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En vacances, j’ai rencontré le père Louis. C’est un homme adorable et sa rencontre fut un beau moment. Nous avons échangé pendant une bonne heure et demie sur nos expériences d’Église. Il est prêtre du diocèse de Narbonne-Carcassonne, ce qui correspond au département de l’Aude. Voici quelques éléments pour comparer avec notre diocèse : dans l’Aude, il y a environ 370.000 habitants pour 6000 Km2, alors que dans notre diocèse, il y a environ 1.100.000 habitants pour 3800Km2. C’est donc un territoire qui est presque le double de notre province pour une population qui en est le tiers.

La vie chrétienne dans leur diocèse n’est pas plus simple que dans le nôtre et c’est ainsi que le brave père Louis, du haut de ses 73 ans, est toujours curé. De 45 paroisses. Ce nombre m’a laissé sans voix. Comment peut-il y avoir une vie de foi et de prière dans 45 communauté chrétiennes ? Sa réponse fut simple : il n’y en a pas partout. C’est-à-dire que pour 45 paroisses, il y a environ 7500 habitants. Ce sont beaucoup de petits villages d’une ou plusieurs centaines d’habitants et quelques villages un peu plus grands. La déchristianisation a atteint un niveau qui est plus ou moins le même que chez nous, simplement, la démographie rend cela encore plus marquant.

Malgré tout cela, nous n’avions aucun sentiment de désespoir. Voici quelques raisons qui nous donnent une espérance bien vivante. En tout premier lieu, s’il est vrai que la pratique a fortement diminué sur un demi-siècle, cela ne signifie pas du tout que la vie chrétienne a disparu. Il y a encore des communautés vivantes et priantes. Certaines sont en difficultés, tandis que d’autres sont vigoureuses. Nous sommes induits en erreur par nos bâtiments. Si, au lieu de posséder les églises, nous les louions, notre situation serait bien différente, car nous aurions plus de flexibilité pour nous adapter aux changements que nous traversons.

Ensuite, nous avons chacun eu des cours d’histoire de l’Église. Au long de ses 20 siècles d’existence, il y a eu de très nombreuses manières de vivre la foi, d’organiser la vie chrétienne communautaire, etc. Nous sommes dans une période de changement et nul ne peut prédire où nous allons arriver, si ce n’est que ce sera différent de ce qu’il y avait il y a 50 ou 100 ans. Mais peut-être sera-ce plus proche de ce que l’Église fut il y a 5 ou 10 siècles, nul ne le sait !

À une échelle plus large, nous voyons aussi dans la figure de notre pape actuel, François, un renouveau qui touche toutes les sphères de l’Église, puisque, pour rappel, le pape est élu par les cardinaux. Cela signifie que plus des 2/3 des personnes ayant des hautes responsabilités dans l’Église catholique l’ont choisi pour tenir la boutique. Le pape François n’est pas un cas isolé, mais un fruit de notre Église toute entière qui cherche à se renouveler.

Enfin, nous n’oublions pas l’essentiel : celui qui donne vie à l’Église, c’est l’Esprit-Saint. C’est lui qui vivifie le peuple de Dieu, c’est lui qui donne joie et conversion, paix et dialogue, joie et attention à son prochain. Si nous le perdons de vue, nous perdons l’Église pour la transformer en association sans but liturgique. C’est l’Esprit-Saint qui a donné aux disciples d’annoncer la Bonne Nouvelle. Nous sommes porteurs de cette même Bonne Nouvelle. Si nous l’oublions, nous nous perdons. Ayons foi en lui, ayons confiance en lui, il ne nous a pas oubliés et ne cesse de nous guider dans ces temps de transition.

Que ton amour, Seigneur, soit sur nous comme notre espoir est en toi ! Psaume 32,22

Thomas Sabbadini

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