Le temps ordinaire, on s’ennuie un peu, non ?

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Le 3ème dimanche du temps ordinaire ! Quel moment magnifique où la liturgie nous dit qu’il ne se passe rien de spécial ! En plus, nous savons que le carême est dans un petit mois, alors, on ne va pas s’intéresser à ce moment creux. Des moments comme Pâques ou Noël sont bien plus fondamentaux, pourquoi s’encombrer encore du temps ordinaire ? Il n’est vraiment pas évident de voir un sens profond à ce temps long et peu rythmé dans notre année liturgique, tandis que Noël, Pâques et d’autres grandes fêtes éclairent notre foi d’une lumière bien plus intéressante ! Deux éléments peuvent nous aider à y trouver plus de sens.

Les grandes fêtes sont des signes de ces quelques phares de notre foi, des lumières vives, des mystères remarquables qui guident nos cœurs vers Dieu. Mais nous ne sommes pas ces lumières, nous les suivons. Pour filer la métaphore du phare, nous sommes des embarcations voguant sur l’océan de notre vie nous repérant sur les phares de Pâques, Noël, etc. Ces phares sont essentiels à la navigation, mais n’en sont pas l’entièreté.

Ensuite, nous pouvons examiner les évangiles. Sur les 3776 versets qui composent les 4 évangiles, 618 sont consacrés aux évènements de la passion et de la résurrection. Cela nous donne un rapport d’environ 16% du texte qui nous parle de ces moments décisifs de la vie de Jésus. Et nous-mêmes, nous passons 25% de l’année à préparer et à célébrer Pâques. Nous prenons plus de temps que les évangiles à nous pencher sur ce temps extraordinaire qui célèbre la passion et la résurrection de Jésus. Les évangiles prennent ces 16% pour parler d’évènements importants, avec des personnages historiques connus.

Les 84% restants de leur texte sont orientés vers autre chose. On y parle des foules anonymes qui cherchent Jésus, des proches qui le suivent, des très nombreux visages et personnes qui ont côtoyé Jésus et à qui il a porté une attention particulière, quotidienne. Chaque rencontre, chaque personne, chaque moment de sa vie ont été importants et les évangélistes l’ont parfaitement perçu. C’est pour cela qu’ils leur font autant de place. Les évènements-clés encadrent et structurent les évangiles, mais ils ne les remplissent pas.

De même pour nous, des temps comme Pâques ou Noël structurent notre année liturgique, mais ne la remplissent pas. C’est dans notre ordinaire que Jésus nous accompagne, qu’il vit avec nous et que nous prenons la mesure de sa grâce. C’est là que notre foi croît et prend forme sans grand bruit, jour après jour. La beauté du temps ordinaire, c’est que dans cet ordinaire, nous avons le temps d’être avec Jésus.

Thomas Sabbadini

 

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