SAINTE MARIE, MERE DE DIEU – NOUVEL AN-56ème JOURNEE MONDIALE POUR LA PAIX !

Infos de la semaine

Feuillet de la fête de Marie, Mère de Dieu
Saint-Hubert

Chers paroissiens, Chers lecteurs,

Nous voici dans ce temps de Noël et au début d’une nouvelle année civile où les gens échangent les vœux avec les mots tels que la Paix, la Joie, le bonheur, la bonne santé…

Comme chaque année, nous nous réjouissons avec tous ceux et celles pour qui la vie a été bonne et belle tout au long de l’année qui vient de s’achever, cela par des réussites, des succès et satisfactions trouvés et vécus dans leurs diverses occupations et responsabilités ;  mais nous ne pouvons pas oublier tous ceux et celles pour qui l’année écoulée a été une sorte d’enfer à cause des épreuves de toutes sortes auxquelles ils ont été confrontés : la maladie, la perte d’un être cher, le licenciement abusif et le chômage, le divorce ou la séparation…, nous leur souhaitons aussi ainsi qu’à chacune et chacun de vous, de trouver la paix, la joie et la sérénité dans cette nouvelle année qui s’ouvre devant nous. 

Mais certains se demandent comment parler paix, joie de Noël et du nouvel an alors que ce qui se passe autour de nous et même en nous nous révèle le contraire : comment se sentir en paix et éprouver de la joie quand on souffre, quand on est écrasé par les soucis, les épreuves ? La paix, la joie, sont-elles possibles pour les peuples où sévit la famine ? Pour les populations d’Ukraine sous les bombardements des Russes et donc écrasées par la guerre ? La paix et la joie sont-elles possibles pour les victimes du chômage et pour tous ceux qui craignent de perdre leur emploi ?

La guerre, la violence, l’oppression, l’esclavage, la souffrance, le manque de repères…. Bref, avec plein de choses qui endeuillent tous les jours notre planète, avec les crises qui se succèdent :  la crise sanitaire provoquée par la Pandémie du Covid-19, la crise économique qui en découle et accentuée maintenant par cette guerre stupide en Ukraine, la crise énergétique et écologique… (toutes ces crises qui condamnent beaucoup de nos contemporains à une vie misérable), comment pouvons-nous être dans la joie, comment pouvons-nous être en paix et surtout être des bâtisseurs de paix ? Comment aussi accueillir et faire nôtre le message de l’ange aux bergers de Bethléem, un message adressé à tous les amis de Dieu de tous les temps ? : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur ! » (Lc 2, 10) et cette troupe céleste qui loue Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ! » (Lc 2, 14).

Difficile de le comprendre et de l’accepter, surtout pour tous les assoiffés de paix et de joie ; mais ce qui est surprenant, c’est qu’on trouve des gens qui, malgré leurs difficultés ou les conditions de vie difficiles et invivables, sont habités par la paix et la joie intérieures ! Comment parviennent-ils à redresser la tête et à faire face à la vie avec joie ? A mon sens, c’est parce qu’ils ont compris que la joie chrétienne est d’un autre ordre. Elle est plus qu’une émotion passagère et pour eux, la joie profonde, la paix intérieure et les épreuves peuvent cohabiter. Autrement dit, la joie chrétienne vient d’une source beaucoup plus profonde.  Elle est don précieux de l’Esprit-Saint qui peut habiter l’homme indépendamment des circonstances extérieures.

Cela revient à dire que la joie profonde et la sérénité ne signifient pas absence magique de difficultés, et bien sûr tout dépend de la manière dont on s’y prend. En tout cas, quoi qu’il puisse nous arriver Saint Paul donne un bon conseil : « Ne soyez inquiets de rien, mais en toute circonstance, dans l’action de grâce, priez et suppliez… »

Il ne s’agit pas de résignation. Tout comme il y en a qui peuvent dire que c’est un peu facile : se réfugier dans la prière au lieu de faire preuve de pragmatisme dans la recherche des solutions ! On peut dire tout ce qu’on veut, mais je voudrais rappeler que lorsque nous prions, à la différence de ceux qui ne comptent que sur leurs propres forces, nous affirmons que le Seigneur peut nous combler parce qu’il veut notre bonheur. Nous proclamons notre confiance en lui au point de lui rendre grâce avant même de lui présenter nos demandes. D’ailleurs, Dieu connaît nos besoins avant même notre prière. Mais par la prière, nous lui ouvrons la porte pour être en mesure d’accueillir ses dons, ou plutôt le don par excellence, le don de L’Esprit-Saint. C’est lui qui peut garder notre cœur et notre intelligence toujours enracinés dans le Christ Jésus pour que nous puissions agir à sa manière.

C’est pour cela qu’il est important de rappeler sans cesse que, ce que nous célébrons pendant ces fêtes de Noël, ce n’est pas seulement l’événement de la naissance de cet enfant, Jésus de Nazareth, il y a un peu plus de 2000 ans.  Nous célébrons la présence de Dieu au sein de toute la réalité humaine.  Nous célébrons le fait que nous sommes toutes et tous enfants de Dieu qui ne nous abandonne jamais. Une fois que nous aurons compris cela, nous vivrons en paix. Nous aurons la vraie joie qui ne vient pas nécessairement du fait de posséder plus de biens financiers et matériels, mais de la communion qui s’incarne dans la solidarité humaine, le partage et le respect de chaque personne perçue comme enfant de Dieu. 

Confions à celle qui a su être Mère de Dieu, tout ce qui est lourd dans notre vie, tout ce que nous ne comprenons pas ; tout ce qui se passe dans l’Eglise et dans le monde qui peut nous déstabiliser ou nous inquiéter. Que Notre-Dame veille sur nous, elle qui est notre Mère.

Oscar MUREKEZI, votre curé