raison que cela n’en valait pas la peine, que cela n’était pas assez intéressant.

Nous avons souvent tendance à l’oublier, puisque nous sommes habitués à rencontrer Jésus dans sa vie publique, mais il a passé la grande majorité de sa vie à n’être personne de remarquable, connu uniquement de ses amis, de sa famille, de son village. Le Fils de Dieu a passé la majeure partie de sa vie dans l’incognito le plus total. À côté de cela, même la naissance dans une crèche passe pour une arrivée tape-à-l’œil. Le Tout-Puissant est probablement d’accord avec cette réplique des Tontons flingueurs : « Les tâches ménagères ne sont pas sans noblesse. » Quand nos vies semblent mornes, répétitives, si platement quotidiennes, n’oublions pas que Jésus est également passé par là. Ne regardons pas avec mépris la banalité du quotidien, puisque Dieu ne l’a pas fait. C’est une manière de comprendre les dernières paroles de Jésus dans l’évangile selon Saint Matthieu : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Thomas Sabbadini