Des cendres ?

Infos de la semaine

Feuillets du 1er dimanche de Carême

Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Saint-Hubert
Sainte-Julienne

Le carême commence par le mercredi des cendres. C’est une coutume qui peut sembler bien étrange que de se mettre une trace de cendres sur le front pour commencer le temps liturgique qui mène à Pâques. Elle a plusieurs sens qui éclairent le carême lui-même. En voici deux.

Il y a un sens biblique. À plusieurs reprises, dans divers livres bibliques (2e livre de Samuel, Job, Daniel, Jonas, etc.) la cendre est évoquée comme signe de pénitence. Elle est d’ailleurs généralement mise sur la tête qui en est couverte et régulièrement associée tant au fait de se vêtir d’un sac que de faire un jeûne. La pénitence à laquelle elle est associée peut être liée soit à un acte bien précis, soit en signe de conversion plus générale. Elle peut concerner une personne jusqu’à tout un peuple. Nous voyons déjà ici quelques éléments pour notre carême : la pénitence, son association avec le jeûne et le fait qu’elle peut être collective.

La cendre est également un signe de la mortalité humaine. En effet, lorsque l’on applique les cendres lors de la célébration, une des deux formules est : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. » C’est une paraphrase du livre de la Genèse (chapitre 3, verset 19). C’est le rappel le plus net et brutal de la condition humaine, si brève et passagère à côté de l’éternité divine. De plus, les cendres sont faites avec le buis séché qui a été béni pour la célébration des Rameaux de l’année écoulée, montrant bien que ce qui était vert et vigoureux auparavant, ne l’est plus maintenant. D’ailleurs, le buis séché et jauni, prend feu extrêmement vite. Ainsi, la cendre est un rappel du temps qui passe inexorablement, nous menant, d’une manière ou d’une autre, vers une fin.

Je vois trois aspects intéressants du carême qui surgissent à travers les cendres. Le premier est la pénitence. Le carême nous invite à accepter et assumer nos imperfections, nos blessures et celles que nous infligeons aux autres. Ce travail d’humilité est souvent difficile, mais nous permet d’être en vérité avec nous-mêmes. De plus, nous pouvons accomplir cela en étant bien conscients que notre Seigneur est bon et miséricordieux, il ne veut pas nous juger, mais nous sauver. Or, s’il veut nous sauver, c’est qu’il faut nous sauver de quelque chose.

Le second aspect est celui d’un renouvellement. La cendre en tant que signe de notre condition mortelle, nous rappelle que notre vie est ancrée dans le temps. Si la cendre indique ce qui est asséché et mort en nous, le carême abouti à la résurrection, à la victoire de la vie. Cela nous donne évidemment une espérance, mais aussi que la vie de Dieu nous renouvelle dès ici-bas. La grâce de Dieu ne s’arrête pas à nos morts intérieures, elle peut nous redonner vie et renouveler notre foi, notre espérance et notre charité.

Le troisième aspect est communautaire. Dans la bible, la cendre est souvent associée à tout le peuple. De même, le carême est un temps que toute l’Église prend ensemble. Ce n’est pas une simple mise au point personnelle, mais bien un cheminement communautaire.

Aussi, soutenons-nous les uns les autres, accueillons la vie nouvelle que Dieu veut nous donner, spécialement dans nos petitesses ! Bon carême à tou.te.s !

Thomas Sabbadini

Publicités