Avec la Pentecôte, laissons-nous conduire par l’Esprit.

Infos de la semaine

Feuillets du 7ème dimanche de Pâques

Immaculée Conception
Marie-Médiatrice
Saint-Nicolas
Sainte-Julienne

Chers Paroissiens, chers Lecteurs,

La fête de la Pentecôte vient clôturer le temps pascal, mais une chose est sûre, la joie du Christ vainqueur de la mort continue de nous habiter et nous porter. C’est ce que nous rappelons chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie.

La Pentecôte c’est la venue de l’Esprit Saint sur les apôtres, telle que l’avait annoncée Jésus à la dernière Cène. D’après saint Luc dans les Actes des Apôtres et Jean l’Evangéliste, tout le monde était là le jour de la Pentecôte : il y avait non seulement les Apôtres, mais aussi tout le fan-club de Jésus, c’est-à-dire toutes ces personnes qui l’avaient entendu enseigner, qui avaient cru en lui et, bien entendu, qui l’avaient suivi jusqu’au bout, au pied de la croix.

Mais il y avait aussi beaucoup de pèlerins et les Juifs de la diaspora venus de tous les pays du Moyen-Orient, parce que Luc situe symboliquement cet événement dans le cadre de la célébration d’une fête juive d’origine agraire qui avait lieu cinquante jours après la Pâque, la fête qui était associée à la célébration du don de la Loi de Dieu à son Peuple, par le biais de Moïse, une loi—la Torah—qui devait conduire et guider le peuple jusqu’au Messie.

C’est pour cela peut-être que, dans la description des faits, nous trouvons des éléments similaires à ce qui s’est passé à l’arrivée du peuple de Dieu au pied du Sinaï durant l’Exode, quand Moïse reçut la Loi au milieu des signes fulgurants : le feu qui est descendu de la montagne, le vent violent et le tremblement de terre (Gn19,18).

Il y a aussi le phénomène des gens rassemblés qui se mirent à parler en d’autres langues. Cela peut bien nous rappeler les fils d’Adam qui parlaient la même langue à Babel, avant leur dispersion (Gn 11,1-9). Sauf que ce qui s’est passé à Babel était vu comme le résultat de l’orgueil humain voulant conquérir l’égalité avec Dieu, tout comme le premier couple l’avait fait au jardin d’Éden.  

Avec Jésus dans le Nouveau Testament, la différence de langues et leur multiplicité sont considérées comme une richesse et non comme une faiblesse. La diversité est une richesse et elle est le fruit de l’Esprit. Le péché, quant à lui, ce péché pour lequel Jésus donne aux disciples le pouvoir et la mission de pardonner c’est, à mon sens, toutes les formes d’oppression qui sont autant de refus de la différence.

La Pentecôte est aussi une bonne nouvelle pour nous aujourd’hui. En effet comme les apôtres au soir de Pâques, nous vivons parfois avec la peur au ventre. Nous avons tendance à nous replier sur nous-mêmes, à verrouiller les portes, à ériger des murs de protection. Parfois notre peur peut être justifiée, surtout dans un monde indifférent ou hostile à la foi chrétienne.

Mais, comme au soir de Pâques les Apôtres enfermés, Jésus nous rejoint, il nous souhaite la paix et nous donne son Esprit pour aller à notre tour proclamer les merveilles de Dieu, être les messagers de l’Évangile. Les temps forts que nous venons de vivre avec les communions dans nos paroisses témoignent bien de la vitalité de l’annonce de la foi.

C’est à travers notre engagement, notre travail et nos actes que l’Esprit, même s’il est invisible comme le vent, est à l’œuvre au cœur de nos vies
partout où chaque homme est accueilli tel qu’il est. C’est l’Esprit qui souffle et agit quand on continue à prendre soin, à veiller sur quelqu’un que l’on aime, même si cet amour est caché ou éprouvé par la lassitude, la maladie ou la solitude…C’est lui aussi, l’Esprit, qui vous souffle telle ou telle autre initiative et vous donne le courage pour resserrer les liens dans votre couple… c’est bien lui qui inspire le projet de vie des jeunes qui se préparent au mariage de façon authentique…

Il est également présent, là en vous, lorsque vous avez accepté un échec comme l’occasion d’un nouveau départ ou lorsque vous acceptez de rendre un service tout en courant le risque d’être mal jugé, critiqué ou mal compris. C’est lui certainement qui est à l’œuvre dans le monde avec tous ceux et celles qui posent des gestes de réconciliation, de pardon, de paix, avec celles et ceux qui travaillent concrètement ou militent pour le rapprochement des peuples divisés, pour plus de justice ou pour faire tomber tous les murs qui emprisonnent tant d’hommes…

« L’Esprit souffle où il veut mais tu ne sais pas d’où il vient et tu ne sais pas où il va » Jn 3,8. Tendons l’oreille, écoutons bien : n’est-il pas la petite voix qui sans cesse nous appelle à aimer et faire circuler son Amour ?

Remarquez enfin que lorsque Jésus se présente au milieu des disciples avant de souffler sur eux, il leur dit deux fois : « La paix soit avec vous ! ».  Prions-le pour qu’il apporte la paix partout où des hommes s’entre-déchirent par la guerre et qu’il envoie sur le monde d’aujourd’hui son Esprit qui nous délivre de tout mal et nous permette de le servir dans la liberté et dans le respect de toutes nos différences.

Oscar MUREKEZI, votre Curé 

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